Le soldat chamane (Robin Hobb)

J’aime beaucoup Robin Hobb depuis que j’ai lu ses cycles de l’Assassin Royal, du moins les Aventuriers de la Mer et le dernier cycle de l’AR, pour lesquels je n’ai hélàs jamais fait de chroniques.


Ce qui s’arrangera peut-être si j’arrive à trouver le temps de faire une relecture à l’occasion du so exciting Swap Realm of the Elderlings organisé par Ambrena (m’enfin ne rêvons pas trop, ahem).

Bref, toujours est-il qu’après une brève incursion dans son cycle de Ki et Vandien (lâché, à reprendre plus tard) et un de ses one-shot, Le dernier magicien, je me suis attaquée à sa série du Soldat Chamane, qui m’attirait déjà beaucoup dès le départ et que je viens d’achever avec beaucoup, beaucoup de plaisir.

En cherchant à préparer cet article, je me suis rendue compte que la 4° du couv. du premier tome français spoile énormément, donc je ne vous conseille pas de la lire si c’est le genre de truc qui vous gâche la lecture…

Pour vous donner une idée, nous sommes dans un monde où à l’est se trouve une société aux règles très strictes, qui peut faire penser aux colons d’Amérique, et à l’ouest se trouve la forêt et son peuple exotique d’Ocellions, des humains « sauvages ».

Evidemment, on pense beaucoup aux Indiens d’Amérique, surtout dans les interactions et relations entre les deux peuples…

Il y a aussi de la magie, des destins, du suspense, de l’émotion, et des personnages torturés à la mode de Robin Hobb.

En VO ça fait 3 tomes, en VF il y en a 8… (cherchez l’erreur)


     


Dans les deux premiers tomes VF, on suit l’enfance et l’adolescence de Jamère Burvelle, fils de famille à qui échoie le rôle de devenir soldat du roi.


Mais quand son père l’envoie s’endurcir avec le nomade Dewara, il ne se doute pas que Jamère en reviendra changé à jamais, et de bien des manières. C’est en quelque sorte son premier contact avec la magie des sauvages, qui a apposé sa marque sur lui jusqu’au plus profond de son être, semant les germes d’une sorte de dédoublement de la personnalité…

   


  

 Cette première partie est un peu longuette, comme tous les débuts de Mrs Hobb: la mise en place prend du temps, mais après ça vaut le coup!

          



Avec cette deuxième partie, l’intrigue se développe et prend ses aises!
Sous les effets de la magie dont il est imprégné malgré lui, Jamère devient obèse, ce qui est signe d’Opulence et de grand pouvoir chez les Ocellions, mais qui n’est que la plus basse des souillures dans la bonne société gernienne…

Ce qui offre une mise en perspective des plus intéressantes, c’est vraiment très révélateur de notre propre société et son diktat de l’aspect physique et du jugement porté dessus!

Tout y est: les humiliations, l’incompréhension, la révolte, la résignation, la culpabilité injustifiée, l’auto-persuasion, le mal-être…

C’est vraiment étonnant de trouver un thème pareil dans une saga de fantasy, et c’est d’autant plus judicieux et génial!

Perso, c’est un des aspects qui a achevé de me ferrer, avec tout le suspense de l’intrigue qui se lance à l’action.


     

Et dans cette dernière partie, tout s’accélère et on atteint vraiment le fond de l’intrigue, le fond de tout.


On a par exemple une très grande immersion dans la Forêt, à travers le Peuple, c’est-à-dire les Ocellions. Leur culture et leur magie sont fascinantes. Les arbres-ancêtres et les Opulents sont vraiment deux éléments très intéressants et très marquants.


Le tout dernier tome est particulièrement riche en rebondissements bluffants et en dénouements auxquels on aurait eu du mal à croire quelques tomes plus tôt…

Donc, tout comme les cycles de l’Assassin Royal (Jamère est d’ailleurs incontestablement un double de Fitz), c’est long à démarrer mais ça vaut le coup!


La psychologie des personnages, la richesse de l’univers imaginéet de la complexité des intrigues entremêlées sont les vrais talents de Hobb et elle nous le prouve encore!

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