[BD] Zone Blanche (Jean-Claude Denis)

Difficile de parler de cette BD sans trop en dévoiler. Mais c’est encore une belle découverte…

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De nos jours (ou dans un futur très proche), les technologies utilisant les ondes électro-magnétiques sont omniprésentes, ce qui soulève de temps à autres des questionnements sur l’impact sanitaire – on le retrouve ici avec Serge Guérin, qui y est hypersensible et souffre donc de divers troubles très handicapants au quotidien.
Il vit seul avec son chat, tâchant de se protéger autant que possible…

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Cet état de fait soulève aussi une ultra-dépendance à l’énergie électrique, qui entraîne bien des désagréments en chaîne quand elle vient à manquer de manière imprévue, comme ici avec une panne générale qui paralyse tout un quartier parisien.

Serge Guérin, dans l’impossibilité d’utiliser son interphone pour rentrer chez lui, se rend à l’hôtel voisin, où il rencontre une autre « réfugiée » de la panne d’électricité.

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Ils s’entendent facilement, se comprennent, sympathisent. Un point commun les réunit surtout : ils gardent chacun une vieille rancune tenace pour des voyous qui ont abusé d’eux…

Une chose en amenant une autre, l’idée de s’échanger leurs « cibles », et donc leurs alibis et leurs mobiles, va se faire jour et les lier très intimement, dans ce contexte extraordinaire particulièrement propice aux pactes que la raison réprouve.

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Le plan paraît parfait et idéal, et le point de non-retour est déjà dépassé… Mais ça ne va (bien sûr) pas se passer entièrement comme prévu.

Quand le doute survient pour Serge Guérin, lui assénant la trahison ultime, il va passer un dernier cap.

Pour que ce soit bien la dernière fois qu’il se fasse berner, pour régler ses problèmes lui-même, et pour atteindre son dernier espoir : la zone blanche, le territoire vierge de toute activité électromagnétique où tous ses soucis disparaîtront.
(J’ai d’ailleurs cru remarquer des clins d’oeil, un jeu lexical, sur cette notion de zone blanche, tout au long de la lecture… comme cette allusion aux pages blanches de France Telecom pendant l’enquête policière.)

Parasité comme il l’est, toute réflexion lui est difficile, mais les souvenirs et associations d’idées qui lui tournent dans la tête vont aussi lui apporter la solution finale…

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Ingénieuse et retorse, elle lui ouvrira aussi le paradis fantasmé de la zone blanche, éternelle et pure.

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L’ensemble est très beau, et empreint de poésie, à la fois d’un point de vue visuel et littéraire.
C’est une belle histoire, si je peux dire ça d’une histoire criminelle, mais c’est surtout une histoire humaine… 
Avec une indéniable critique sociale sous-jacente. 

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