Fééries du Bocage 2013

Or donc, en plus du combo épique avec Solenne aux Imaginales et à Geekopolis, j’avais vaguement repéré le festival des Fééries du Bocage qui revenait pour sa 2° édition et qui me tentait un peu pour tester. Quand l’affiche annonçant un concert de Luc Arbogast est passée, ça a été décisif…

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Solly étant déjà très très fan et moi l’étant assez depuis que je l’avais découvert justement grâce à elle au retour de Trolls & Légendes, c’était bien un argument de poids, elle pour le revoir, moi pour expérimenter « en vrai ».
Avec ça, la liste des invités présentait bon nombre d’auteurs et illustrateurs que j’aime, dont certains que j’avais ratés à Trolls (je me suis même dit à un moment que le Bocage c’était un peu un Trolls 2 quand j’ai vu ça ), et le grand monsieur Pierre Dubois, et Séverine Pineaux, etc etc… Et des artisans géniaux, tels les Cuirs de Belfeuil, ou Terra Nostra

Bon, mais tout ça était un peu loin, quand même. En région parisienne, même, si on y regardait bien. Et en train c’était un peu compliqué… Mais Google estimait l’itinéraire à 4h à la louche, même en évitant les autoroutes. J’ai pas mal hésité, n’appréciant le volant que moyennement… Et puis j’ai décidé de tenter le tout pour le tout, avec l’aide de Solly en copilote de choc.
Ca m’a pas empêché de bien stresser avant, parce que je n’avais jamais conduit sur d’aussi longues distances d’un coup, que je ne savais pas comment la route allait se présenter (notamment s’il n’y aurait pas de trucs que je déteste voire supporte pas, genre autoroutes déguisées en voies rapides, traversées de villes merdiques, etc), et que c’est un des domaines qui peuvent me stresser le plus dans la vie. Et que j’étais pas forcément hyper reposée du combo du week-end précédant.
Mais en fait ça s’est très bien passé, et même si effectivement ça a été long et fatiguant, je n’ai eu aucune réelles difficultés et encore moins de majeures. Sans copilote ça aurait été une autre histoire, mais mine de rien ça donne un peu d’assurance en soi

BREFLE.
Après la soirée du dredi à papoter (et baver devant les dessins de Jissé), nous partîmes donc le samedi matin (enfin vers 10-11h… ben quoi, deux zombies du matin ça a du mal à décoller) sous un ciel plutôt beau.
D’ailleurs on a eu beau temps tout le week-end, et c’était super agréable pour profiter des chouettes paysages sur la route

Après quelques 5-6h de route (avec arrêts ravitaillement, pharmacie, vidange humaine, tournage en rond et pestage contre les signalisations mal foutues), dont un aller-retour à l’hôtel (étonnamment bien, magré le doublé avec bar que j’aime jamais), on est donc arrivées en fin fin de journée sur le festival.
On a quand même pris un ticket pour la dernière demi-heure, histoire de faire un repérage, prendre la température, tout ça… et saluer vite fait Luc Arbogast – vraiment rapidement.

Ensuite le festival fermait ses portes le temps de se réorganiser pour le concert, donc on est retournées patienter à l’entrée. Mon mode « jukebrain » étant particulièrement actif, on avait de quoi lutter pour se libérer des trucs-qui-restent-dans-la-tête-inopinément (genre « Kraken » ou « Adopte un zombie » de MagoYond, ou « Les chaussettes du nain » et autres tubes du Naheul…).

Et puis on a eu le son des balances, et ça fait déjà quelque chose d’entendre pour la première fois le bouzouki si caractéristique, la vielle, et les envolées de cette voix incroyable…
Joli petit avant-goût

Après encore un peu d’attente et de réorganisation, on a pu se caler dans les premiers rangs, un peu sur le côté. Le temps que ça se remplisse, que ça bouge un peu… J’ai été agréablement surprise de voir arriver Pierre Dubois dans un groupe d’invités…
Et puis il est monté sur scène, j’ai cru qu’il allait juste dire un petit mot d’intro à la soirée – je dois dire qu’on n’avait pas étudié le programme à fond.
Et en fait il s’est mis à raconter (Gauvain et la Femme Hideuse), avec toute la verve et le brio dont ce grand monsieur est capable…

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Au début on se dit « mais heu, ça va encore retarder le conceeert », et puis très vite on s’en fout, parce que comment ne pas se laisser emporter… C’était même frustrant de le voir obligé d’accélérer l’allure sur la fin parce qu’il commençait à déborder (bref, Pierre Dubois, quoi)

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Un petit changement de set en une dizaine de minutes, avec le retour de Mahalia en musique d’ambiance, et puis tadam, le batteur Jean-Lou Renou s’installe presque en catimini, la musique qui passe à un autre niveau, et Luc Arbogast prend place, complètement transcendé par le contexte de la scène.


