Neuromancien (William Gibson)

A l’occasion de sa venue initialement prévue aux Utos 2013, j’ai voulu en profiter pour m’intéresser à William Gibson, le père du cyberpunk.

Eh ben, j’ai envie de dire… non.

neuromancien-gibson

Jusqu’à aujourd’hui, Case était le meilleur hacker à croiser sur les autoroutes de l’information. Le cerveau directement relié à la matrice, il savait comme personne se frayer un chemin parmi les labyrinthes du cyberspace et pirater des données confidentielles pour le compte de ses clients richissimes.
Mais il a commis l’erreur de vouloir doubler un de ses employeurs qui, en guise de représailles, l’a amputé de son système nerveux, le privant ainsi de son accès à la matrice. De retour dans la prison de chair de son corps, Case tente de s’échapper à nouveau par le biais des drogues, jusqu’à ce qu’une obscure conspiration lui offre une seconde chance… mais à quel prix?

Eh ben pfouh, je l’ai trouvé très indigeste.
Le concept est central mais plutôt abstrait, l’intrigue traîne en longueur et les personnages n’ont rien d’attachant (malgré la maigre tentative d’ancre affective avec Linda Lee) ; c’est plat, confus, répétitif, et finalement assez creux…

Et je ne sais pas si la traduction y est pour grand chose, notamment pour le parler vulgaire et l’argot (mais elle a peut-être été révisée depuis, c’est la première édition française que j’ai emprunté), mais j’ai plutôt l’impression que c’est le style qui péche dès la base…

Je l’ai quand même fini, parce que je suis persévérante et que dans le dernier quart j’ai cru que ça démarrait enfin pour de bon, mais c’est vite retombé.

Alors j’ai peut-être raté quelque chose, et je crois que je peux concevoir la révolution science-fictionnelle que ça a été pour l’époque, mais je m’attendais à mieux et je suis un peu déçue.

Je retenterai peut-être avec un titre plus récent, et j’attend avec curiosité de lire sa nouvelle dans l’antho des utopiales, mais pour le classique j’en resterai là

* * *

« La Villa Lumierrante ne connaît aucun ciel, préenregistré ou autre.
Au noyau de silicone de la Villa se trouve une pièce exigüe, unique salle rectiligne de tout le complexe. C’est ici, sur un banal piédestal de verr, que repose un buste décoré, en émail cloisonné de platine, incrusté de perles et de lapis-lazuli. Les billes éclatantes de ses yeux ont été taillées dans le rubis sythétique des hublots du vaisseau qui a fait monter le premier Tessier en haut du puits avant de redescendre chercher le premier Ashpool…
La tête se tut.
– Eh bien? demanda Case, s’attendant presque à voir l’objet lui répondre.
– C’est tout ce qu’elle a écrit, dit le Finnois. Elle ne l’a jamais achevé. Ce n’était qu’une gosse, à l’époque. Cet objet est un terminal de cérémonie, en quelque sorte. Mais j’ai besoin que Molly se trouve ici, avec le mot juste, au bon moment. C’est la question-piège. Tu peux t’enfoncer tant que tu veux avec ton Trait-plat et ce virus chinois, cette chose n’en a rien à secouer tant qu’elle n’aura pas entendu le mot magique…
(…)
– Que se passe-t-il, alors?

– Je n’existe plus, après ça. Je cesse.
– Personnellement je n’y vois pas d’inconvénient, dit Case.
– Bien sûr. Mais fais gaffe à tes miches, Case. Mon…, euh, mon autre lobe est sur nous, apparemment. Un buisson ardent peut en cacher un autre. Et Armitage s’est mis en branle.

– Ce qui veut dire?
Mais la porte cloisonnée se repliait déjà selon une douzaine d’angles impossibles, culbutant dans le cyberspace comme une grue en origami. »

* * *

EDIT 13/01/14: J’avais complètement oublié, mais en fait cette lecture constitue ma deuxième participation au Challenge des Chefs-d’Oeuvre de la SFFF chez Snow ! schesh

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