Gabriel Yacoub et Gilles Chabenat à la St Patrick de l’ASMA (22/03/14)

A peine rentrée de Bergerac et gravement en manque de Malicorne, c’est en allant chercher les prochaines dates que j’ai remarqué un concert alléchant : pas Malicorne au complet, mais Gabriel Yacoub et Gilles Chabenat au spectacle de l’ASMA, avec des élèves et des profs de cette école de musique de Montluçon.

Avec ma Soph’ dans les parages et dispo, ça n’aurait pu tomber mieux !

On en a aussi profiter pour vadrouiller un peu, à commencer par une visite du MuPop, le musée des musiques populaires de Montluçon.

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Etonnamment placé juste derrière l’église, il présente des collections dynamiques non seulement de musique traditionnelle comme les cornemuses, bombardes, fifres etc, mais aussi tout ce qui est intrinsèquement populaire, comme l’accordéon, les fanfares, et… les grands noms de la pop-rock.
En somme, tout ce que la musique a de plus lié avec notre société, au fil des époques et de leurs modes.

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C’est très interactif, le système d’écouteurs permet de piocher des illustrations sonores à volonté, et les salles thématiques ont une scénographie claire et aérée, facilement immersives (la chambre d’ado des années yéyé est priceless).
Par contre, on ne s’attendait pas à ce qu’il y ait autant de choses à voir, ni qu’on flânerait aussi longtemps sur le moindre détail…

Je crois qu’on nous a définitivement perdues quand on a découvert le mur de vynils, avec tout plein d’extraits à écouter, que des références… Et un Malicorne inclus dans la mosaïque, justement

Du coup, le musée a fermé ses portes bien avant qu’on ait tout vu – mais c’est certain : on y reviendra !

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Alors, on a pris de l’avance et on est allées se rabattre sur la crêperie que Soph tenait à me faire découvrir et qui m’a effectivement tapé dans l’oeil : La Comté, décorée aux couleurs du Seigneur des Anneaux, et offrant une carte fort sympathique (mention spéciale au kir breton à la banane) (et les crêpes étaient bien bonnes).

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* * * * *

Ensuite, retour à Montlu’ pile dans les temps pour le concert de l’Asma featuring Gabriel Yacoub et Gilles Chabenat – qu’on a croisé, tout souriant, en entrant par une mauvaise porte à la MJC

Une fois dans la salle, ça nous a fait un peu bizarre d’être visiblement les deux seules personnes extérieures à être venues gonfler le public, qui s’est rameuté au dernier moment et s’est vidé sitôt le concert fini. Dommage parce que c’était très bien !

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                                                                      © Soph
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© Soph

Pour un concert d’école, on pouvait s’attendre à bien plus de couacs qu’il n’y en a eu, tous étaient très bons, et le répertoire folk/trad-rock absolument parfait, avec des variations, du Stivell (notamment la suite irlandaise), du Tri Yann (dont un énergique final sur La jument de Michao), du breton, du gros son qui envoie… et bien sûr du Malicorne !

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© Soph                                                 © Soph

Ce fameux morceau en haut anglais, « The Lyke-wake Dirge » d’après ma Soph’ (que Gabriel a posé d’un coup, comme ça : rien de mieux pour couper court au flottement du début et lancer le concert pour de bon!), Pierre de Grenoble (interprété à la perfection – on a payé nos larmichettes), Voici la Saint Jean, Le garçon jardinier, Beau charpentier/Quand le cyprès (avec de ces envolées de voix poignantes…), L’écolier assassin, Martin (rah le kif, même sans Gabriel – elle est rare, celle-là!), Landry (graouh itou), Le loup le renard et la belette (ze classique qui fait les dents)

Avec (et parfois sans, d’ailleurs) un Gilles Chabenat égal à lui-même, très pro sur sa vielle et tout sémillant ; et un Gabriel Yacoub dégageant toujours autant de cette beauté simple et généreuse, peut-être même encore plus humain dans ce rôle de parrain attentif des nouvelles vocations… Champion du meublage plus ou moins hasardeux et en impro à durée variable, aussi. Et toujours cette voix d’or, ce don si complet et ce bonheur du partage si communicatif… Immense et beau, voilà.
(il nous a juste un peu fait peur en ratant sa chaise sur la fin, mais heureusement rien de grave)

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© Soph                                 © Soph

Tant d’émotion, d’univers musical qu’on adore, et de vibration du live nous a fait beaucoup de bien.
Et je le répète : pour un concert d’école, le niveau était très bon, c’était de la qualité.
Les petiots tenaient la route, les jeunes envoyaient du pâté, et les profs ont laissé parler leur maîtrise et leur passion.

