Hugo Cabret (film)

Entre deux préparatifs et réjouissances de ces fêtes de fin d’année, je viens vous parler de ce film que j’ai été voir, sur un coup de tête, au début du mois.



Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu’un étrange automate dont il cherche la clé – en forme de cœur – qui pourrait le faire fonctionner. En rencontrant Isabelle, il a peut-être trouvé la clé, mais ce n’est que le début de l’aventure…

Très belle affiche, synopsis alléchant, un grand nom aux commandes (Martin Scorcese), et j’en avais eu de bons échos, d’où mon coup de tête.
Sur le coup j’ai été très déçue, je m’attendais à quelque chose de moins jeunesse, j’ai trouvé ça horriblement surjoué, mal rythmé, fade, plat, excessivement convenu et gnan-gnan.
Après coup je me rend compte que j’en garde quand même un assez bon souvenir – et à la réflexion la 3D que j’ai encore évité aurait peut-être apporté un petit plus, pour une fois.
(et puis j’ai appris que c’était tiré d’un livre que je vais tâcher de bouquiner)

C’est d’abord l’ambiance qui y est pour beaucoup: gare parisienne atmosphère vintage, vue de derrière les innombrables cadrans d’horloge…



J’aime beaucoup le petit monde des habitués de la gare, entre la ravissante marchande de fleurs, la vieille dame chic dont le petit chien-chien repousse toujours les avances timides d’un brave prétendant fidèle, l’orchestre du café, et l’inspecteur de la gare dont l’attelle métallique se grippe régulièrement…

Le petit remonteur d’horloges est à son aise là-dedans, et parvient aisément à survivre de menues rapines.



Mais il y a le marchand de jouets, pas commode du tout, et qui prend le petit voleur sur le fait avec une souris mécanique piquée, des pièces et engrenages dans une poche, et un carnet dans l’autre. Dans le carnet, des plans et croquis d’un automate, ce qui semble faire tout drôle au vieux monsieur qui le confisque et s’en va avec pour le brûler.



Un premier flash-back nous montre le père du gamin, horloger et gardien de musée, qui avait trouvé ce scribe automate abandonné et avait entrepris de le réparer avec son fiston. Tout ce qui reste à ce dernier après un incendie fatal et la nouvelle vie dans le job de l’oncle poivrot.

Le voilà donc désespéré de se voir enlever le précieux carnet, et il suit le vieux marchand jusque chez lui. Là, il voit une jeune fille à la fenêtre, arrive à la faire descendre à sa rencontre et à sympathiser assez pour lui faire promettre de veiller à ce qu’au moins le carnet ne soit pas brûlé.
On y croit.
Bon, la fille est apparemment elle aussi une orpheline recueillie, et il semblerait qu’en grande dévoreuse de livres elle ait l’âme romantique donc aventurière, ce qui me fait me dire que ça doit mieux passer dans le bouquin parce que là, franchement, c’est tellement surjoué et crispé que ça a l’air d’une blague.

M’enfin soit, grâce à elle on découvre une autre boutique de la gare aux allures de paradis , où Hugo n’avait jamais les pieds
(et c’est Allan Lee derrière le comptoir!)

(et il offre des livres parce qu’il aime qu’ils trouvent de bons foyers!)

Et puis Hugo flashe sur une clé en forme de coeur qu’elle porte en pendentif, et il se trouve que c’est justement la clé qui va dans l’automate…

Et le scribe automate de leur dessiner la lune du film de George Méliès, celui-là précisément que le père d’Hugo lui avait raconté comme son premier souvenir de salle obscure.

Hugo y voit un message de son père, un indice pour une quête de la vérité que les deux enfants vont mener vaillament.

Tout ça prend un certain temps, pendant lequel ils apprennent aussi à mieux se connaître et s’apprécier. Entre autres, Hugo les introduit en douce pour qu’Isabelle découvre le cinéma, ou bien il lui expose sa philosophie de la vie selon laquelle les gens sont comme les objets, ils peuvent être réparés et surtout chacun a sa place dans le grand agencement du monde…


Et puis sur les conseils du libraire, ils trouvent une piste à la bilbiothèque, dans un livre qui retrace les débuts de l’histoire du cinéma et ses grands noms (nouvelle parenthèse ici avec la répétition d’une scène réconstituant les premières projections publiques de « l’arrivée d’un train en gare de La Ciotat », le célèbre premier film des frères Lumière), où ils font le rapporchement avec George Méliès, et de là, au « Papa George » d’Isabelle qui est notre marchand de jouets mal luné.

Et comme ils sont gratinés, ils rencontrent l’auteur du bouquin qui est un grand fan de Méliès qui le croit mort depuis des années et se montre donc fort intéressé par cette affaire.

Evidemment tout ça va finir par se recouper, et ça va bien se terminer après encore quelques péripéties.

Au final, il reste quand même beaucoup de faiblesses dans ce film, surtout les passages qui reviennent sur les débuts du cinéma et qui tombent clairement comme si tout le reste n’était qu’un prétexte pour y amener, et l’intrigue en général qui manque cruellement de crédibilité et d’un rythme bien équilibré.

Mais l’idée est bonne, et il y a beaucoup de passages très beaux: simplement, ils semblent être mal reliés dans cette adaptation et la sauce ne prend pas vraiment, alors que quand j’aurai l’occasion de lire le livre, je suis persuadée que j’y retrouverai la magie sans la lourdeur!

– EDIT: après réflexion, je l’inclue à mon Défi Steampunk, voici donc son passage au manomètre (voir mon billet récapitulatif sur le Défi Steampunk) :

– Technologie uchronique = 0/10 > non, tout est historique
– Dirigeables = 0/10 > nope
– Automates = 10/10 > à fond!
– Goggles = 0/10 > nan
– Machines à vapeur = 8/10 > oui, les trains
– Savant fou = 5/10 > disons que le personnage de Méliès correspond
– Ère victorienne = 2/10 > certes non, mais on n’est pas très loin de la Belle Epoque
– Métal riveté (mécanique) = 7/10 > sur l’automate, les trains…
– Engrenages = 9/10 > les horloges!
– Célébrités d’époque = 8/10 > voui

Ce qui nous fait un total de steampunkitude de: 49%

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