Une seconde avant Noël (Romain Sardou)

De Romain Sardou, je n’avais lu que « Pardonnez nos offenses », déjà piégée par la magnifique couverture tirée de l’oeuvre de Bosch. Ce polar médiéval ne m’avait pas tellement convaincue, bien qu’il comporte de bonnes idées et sente le documenté passionné.
Mes parents avaient expérimenté et déconseillé « L’éclat de dieu ».

Malgré tout, ses deux bouquins avec « Noël » dans le titre ne manquaient pas de m’attirer, d’autant plus que là aussi les couvertures sont très belles, jugez plutôt sur le premier:


    

Je vous épargne le résumé éditeur, qui littéralement résume tout et enlève tout intérêt à la lecture du bouquin.

Non, il y a plutôt deux éléments à prendre en compte pour savoir de quoi est fait ce livre: l’auteur l’a voulu un hommage à Dickens, en y ajoutant tout un panthéon fantastique.

Voilà.

On suit le plan de Balbek, un gnome mis au ban des exilés, à qui est offert une occasion de se racheter s’il arrive à insuffler un nouveau départ à l’esprit de Noël, Saint Nicolas étant de moins en moins efficace.

On le suit fonder ses espoirs en Harold, un bon petit gars des rues de Cokecuttle, parfait stéréotype de la grande cité industrielle victorienne, avec toute sa suie et sa misère. Harold est lui aussi le parfait stéréotype de l’innocent orphelin contre lequel le destin et la société s’acharnent à outrance.

Le parallèle avec Dickens est plus qu’évident: même si je n’ai pas encore lu le David Copperfield d’origine, ce que j’en sais de culture générale me suffit à l’affirmer avec certitude.

Comme Dickens aussi – enfin je crois -, l’auteur intègre directement le lecteur au livre en s’adressant complaisament à lui et en jouant gentiment avec lui, surtout en têtes de chapitres.

Par contre, plusieurs fois et par bien des aspects je me suis dit que ce serait plutôt un livre pour adolescents que pour adultes, parce que c’est très beau d’exalter ainsi le Noël des enfants avant tout et de chercher à s’adresser à l’âme d’enfant enfouie chez le lecteur adulte, mais à la longue c’est un brin lourdingue.

Il y a beaucoup de longueurs, chacune des trois parties met beaucoup de temps à démarrer. Si ça passe chez dickens parce qu’on reste accroché malgré tout et réellement divertis par les digressions descriptives et autres, ici c’est plus laborieux.

Mais malgré tout j’ai bien aimé… L’ambiance délicieusement Dickensienne, victorienne, et de Noël ; la façon dont tous les détails de la tradition moderne de Noël trouvent une justification et construisent une intrigue originale et folklorique ; les personnages attachants bien que stéréotypées ; l’émotion qui submerge à deux ou trois reprises…

En bref, un avis mitigé mais plutôt indulgent

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