La tête en friche (Jean Becker)

La bande-annonce était alléchante, alors ce week-end on a été voir ce film:

Germain, 45 ans, quasi analphabète, vit sa petite vie tranquille entre ses potes de bistrot, sa copine Annette, le parc où il va compter les pigeons et le jardin potager qu’il a planté derrière sa caravane, elle-même installée au fond du jardin de sa mère, avec laquelle les rapports sont très conflictuels.
Il n’a pas connu son père, sa mère s’est retrouvée enceinte de lui sans l’avoir voulu, et le lui a bien fait sentir depuis qu’il est petit, à l’école primaire son instituteur l’a vite pris en grippe, il n’a jamais été cultivé, il est resté « en friche ».

Un jour, au parc, il fait la connaissance de « Margueritte avec deux t », une très vieille dame, ancienne chercheuse en agronomie, qui a voyagé dans le monde entier et qui a passé sa vie à lire.
Elle vit seule, à présent, en maison de retraite. Et elle aussi, elle compte les pigeons.

Entre Germain et Margueritte va naître une vraie tendresse, une histoire d’amour « petit-filial », et un véritable échange…

J’avais même appris que c’était inspiré d’un livre, que j’aurais presque envie de lire:


Germain Chazes, 45 ans, 110 kilos de muscles, tête en friche et narrateur de ce roman, se méfie des mots et de ceux qui parlent « tout en guirlande et poils de cul ».
Il vit dans une caravane au fond du jardin  de sa mère et passe son temps entre le bistrot et le jardin public. Lui-même reconnaît qu’il est assez intelligent pour voir à quel point il est bête.

Sur un banc du jardin public, il rencontre Marguerite, une toute petite vieille dame de 86 ans.

Elle s’échappe souvent de sa maison de retraite pour observer les pigeons. Cette vieille dame réservée et cultivée l’émeut et le fait rire, ne fait pas la fière et l’appelle « Monsieur ».
Il suffit de quelques jours pour qu’ils deviennent « complices », un mot qui n’appartenait pas jusqu’alors au vocabulaire de Germain.
Auprès de Marguerite, Germain va découvrir un nouveau monde, celui des mots et des livres. Marguerite aime faire la lecture à voix haute, et voilà Germain, le presque illettré, embarqué au côté d’elle dans « La Peste » de Camus.

De lectures en lectures, c’est le pouvoir des livres qu’il explore, qui ouvrent en lui un monde nouveau. Et sa vie en est bouleversée. Avec Annette, sa copine, maintenant « il ne baise plus », « il fait l’amour ». Et à fréquenter les bibliothèques, même ses conversations de comptoir prennent un tour inattendu et souvent hilarant…




Eh ben franchement, c’est très beau, ouais.

En plus ça m’a particulièrement parlé, avec les animations de la bibliothèque et tout ça, surtout l’une des bénévoles qui aime tant la lecture à voix haute…
Et aussi les livres cités: La Peste de Camus, je l’avais feuilleté pour l’apéro lecture axé sur cet auteur, et Le vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepulveda, c’est un très bon souvenir de mes lectures d’ado qui faisait aussi partie de la sélection d’une des dernières saisons de coups de coeur!


Et puis c’est superbe, ce grand gars qui fait tous ces efforts pour surmonter le blocage dû à un instit’ cruel de l’ancienne école, tout ça pour rendre la pareille à cette petite bonne femme toute frêle qui l’a fait rêver et lui a instillé quelques gouttes de culture, quitte à épater les potes de bistrot.


Bistrot tenu avec brio par Maurane, d’ailleurs, très appréciable.


Voui, c’est vraiment une très belle histoire. Plusieurs belles histoires.


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