[BD] Maus: un survivant raconte (Art Spiegelman)

A plusieurs reprises, j’ai entendu parler de cette BD comme d’un véritable incontournable.

J’ai longtemps hésité, parce que la Shoah, j’ai eu ma période au lycée quand je lisais/regardais à peu près tout ce qui avait pu se faire là-dessus (et avant de l’étudier en terminale où c’était au programme de littérature), et depuis je fais comme une overdose, j’ai l’impression d’avoir atteint les limites de l’horreur fascinée au-delà du supportable.

Mais quand même, cette BD… Déjà, le support intrigue sacrément.



Le père de l’auteur, Vladek, juif polonais, rescapé d’Auschwitz, raconte sa vie de 1930 à 1944, date de sa déportation. Ce récit est rapporté sous la forme d’une bande dessinée dont les personnages ont une tête d’animal : les juifs sont des souris, les nazis des chats, les Polonais des porcs et les Américains des chiens.



En plus le graphisme est particulièrement intelligent et bien crayonné, bien tourné.

Alors j’ai commencé à le feuilleter… et j’ai fini par le lire en entier.

Eh ben, pfou, c’est vraiment passionnant, émouvant, par moments même carrément poignant.

Mais surtout touchant, par le fait qu’on n’a pas seulement un énième témoignage de la Shoah, mais aussi la vie après, et la démarche du fils pour retrouver et collecter la mémoire de son père, de sa mère suicidée après la guerre, et ses relations avec son père, indubitablement marqué par les horreurs qu’il a vécu, mais aussi sa forte personnalité…

J’ai même trouvé le moyen d’apprendre encore un détail particulièrement horrible de la fin d’Auscwhitz. Glurk.

On a beau dire, c’est vrai que c’est important de se souvenir de tout ça, de garder en mémoire que dans un passé pas si lointain, l’humanité a basculé dans un tel enfer.

Même si c’est lourd à porter, même si c’est dur, même si, etc…


Voilà donc une BD qui confirme toutes ses éloges et mérite amplement les prix qui l’ont récompensée (Angoulême meilleur album étranger Angoulême, Pulitzer meilleur ouvrage journalistique aux USA…).

Une BD – ou plutôt un récit, car très vite on oublie le support tellement on est plongés dans le dialogue et les images évoquées par les souvenirs – qui ne laisse pas indifférent, encore un livre qu’on referme avec les yeux dans le vague.

Et pourtant c’est important aussi d’insister sur le fait qu’il n’y a pas que du dramatique et du poignant dans cette histoire: on y trouve aussi de l’humour, de l’amitié, de la fraternité, de l’amour très fort, du rire, tout simplement l’histoire d’un fils qui se rapproche de son père, ce vieux radin bougon qu’il trouve parfois pénible.

Un très beau livre!

   


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