[BD] L’outremangeur (Ferrandez & Benacquista)

Encore une bonne découverte tout à fait fortuite ! A première vue, ça m’a un peu rappelé « Le gourmet solitaire », un de mes Taniguchi préférés. Avec le caractère du commissaire Adamsberg, dans les polars de Fred Vargas. Un mélange intéressant…

l-outremangeur

Richard Séléna est un super-flic dont la réputation n’est plus à faire. Il a pourtant un gros problème dans l’existence. Il pèse 160 kilos. Son cardiologue ne lui donne que deux ans à vivre, sa thérapie de groupe le laisse muet. Il dévore tout ce qui lui tombe sous la main pour calmer son désespoir.
Quand il rencontre la belle Elsa, Séléna lui impose un jeu troublant dont lui seul connaît la règle.
Tout le monde à droit à une seconde chance.
*

Tout en silences et en pudeur, on s’immerge dans la vie de cet homme luttant en vain contre une boulimie compulsive redoutable, seule faille chez ce commissaire qui semble exemplaire.

loutremangeur-pl5     outrem5


Mais ses manières de solitaire, son caractère autoritaire et bougon, ont vite fait de lui ajouter une certaine aura de mystère… Qui s’accentue quand on le voit tenter de faire accepter son aide financière et distante à une marginale aux cent chats, puis imposer un pacte douteux à une belle jeune femme qu’il a identifiée dans son enquête en cours, pour l’inviter une heure chaque soir pendant un an.


outrem2    outrem3    outrem4

 

outrem6


Ces soirées avec la belle Elsa sont simples, très simples : il réapprend le plaisir de cuisiner pour quelqu’un d’autre, de partager ses repas…
Avec le temps, la contrainte s’allège et leur relation devient plus détendue. Avec toujours autant de simplicité, un réel échange vient à poindre. C’est beau.

En parallèle, un net changement s’opère chez lui, avec une désertion de son groupe de parole, quelque chose de plus serein dans son attitude professionnelle…
Bientôt, on le voit se sevrer de ses descentes de frigo pantagruéliques, refaire sa garde-robe.

outrem7

Il y a certainement plus de bon que de mauvais dans tout ça, mais que penser de sa moralité, de son honneur de commissaire ?
C’est ce qu’un collègue va finir par lui opposer, mais il est prêt à s’expliquer, et il a des secondes chances à faire valoir.
Y compris pour lui-même, qui fait enfin la paix avec ses vieux démons.

outrem8       outrem9

Au final, c’est bien un humain qu’on a trouvé derrière les apparences. C’est l’humain qui est révélé, avec ses failles et ses forces, humblement.
C’est l’homme derrière « le gros », l’homme derrière le flic.

 Le tout servi par un style sobre, une narration et une ambiance qui passent plus par des émotions mesurées, et des aquarelles sans fioritures que j’approuve. coeur

outrem11    outrem10    outrem12

Laisser un commentaire