[BD] Paris-Londres (Joann Sfar)

Quand un livre de Joann Sfar me passe à portée de main je ne le laisse pas filer comme ça, et le hasard a bien fait les choses en me faisant croiser cette petite BD qui date des débuts du monsieur, si j’en crois ce que j’ai pu voir en cherchouillant vaguement.

    

Le « Paris-Londres » est un paquebot révolutionnaire qui effectue la liaison entre Paris et Londres sans passer ni par Calais ni par Douvres. Ce bateau appartient à un consortium d’industriels bavarois, dirigé par le nébuleux docteur Krupp. Ces investisseurs allemands viennent kidnapper le monstre du Loch Ness afin de ruiner l’Ecosse et relancer le tourisme en Bavière.

C’est peut-être parce que je l’ai lu (et relu) juste après La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, mais j’ai cru y voir une certaine minuscule touche de steampunk qui m’a enchantée, en plus de tout ce qui fait le charme habituel de Joann Sfar…

      

  

Notamment le submersible Narval et son capitaine (avec un p’tit chien! ^^) qui rappellent énormément le Nautilus et Némo

Mais il y a aussi du complètement farfelu, comme une évasion à la McGyver…

…avec des astuces de cirque…



Et une chute un peu nouille

   

   On a aussi du « Gosh » et du complot avec une magnifique parenthèse écossaise!

*

« Mais c’est du concret! Ils nous rejouent les Niebelungen sur votre Paris-Londres, c’est tout. Après avoir empoisonné leurs mythes à force de n’y rien comprendre, ils viennent prendre ceux des autres.
– Ce qui signifie?
– Ce qui signifie que si vous ne faites rien, le monstre du Loch Ness sera d’ici une heure dans les soutes du Paris-Londres. »



« Dans ce grand lac d’Ecosse vit une loutre géante qui change de peau au gré des tempêtes. Un monstre. On dit que sous sa fourrure est prisonnière une femme rousse. Une dame du lac dans la peau du monstre, qui se réchauffe. Qui reste au sec grâce au poil imperméable.
Et eux, là, qui veulent l’attraper pour peupler leurs hôtels. Comme si en arrachant un chardon on pouvait cueillir l’Ecosse. »

Gniii!! 

Mais les « fameux deerstalkers sont déjà à pied d’oeuvre », et on revient donc à Ossour Hyrsidoux resté prisonnier du Paris-Londres: une équipe de choc est envoyée en mission, trois frères « bandits juifs mexicains » – Jacob Malka dit « le Malka des lions » (oh oh!), Eleazar Malka le peacemaker hassidique, et Zacharie Malka dit Zack – le trio a de la classe ^^

Le trio a vraiment de la classe…

  

J’adooore!!!
Encore une fois, le petit grain de loufoquerie qui fait tout


Et ils vont avoir fort à faire avec l’armée de clones du docteur Krupp…

Pendant ce temps, Ossour est aux prises avec les quelques huit cent femmes du harem que Krupp s’est constitué. Des femmes qu’il n’honore pas et qui ne pensent qu’à ça, au point d’en devenir dangereuses  

    

Sauf une, plus retenue, qui va l’aider et être bien sûr la seule à attiser sa convoitise ^^

   


Le trait est particulièrement remarquable pour ces femmes toutes plus belles et naturelles les unes que les autres, et dans ce style crayonné ça ressort vraiment bien…

Et Ossour devient un héros malgré lui, liquidant Krupp sans prendre le temps d’y réfléchir ^^

    

Après un grand débat philosophique qui n’y paraît pas, les Malka ont freiné un peu les donzelles en furie, et tout se finit bien dans un petit port tranquille.

« Il me semble que nous sommes bloqués. (…) Non seulement vous nous avez bloqués, mais vous bouchez aussi l’entrée du port.
– Mais je croyais que la rade de Villefranche était une des plus profondes du monde.
– Oui bin là non.
– Tout le monde est sain et sauf, c’est le principal. Il n’y a plus qu’à débarquer et laisser la maréchaussée se débrouiller. »


Bref, encore une histoire pleine d’amour, d’humanité et de loufoquerie fantaisiste bonne enfant: je suis fan, toujours plus fan de Joann Sfar! 

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