Krondor/La Guerre de la Faille, 1: Magicien (R.E. Feist)

J’ai longtemps été attirée par « Le Boucanier du roi », de R.E. Feist, pour sa superbe couverture. Or, c’est un tome situé assez loin dans les nombreux cycles des Chroniques de Krondor ; je m’étais donc dit qu’un jour je m’y mettrais correctement.

L’occasion est arrivée quand Raymond E. Feist a été annoncé comme invité d’honneur à Trolls & Légendes 2013, et même s’il n’y est finalement pas venu parce qu’il était malade au mauvais moment, ben voilà, je m’y suis mise.
(ma lecture remonte donc au mois de mars dernier)

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Pug est un apprenti dans le château du Duc de Crydee dans le royaume de Krondor, sur Midkemia. Son maître est Kulgan le magicien de la cour. Mais si Pug est indéniablement doué pour la magie, aucune des formes que l’on donne à cet art en Krondor ne semble lui convenir. C’est en changeant de monde qu’il trouve sa voie et apprend d’un magicien immortel que son destin est de sauver le monde d’une menace divine millénaire.

Il faut déjà dire que le fait d’avoir lu les deux premiers tomes de la Trilogie de l’Empire co-écrite avec Janny Wurtz (il faudrait que je la chronique et finisse, un jour) m’a sûrement servi: j’avais déjà une bonne connaissance de l’Empire Tsurani et cet autre monde ainsi que ses coutumes m’étaient donc déjà familiers.

Et si ce monde inspiré du Japon médiéval m’avait paru intéressant mais un peu longuet dans la Trilogie de l’Empire, ici il apporte un intérêt et un dépaysement bien plus grands

Mais je préfère de beaucoup Midkemia, du côté med-fantasy très traditionnel avec ses fiefs, ses épées, ses chevaux, ses elfes, ses dragons anciens, ses nains, ses pirates, etc…

Bon, j’ai un peu de mal avec le nom du Duc de Crydee, là, conDoin, mais j’ai beaucoup aimé le suivre, lui et sa cour et sa famille, dans cette guerre de longue haleine pour tenir tête à l’envahisseur. Amos Trask me paraît également un personnage très prometteur…

J’ai bien aimé aussi comment tout se goupille à la fin, un nouvel ordre du monde (*des* mondes) qui prend la succession et marque le jalon d’un cycle, presque une période générationnelle, dans l’histoire de cet univers et de ses personnages principaux.

Malgré tout, je ne peux m’empêcher de trouver le tout très classique, et il me manque un petit je-ne-sais-quoi.

C’est assez contradictoire, puisque j’apprécie le parallèle entre les deux mondes et leurs cultures, leurs visions de la magie, la quête aux accents initiatiques de Pug/Milamber et celle de Tomas… que je ne me suis pas spécialement ennuyée, que j’ai repéré quelques traits d’humour, que l’ambiance générale me plait bien… Mais faut croire que ça ne (me) suffit pas.

Le style (ou la traduction) est peut-être trop simpliste. Peut-être une psychologie des personnages trop convenue.

Je verrai comment ça tourne par la suite… 

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* Le coin des citations *
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« C’est une marque de sagesse de savoir ce que l’on veut et c’est une marque de sagesse encore plus grande de savoir que l’on y est arrivé, approuva Dolgan.
– En efft. Et il est plus sage encore d’être conscient de ce qu’on ne pourra jamais avoir, car l’envie peut rendre fou. »
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« Il y a bien des manières d’aimer quelqu’un. Parfois on a tellement envie d’être amoureux qu’on n’est pas trop regardant sur la personne. D’autre fois, on fait de l’amour quelque chose de si pur et de si noble que nul ne peut correspondre à la vision que l’on en a. Mais pour la plupart, l’amour est une reconnaissance, l’opportunité de dire: « Il y a quelque chose en toi que je chéris. » Cela n’oblige pas les gens à se marier, ou même à avoir des relations physiques.
On aime ses parents, on aime sa ville ou son pays, on aime la vie, on aime les gens. Tout cela a beau être différent, c’est le même terme. »
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« – Vous parlez par énigmes.
Macros eut un sourire triste et amer.
– La vie est une énigme, qui repose entre les mains des dieux. Leur volonté doit être faite et de nombreux mortels verront leur vie changée. »
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« Le temps passé à l’Assemblée lui avait rendu sa véritable identité, comme on le lui avait dit. Cette identité fut pour lui la clé de sa maîtrise si inhabituelle de la magie supérieure. Il était lié à deux mondes réunis par une grande faille. Tant que ces deux mondes resteraient ensemble, il tirerait son pouvoir des deux à la fois, ce qui lui donnait deux fois plus de pouvoir que ce dont disposaient les autres Robes Noires. Il eut ainsi la révélation de son véritable nom, ce nom qu’il ne devait jamais prononcer s’il ne voulait pas qu’un autre puisse le contrôler. Dans l’ancien langage tsurani, inusité depuis le temps de la Fuite, cela voulait dire: ‘celui qui se tient entre les mondes’. « 

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« Pug acquiesca et sortit précipitamment, laissant son maître regarder le tas de livres qui s’étalait devant lui. Avec regret, Kulgan prit le plus proche et le plaça sur une étagère. Au bout d’un moment, il en attrapa un autre et le fourra dans son sac.
– Un seul, ça ne peut pas faire de mal, dit-il à l’adresse du spectre invisible d’un Tully réprobateur en train de secouer la tête.
Il remit les restes des livres sur l’étagère, sauf le dernier volume, qu’il glissa dans son sac.
– Très bien, ajouta-t-il d’un air de défi, va pour deux! »
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