[film] L’Illusionniste (Sylvain Chomet)

Avec les tarifs réduits du week-end dernier, j’ai aussi eu l’occasion inespérée d’enfin voir un film que j’avais à mon grand dam raté à sa sortie, puisqu’il n’est resté à l’affiche que très peu de temps dans mes parages…

J’avais beaucoup, beaucoup aimé les Triplettes de Belleville, et j’avais été ravie d’apprendre que Sylvain Chomet préparait un nouveau film dans le même genre, cette fois carrément inspiré de Jacques Tati.

À la fin des années 50, une révolution agite l’univers du music-hall : le succès phénoménal du rock, dont les jeunes vedettes attirent les foules, tandis que les numéros traditionnels – acrobates, jongleurs, ventriloques – sont jugés démodés. Notre héros, l’illusionniste, ne peut que constater qu’il appartient désormais à une catégorie d’artistes en voie de disparition. Les propositions de contrats se faisant de plus en plus rares, il est contraint de quitter les grandes salles parisiennes et part avec ses colombes et son lapin tenter sa chance à Londres. Mais la situation est la même au Royaume-Uni : il se résigne alors à se produire dans des petits théâtres, des garden-parties, des cafés, puis dans le pub d’un village de la côte ouest de l’Écosse, où il rencontre Alice, une jeune fille innocente qui va changer sa vie à jamais.


Plus précisément, c’est un projet que Tati n’avait pu mener à bien. Un projet plutôt différent de ses autres films – dont j’avoue certes n’avoir vu que Jour de fête (à l’école, il me semble) et peut-être quelques passages des Monsieur Hulot – et qui semble avoir quelques tendances autobiographiques, comme on le ressent déjà dans le film et comme l’explique Sylvain Chomet dans ce p’tit bout d’interview:



Tout comme dans les Triplettes, tout est dans l’ambiance, et ce dessin magnifique…

Presque muet d’un bout à l’autre, la musique et les situations suffisent à tout faire passer. Ca crée aussi une atmosphère très forte, ça renforce les émotions…

Et puis ce côté délicieusement rétro, aux tons légèrement sépia, on en redemande!

(roh oui, et le gros lapin au sale caractère, ça m’a trop rappelé plein de souvenirs de ma lapinette!)

Ah oui, et le groupe de rock bien teenage-glamour
Qui sonnait pas mal, d’ailleurs, raison de plus pour me jeter sur la BO dès qu’elle sera sortie

Ajoutez à ça la beauté toujours stupéfiante de l’Ecosse, ses paysages lumineux et contrastés…

…sur fond de cornemuses: tout ce que j’adore


On retrouve aussi toute la loufoquerie et l’ordinaire de personnages extraordinaires, à travers cet illusionniste en quête d’un nouveau souffle et finalement rattrapé par la grisaille de la vie… D’ailleurs la fin est très, très triste.

Elle révolte et frustre, on se dit « mais pourquoi il lâche tout comme ça, c’est pas possible! », et puis finalement on se met à sa place, on comprend… Mais c’est tellement triste. Tellement bête. Et tellement vrai aussi, malheureusement.

Et on termine sur une grosse touche de mélancolie… ça lui va bien, à ce film, d’ailleurs.

J’ai ri, je me suis exaltée, je me suis désolée, j’y ai été de ma larmichette, je me suis régalée les mirettes et les esgourdes et le coeur.

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