[Dr Who Book] L’horloge nucléaire (Oli Smith)

Je redoutais un peu les romans Dr Who en version française, mais celui-ci est traduit par Pierre Pevel alors ça m’a donné envie d’essayer quand même… (et puis des Dr Who books récents en France, l’initiative mérite d’être saluée, même si c’est de Milady)

Eh bien c’est une bonne surprise, en tous cas pour celui-là: les termes en français ne m’ont pas gênée pour deux sous, et comme pour les romans anglais, ce n’est pas transcendant et ne remplacera jamais un vrai épisode vidéo de la série – tout en voulant s’en rapprocher au plus près -, mais ça reste fort sympa, et ce titre en particulier est vraiment bien et agréable à lire

drwhohorlogenucleaire

Colorado, 1981. Perdu dans le désert, Appletown est un petit village où il fait bon vivre. Mais l’entrée en scène de deux étrangers va tout chambouler. Le premier est un savant fou, dont les mises en garde sont abrégées par sa mort soudaine. Le second est le Docteur. La mort tombe du ciel et le TARDIS s’en trouve endommagé. Pris au piège, le Docteur se rend compte que le temps s’écoule pour lui à l’envers, tandis qu’Amy et Rory sont menacés dans un futur qui s’éloigne de plus en plus au fil des secondes. Le Seigneur du Temps doit percer les secrets d’Appletown avant qu’il soit trop tard…


Et je n’y avais d’abord pas fait attention, mais sur la couverture, y’a quand même une femme avec un circuit imprimé à la place du visage qui brandit un rouleau à pâtisserie. Just saying.

On y retrouve donc (avec grand plaisir) le Doctor version Eleven, avec Amy et Rory, et un petit parfum de Far West mâtiné de cyber, pour très vite se retrouver dans une situation impossible et désespérée (pour ne pas dire dans un merdier innomable jusqu’au-dessus de la tête).

Ce qui va demander au Doctor et au TARDIS une sacrée dose de leur réactivité, d’idée de génie à-la-con, de traficotage avec le Temps et l’Univers, et de joyeuse improvisation.

C’est vraiment fidèle et bien rendu: le Doctor court partout, parle tout seul, s’en veut, s’interrompt pour des futilités, gesticule, fait de la bicyclette en plein désert… Amy et Rory passent leur temps à sauver leurs vies ; et l’histoire qui a amené le TARDIS ici implique un savant génial et dingue, un officier désabusé, la guerre froide – et des bataillons d’IA programmées pour l’espionnage, l’infiltration et l’élimination, robots remarquables mais tueurs imprévisibles.

Les petites introspections sont intéressantes, tous les personnages sont attachants à leur manière, et le micmac des temps alternatifs m’a beaucoup plu.

Et puis c’est bourré d’humour. Tout plein. Et de dinguerie.

Du bon Dr Who, en somme, pour une petite lecture qui se fait très vite, en petit interlude sans prétention entre deux morceaux plus gros, tout simplement un bon moment

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* Le coin des citations *
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« Albert attendit quelques secondes avant de serrer les poings et de recommencer à se déhancher en rythme avec la musique. Il chanta :
– Going keep on keepin’ on, if I don’t, she’ll do me wrong !
– Au fait, professeur. J’ai oublié de vous dire…
Sam ayant passé la tête entre les battants de la porte entrebâillée, Albert se mit en quête de son stylo avec une rare énergie et fit tomber ses papiers de recherche par la même occasion.
– Vous ne le savez peut-être pas si vous êtes resté enfermé ici toute la journée. (Le concierge marqua un temps.) Mais la guerre est finie.
Il fallut une seconde à Albert pour se ressaisir.
– Ah, vraiment? Ouah. (Il rajusta sa cravate.) Et qui a gagné? »

*

« Ils trouvèrent le Docteur à genoux dans le jardin d’un particulier, en train d’examiner la pelouse. Derrière un buisson, ils le regardèrent cueillir des brins d’herbe, les inspecter et les jeter par-dessus son épaule, puis se baisser pour plonger son nez dans la pelouse et respirer profondément. Lorsqu’il ouvrit la bouche dans l’intention évidente de brouter, Amy décida qu’il était temps d’intervenir et de sauver ce qui restait de dignité au Docteur. Elle fit claquer le portillon et le rejoignit.
– Le Colorado, donc, dit-elle.
– Vi.
Le Docteur s’accroupit sur ses talons et se gratta la tête.
– En 1981, ajouta Amy.
– Vi.
– Sympa. Et qu’est-ce qui s’est passé ici? »

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« Le regard rivé au bleu profond du ciel, il se demanda combien de temps il était resté inconscient et si cela avait été assez pour bronzer un peu.
Puis la mémoire lui revint subitement.
Le Docteur se redressa d’un coup. Il leva une main à la hauteur de son visage et grimaça en y découvrant un coup de soleil. Si longtemps que ça? »

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