La Bibliothèque de la Schole à Wardenberg, au Pays des Mères

« La Schole était encore fermée mais la Bibliothèque ouvrait dès le surlendemain de la Célébration. La gardienne de service, une vieille Bleue nommée Olcya qui commençait à bien connaître les habitudes de travail de Lisbeï, lui ouvrit la porte sans commentaire à propos de l’heure et retourna à son interminable tricot. (Lisbeï avait trouvé mention dans un fragment de légende d’une femme censée faire et défaire sans cesse le même ouvrage pour retarder on ne savait quoi. Quand elle voyait la vieille Olcya, elle se disait que c’était peut-être sa mort.)

Lisbeï aimait venir très tôt à la Schole ; elle aimait arpenter les corridors et les escaliers déserts, les salles silencieuses, avoir l’impression, pour quelques heures, que la Bibliothèque lui appartenait avec tous ses livres, tous ses documents, toutes ses archives… Elle avait depuis longtemps sa salle de travail favorite, une petite pièce dont l’unique fenêtre donnait sur un minuscule jardinet deux étages en contrebas auquel il n’y avait apparemment aucun accès et qui pourtant était très bien entretenu, comme tous les jardins de Warenberg. »

(Chroniques du Pays des Mères –
Elisabeth vonarburg)

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