Sur le dos

La situation évolue à mon boulot: on se dirige vers le bénévolat pour que je ne sois plus seule à tout gérer. J’aurais préféré me libérer d’une certaine tache excédentaire et en rester là, mais mon manque de dynamisme se ressent sur la fréquentation et le fonctionnement de la bibliothèque.
Alors c’est vrai que des bénévoles pour m’aider ne seront pas de trop, particulièrement lors de certaines périodes un peu critiques comme les préparations de bibliobus, mais je n’ai jamais vraiment travaillé en équipe, et jusque là j’aime bien ma relative tranquillité, si on peut dire. Ca me stresse d’avoir des collègues ou équivalent… Surtout que si j’ose me regarder en face, je crois que je n’ai pas tellement besoin d’aides, mais plutôt d’organisation et de discipline à défaut de motivation. Si vraiment je faisais mon travail sans repousser autant que possible ce qui m’importune, sans voler quelques instants de rêverie, d’égarements au détour d’une recherche sur internet, ou de bouquinage de portée-de-main, si vraiment je me concentrais uniquement et totalement à mon travail, le tout devrait pouvoir se faire. Après tout, celle qui m’a laissé sa place y arrivait bien. Mais elle était beaucoup plus dynamique que moi, beaucoup plus enthousiaste envers les enfants et les animations, et réellement active (et réactive). Moi, c’est trop contraire à ma nature d’asociale timide et réservée.
Rien que le contact quasi quotidien avec le public me demande des efforts personnels. C’est aussi ce qui m’a un peu renfermé depuis que je travaille. J’ai gagné un peu d’assurance avec ce début de carrière, cette situation respectable bien comme il faut, mais j’en ai perdu beaucoup plus à être confrontée aussi directement avec… ben, la réalité, la société. J’ai beau rester discrète et m’aggriper à ma bulle, j’ai plutôt l’impression d’être coincée sur le dos environ 7 heures par jour, et de ne me retrouver sur mes pattes, bien dans ma carapace, que le temps des soirées et des week-ends, ce qui me paraît bien insuffisant… Je retrouve vraiment mon vieux mal-être, pas aussi puissant qu’autrefois mais bel et bien réveillé, à l’affût dans un coin, guettant la moindre faiblesse pour ré-attaquer épisodiquement.

Et pourtant, je ne vais plus avoir le choix, je ne vais plus pouvoir faire à moitié semblant, il va vraiment falloir que je bosse à fond et que je m’implique dans la vie sociale… Ca me stresse, beaucoup plus que prévu.

 

« – Les tortues sont cyniques. Elles s’attendent toujours au pire.
– Pourquoi?
– Aucune idée. Parce que c’est souvent ce qui leur arrive, j’imagine. »
(Om & Frangin dans Les Petits Dieux, XIII° livre des Annales du Disque-Monde)

(…et ça + le changement d’air du week-end, ça m’a complètement coupé mes élans d’écriture, alors que j’étais plutôt bien partie dans mon Bibliotheca Multiversalis. Ca me parait tellement loin maintenant, alors que j’étais tellement dedans encore en fin de semaine dernière… Pareil pour mes lectures, je culpabilise de ne lire tout le temps que de la Fantasy ou presque, faut avouer qu’en fait, j’assume pas dans la vraie vie…)

…m’enfin faut que j’arrête de flipper comme ça. Mais c’est plus fort que moi, ça me stresse à mort.

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