Le chat du rabbin (film)

J’aimais déjà beaucoup la BD du Chat du rabbin de Joann Sfar, alors vu la qualité et le sérieux du bonhomme, quitte à ce que ça prenne des années, je ne me faisais aucun souci pour cette adaptation sur grand écran, que j’attendais avec grand intérêt.

Alger, années 1920. Le rabbin Sfar vit avec sa fille Zlabya, un perroquet bruyant et un chat espiègle qui dévore le perroquet et se met à parler pour ne dire que des mensonges. Le rabbin veut l’éloigner. Mais le chat, fou amoureux de sa petite maîtresse, est prêt à tout pour rester auprès d’elle… même à faire sa bar mitsva ! Le rabbin devra enseigner à son chat les rudiments de loi mosaïque !
Une lettre apprend au rabbin que pour garder son poste, il doit se soumettre à une dictée en français. Pour l’aider, son chat commet le sacrilège d’invoquer l’Eternel. Le rabbin réussit mais le chat ne parle plus. On le traite de nouveau comme un animal ordinaire. Son seul ami sera bientôt un peintre russe en quête d’une Jérusalem imaginaire où vivraient des Juifs noirs. Il parvient à convaincre le rabbin, un ancien soldat du Tsar, un chanteur et le chat de faire avec lui la route coloniale…

      
Affiches non retenues que Joann Sfar a présenté sur son blog: , , , , et


Et c’est effectivement très réussi!

On retrouve très bien la BD, c’est très fidèle, et c’est donc tout aussi beau, plein d’ironie et de belles leçons d’humanité…  On s’imprégne jusqu’à la satiété de ce profond amour pour les hommes assez bons et sages pour préférer la paix aux querelles de religions – ou autres – et les petits arrangements en toute bonne conscience plutôt qu’une rigidité inepte. Pour l’amour tout court aussi, et les revers de la nature humaine, et tout plein d’autres trucs.
Je suis vraiment ressortie avec le coeur gonflé d’amour, ce film est un vrai bonheur!

De plus près, la bande originale est absolument magnifique, un beau mélange de guitare andalouse, de klezmer et d’oriental, avec un joli point d’orgue chanté par Enrico Macias pour clôturer le film (et non, ça fait même pas ringard) – aucun doute que cette BO va rapidement se retrouver chez moi

(J’ai évidemment fait l’impasse sur la 3D et privilégié le traditionnel 2D.)

Les graphismes portent clairement la patte si particulière de Sfar…

… à part quelques silhouettes plus simplistes, sûrement pour la fluidité du support de dessin animé, mais qui parfois donne un petit côté Disney pas tiptop :/

Quand ce n’est pas carrément des bizarreries sur toute une séquence de la fin où les yeux deviennent globuleux et les visages prennent un souffle de Picasso, ce qui pourrait être tout à fait sfaresque mais qui là détonne franchement…

Mais on passe très vite par-dessus ces petits détails tellement ce film nous fait déborder le coeur et résonne encore en nous quand on quitte la salle avec un air rêveur et heureux



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