Après ça, comme je le disais, ça s’est vidé d’un coup, mais nous on est restées à traîner un peu, notamment pour tenter d’échanger trois mots avec Gabriel Yacoub et Gilles Chabenat, et puis j’avais des missions de bises à transmettre.

On a commencé par alpaguer Gilles, lui transmettre la première bise de Solly et lui dire combien on admire sa virtuosité et on aime la vielle. Il s’est vite récrié, très modeste, mais on n’en pense pas moins On a papoté un peu, notamment de cette vidéo du thème de Requiem for a dream à la vielle electro-acoustique, des dates passées et à venir de Malicorne, de la soirée… Et on l’a laissé s’éclipser.

On a attendu près de la scène en papotant et en s’humectant le gosier, un peu dans l’expectative…

Au passage, j’ai pu intercepter Emmanuel Monnet, vielleux et prof au conservatoire de Montlu’ dont m’avait parlé mon amie Chiara de Lyon – et dont j’ai transmis la bise aussi. On en a profité pour se renseigner un peu sur les cours et locations de vielles… Pour plus tard: on verra bien.

 Après encore un petit moment j’ai fini par demander au dernier technicien qui finissait de ranger la scène si Gabriel était encore par là, et il nous a dit de passer en coulisses… Ca fait bizarre (oui, même dans une MJC après un concert d’école). Mais on allait pas dire non !

Là on a pu féliciter les rares musiciens et chanteurs restants, on s’est vues offrir une bière fraîche, et surtout on a vu Gabriel. On a transmis la bise de Solenne (*jingle* missions accomplies !), et dit encore (enfin, preum’s pour Soph’) combien Malicorne nous berce depuis toujours et quelle magie c’est pour nous de voir leur retour sur scène – et tant pis pour le coup de vieux.

Et puis voilà, au lieu de s’en tenir à ces trois mots si communs mais significatifs et importants pour nous, on s’est retrouvées à squatter un canapé et passer au moins une heure à papoter avec lui, de tout et de rien. Beaucoup de rien et un peu de tout. 
De la côte qu’il s’était cassé trois jours plus tôt (…et il est venu jouer et chanter quand même, et ça se voyait même pas…), de Saint Chartier et des difficultés pour la culture, des longs trajets en voiture et de la conduite de nuit, de l’oiseau se bagarrant avec son reflet dans le rétroviseur qui l’avait immobilisé dans ses préparatifs le matin même avant de venir, de la vie pas toujours facile, des maisons retapées à l’arrache, de la région parisienne et de notre cambrousse (on connaît à peu près la même, on est presque voisins), de chiens débiles, etc etc…

C’était tout tranquille, sympa comme tout. A peine avait-on, Soph’ et moi, tout juste quelques micro-secondes d’éclairs de lucidité où on se rendait compte d’avec qui on était. *Non mais Gabriel Yacoub, quoi*

Un moment hors du temps, privilégié mais sans le réaliser, tout simple et si précieux…

Finalement, le signal a été donné pour vider les lieux, et on s’est retrouvés sur le parking, où on s’est dit au revoir avec une bise et… ouais, j’ai osé lancer le rô câlin (en tentant de ne pas appuyer sur la côte cassée quand même), c’était tellement tentant et naturel, et aussitôt rendu…

Que dire de plus ?
On le nem tout simplement d’amour fort fort qui vient du fond du coeur, encore plus, toujours plus (comme quoi tout est possible ).

Et cette soirée a été magnifique et enrichissante de bien des manières.

C’était trop court, et déjà énorme – et on n’a qu’une envie, c’est de remettre ça !

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