Peter Pan (James Barrie)

J’avais ce livre voyageur de BambiSlaughter depuis juin dans ma PAL, après sa première étape chez Acr0.

Je ne pouvais décemment pas le laisser traîner plus longtemps ^^


Peter Pan Peter Pan est bien étrange. Il est vêtu de feuilles, ne connaît pas son âge et ignore ce qu’est un baiser. Wendy est intriguée par ce garçon et la lumière tintinnabulante qui l’accompagne partout – la fée Clochette. D’où viennent-ils ?

« Je me suis enfui le jour de ma naissance, répond Peter Pan. Je ne veux pas devenir un adulte, alors depuis, je vis au pays des fées. »

Wendy et ses deux frères, John et Michael, n’hésiteront pas bien longtemps à suivre Peter Pan et Clochette sur l’île merveilleuse, au pays de l’Imaginaire…


Tout le monde connaît Peter Pan, le garçon qui ne voulait pas grandir.

Tout le monde connaît Neverland, le capitaine Crochet et la bande des enfants perdus.

Moi-même, ça a dû être un de mes premiers Disney, et j’en ai encore quelques images très nettes en souvenir: Wendy la grande soeur qui joue à la maman, Clochette la petite fée toute mignonne, Peter qui se débat avec son ombre à travers toute la chambre.

Plus tard, j’ai aussi lu l’adaptation BD en 7 volumes de Loisel, qui est un pur bijou, autant dans le style graphique que dans l’histoire, une version plus trash, plus réaliste aussi, plus adulte en quelque sorte.

Ca m’a donné l’impression de compléter complètement ce mythe de Peter Pan.

Et d’une certaine manière, ça a dû me préparer à cette version originale, qui est bien évidemment plus sombre que ce que Disney en a fait, mais je m’attendais à bien pire, un peu comme pour les contes dont on se rend compte parfois qu’à la source, quand l’histoire était vraiment faite pour faire peur, ben c’était autrement plus gore.

Eh bien non, j’y ai certes trouvé une certaine amertume, mais aussi énormément de poésie et d’humour, beaucoup plus que ce que j’imaginais!

Comme la nounou qui est une chienne, Nana, et qui se comporte en parfaite bonne d’enfant bien moins onéreuse pour ce ménage modeste, bien que monsieur ait se sente quand même un peu la zone d’avoir un chien pour nounou. Enfin ça, je me demande si ce n’était pas dans le Disney aussi?

Ou bien le baiser posé sur la bouche « si joliment moqueuse » de Mme Darling, la mère de Wendy et ses frères, là, « bien ostensiblement, au coin des lèvres, à droite ».

Le début nous offre d’ailleurs une vision très touchante et poétique du profond amour maternel qui veille sur ses petits:

« Mme Darling eut vent de Peter pour la première fois alors qu’elle était occupée à mettre de l’ordre dans l’esprit de ses enfants. C’est une habitude nocturne de toute bonne mère, de fouiller dans l’esprit de ses enfants dès qu’ils sont endormis et de remettre toute chose d’amplomb pour le lendemain, rangeant à leur place les nombreux objets égarés dans la journée. (…) Quand, le matin, vous rouvrez les yeux, votre méchanceté et les passions mauvaises qui vous accompagnèrent au lit, vous les retrouvez pliées en une pile serrée, et repoussées tout au fond de votre conscience. Par-dessus sont rangées vos plus jolies pensées, attendant que vous les enfiliez. »

Ca me fait un peu penser à Lewis Caroll, cette façon de débiter des faits aussi extraordinaires comme si c’était la chose la plus normale et banale possible.

Et c’est le cas de tout le début du livre, en fait, où je me suis vraiment particulièrement régalée!

Par exemple la réflexion sur la carte géographique de l’esprit, et qui plus est de l’esprit de chaque enfant…

« Evidemment, le pays de l’Imaginaire diffère beaucoup d’une personne à l’autre. Celui de John, par exemple, possède une lagune où vont volant des flamands roses que John tire à la carabine. Alors que Michael, qui est encore petit, a un flamand rose que survolent des lagunes. John vit dans un bateau échoué dans les sables la quille en l’air, Michael dans un wigwam, et Wendy dans une hutte de feuilles habilement cousues ensemble.
(…)
C’est toujours sur ces rivages magiques que les enfants viennent échouer leurs canots. Nous aussi, nous y sommes allés, et bien que nous n’y aborderons jamais plus, nous avons encore dans l’oreille le chant des vagues. »

Puis on retrouve les grandes personnes éplorées d’avoir été impuissantes au départ de leurs enfants partis à la suite de Peter Pan, et on les délaisse pour voler jusqu’à l’aube nous aussi et explorer l’île de l’Imaginaire.

On y vit toutes sortes d’aventures, emplies de toutes sortes de personnages et de ruses enfantines et jubilatoires, le tic-tac du crocodile n’en étant pas des moindres…

Puis les enfants rentrent chez eux en abandonnant Peter qui refuse toujours de grandir. Il retourne à sa vie de jeux et d’aventures au pays de l’Imaginaire, pendant que Wendy devient adulte et se résigne à ne plus le revoir mais pense toujours à lui.
Jusqu’à ce qu’une nouvelle boucle se noue dans l’éternelle chaîne des enfants ravis par Peter Pan, l’éternel gamin espiègle.

Au final, je dirais que bon, ça casse pas des briques, c’est pas un chef d’oeuvre indispensable à avoir lu, mais ça se lit facilement et agréablement

       


« Sais-tu d’où viennent les fées ? Lorsque le premier de tous les bébés se mit à rire pour la première fois, son rire se brisa en milliers de morceaux, et chaque morceau devint une fée. »

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