© UbikwiT.net

Quelques trilles dans les aigus, avec cette pureté et cette puissance bluffantes… Et puis le bouzouki entre dans la danse, et les clochettes au pied, et tout d’un coup des postures de rockeur ressortent inopinément


© UbikwiT.net

J’ai ressenti cette alternance tout au long de la soirée: des moments d’émotion pure, a couper le souffle, puis un rythmé plus soutenu qui ramène sur terre, dans le festif.
Très à l’aise Luc fait même des petits jingles de pub au bouzouki irlandais lors des transitions  Cette légèreté en est même un peu déstabilisante, du moins désarmante: en fait ses commentaires et plaisanteries soulagent la surcharge émotionnelle de son art – un art puissant qu’il donne sans compter, avec le coeur.
Et c’est avec le coeur qu’on le perçoit: très vite on oublie complètement les portables et appareils photos, d’autant plus qu’on réalise que c’est le genre de moments impossibles à capturer autrement qu’en se forgeant ses souvenirs personnels en en profitant pleinement dans l’instant.

De toute façon, même en tentant, on peut difficilement faire mieux que le très talentueux photographe UbikwiT qui se charge de faire une moisson d’images de grande qualité:

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Et c’est aussi très participatif, il y a tout le temps un aller-retour avec le public – ça crée un lien fort, une ambiance très particulière qui nous immerge et nous incite à nous concentrer uniquement sur ce partage-là, le plaisir de ce cadeau apprécié.
(Et Luc tance régulièrement les quelques irréductibles accros à Facebook qui ne lâchent pas leur mobile )

C’était vraiment un concert magique, et très fort.
Je ne saurais pas retrouver avec certitude tous les titres qu’il a interprêtés, mais je peux dire que j’ai retenu le Cant del matin/Aurora borealis, Darjeeling Caravan, Les égaux de Landrais, l
‘Adagio d’Albinoni, Stella splendens, et Ad mortem festinamus, qui m’ont beaucoup remuée…

Sans parler de Quinze marins et Le Corsaire/le grand coureur (aah, les chansons de marins, avec les « Yop-là ho, une bouteille de rhum » et « Allons les gars gai gai, allons les gars gaiement »), et puis Le mariage anglais (un trad qui est déjà dans mes grands préférés de Malicorne), et La blanche hermine.

Que du bonheur.
Qui s’est fini bien trop vite, évidemment, même s’il avouait avoir du mal à tenir la voix sur la fin (et on a même pas eu de vielle  )

Il y avait ensuite une séance de dédicaces, mais vu son soulagement fatigué quand il a vu qu’on était les dernières à le solliciter, on n’a pas traîné plus et on est reparties à l’hôtel.

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Le lendemain, on est retournées sur le festival sur le coup de onze heures (ben oui, dur de se priver d’une grasse mat’ quand elle se présente).

On a commencé par retourner baver plus longuement devant les Cuirs de Belfeuil, et Solenne s’est offert un magnifique petit sac trop beau

Juste à côté, je me suis laissée tenter par des bonnes confitures/gelées

Et zou, j’ai à nouveau donné libre cours à mes admirations livresques – et j’ai même réussi à ne faire que peu d’achats, ayant ramené pas mal de bouquins à moi pour faire dédicacer.

J’ai donc eu le grand plaisir de revoir Amandine Labarre, Laurence Péguy, et Séverine Pineaux!

Par contre, j’ai encore raté Godo.
Mais j’ai aussi découvert Christophe Duflot, Charline, The Helfactory… et salué Oph  et enfin rencontré Michel Borderie 

Et pendant que ce dernier me dessinait des elfes (j’ai pas osé dire que je préférais les nains) en tentant d’éviter de s’endormir au doux son de la flûte d’Eve McTelenn, j’ai repéré Pierre Dubois au mini camp médiéval…

Donc après j’ai osé aller m’incruster pour lui demander une dédicace dans mon « Gothic Faeries » de Severine Pineaux qu’il avait postfacé. J’ai pas regretté, j’ai pas eu l’air de déranger, et c’était très sympa, j’ai adoré ce petit moment avec eux (malgré un petit pic de timidité) pendant que le Grand Monsieur me gratifiait d’une superbe dédicace, après m’avoir complimentée pour mon costume (kilt et haut-à-froufrous-pseudo-jabot, warbelt et bracelet en cuir, collier steampunk d’Unseelie) qui le faisait penser à « une petite leprechaun ».

Ensuite, on a fait un dernier tour du marché extérieur, et on s’est arrêtées sur un stand que j’ai fini par reconnaître comme celui où j’avais acheté mon diadème à Trolls: Terra Nostra!
A la base j’avais juste repéré l’encens naturel, et puis Solly a flashé sur des bracelets en cuir que j’ai mis trois plombes à remarquer, tellement y’a de choses tentantes sur ce stand… et du coup j’ai flashé aussi, c’était la fête

J’ai aussi voulu faire un tour chez l’Atelier du Troll, dont j’aime bien les bonnes idées, même si c’est du travail un peu moins bien fini. J’ai moyennement apprécié aussi les corbeilles de vrac avec un panneau indiquant « à partir de 6€ » et en réalité très peu d’articles réellement à ce prix-là dans le tas, et beaucoup d’autres bien plus chers.
J’ai quand même craqué pour un petit bracelet tout simple, et une chute assez large de cuir épais pour accompagner la chute de cuir tout fin et souple que j’ai déjà et m’amuser avec

Et puis voilà, on est reparties pour le périple routier, toujours avec le soleil, d’abord en silence, puis avec encore un peu de zic et de papotage en tous genres…

Ce p’tit festival est bien sympa, ça valait le coup.
Et en plus, j’ai gagné un level en tenue de route

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