Alice (Tim Burton)

J’ai préféré aller le voir sans 3D, parce que c’est moins cher et que je trouve que la 3D n’apporte pas grand chose de plus (et ça fatigue le nez et donne un peu plus la migraine qu’un ciné normal). Par contre je viens de me rendre compte que j’aurais pu le voir en V.O. au 3° ciné du groupe de la ville et ça c’est très très balot, j’aurais préféré! Moi qui me plains toujours qu’ici ils connaissent pas la V.O., faudra que je pense à regarder là aussi à l’avenir…


Alice, désormais âgée de 19 ans, retourne dans le monde fantastique qu’elle a découvert quand elle était enfant. Elle y retrouve ses amis le Lapin Blanc, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, le Loir, la Chenille, le Chat du Cheshire et, bien entendu, le Chapelier Fou. Alice s’embarque alors dans une aventure extraordinaire où elle accomplira son destin : mettre fin au règne de terreur de la Reine Rouge.

Ma plus grande crainte était pour cette Alice devenue grande. Mais non, elle est très bien!
Ses airs de jeune fille bien rangée de la bonne société ne sont qu’une piètre façade qui dissimulent bien mal son imagination toujours débordante et ce petit grain de folie qui lui donne goût à la vie…



Et pourtant, « elle ne se souvient de rien ». Ou plutôt, elle prend pour un cauchemar récurrent sa première escapade au Pays des Merveilles, quand elle était petite.
Et voilà que, à un tournant de sa vie, elle prend la fuite et tombe à nouveau dans le terrier en suivant le Lapin Blanc…


« De plus en plus étrange… »


Je ne sais pas si ce sont des ajouts de Burton, des éléments du dessin animé, ou des détails tirés de la V.O. des livres, mais j’ai (re-)découvert pas mal de choses:
le loir, le Bandersnatch, Bayard, Absolem la sage chenille bleue dont j’ai seulement un vague souvenir du dessin animé ; le Lapin Blanc a pour nom Mac Twisp, les deux bonhommes que je connais sous le nom de Tralalère et Tralala et qui sont dénommé bonnet Blanc et Blanc Bonnet sur Allociné sont en fait Tweedledee et Tweedledum d’après la V.O. (et j
ustement, l’illustration de Tenniel avec « dee » et « dum » sur leurs cols m’intriguait pas mal – je n’ai jamais lu Carroll en V.O.), entre autres…

Je me demandais aussi ce que pourrait donner Johnny Depp dans le rôle du Chapelier Fou, même si je n’avais pas peur d’être déçue, j’avais vraiment du mal à imaginer comment il pourrait incarner ce personnage si loufoque.

Eh bien il est tout simplement génial. How else could he be?



J’ai appris qu’en travaillant son personnage, Depp avait découvert que l’expression « fou comme un chapelier » dont Carroll s’était inspiré est né d’un phénomène réel, l’empoisonnement au mercure qui touchait les membres de cette profession, et qu’à partir de là tout était venu tout seul. Ce qui explique que dans le film, il y ait des moments où il n’est pas si fou que ça, simplement très excentrique et loufoque


Avec ça, Burton et Depp lui ont donné un peu de profondeur, en lui ajoutant un passé tourmenté, exactement comme ils avaient approfondi Willy Wonka dans Charlie et la Chocolaterie. Et ça, je kiffe férocement.

Et Depp est vraiment bien dans le rôle. J’ai même eu une petite pensée pour Edward aux mains d’argent, par certains côtés.



Et puis il y a la Reine Blanche, cruche à souhait avec ses postures de nunuche, et en même temps adorable comme tout et très belle…
Et même drôle dans la scène de la préparation de potion rikiki.


Son château fait très « Disney », ça fait partie de la guimauverie du personnage, c’est chouette ^^


A l’opposé,  Sa Majesté Rouge est toute aussi odieuse, vaniteuse, tyrannique et colérique que dans les livres!
Helena Bonham Carter (enfin, sa doublure française – aaah, mais que ne l’ai-je vu en V.O… *soupir*) tient particulièrement bien ses « Qu’on lui coupe la tête! » hystériques.


« Mautête soit la grosse dite! »

Son Valet, Ilosovic Stayne, est aussi un personnage génial.
(petite pensée pour Snape/Rickman, cette fois – qui d’ailleurs prêtait sa voix à Absolem dans la V.O., *re-soupir*)



Le combat entre les deux factions est assez bien réussi aussi, et Alice en championne de la Reine Blanche en jette carrément, avec son armure et sa Lame Vorpale…
(et là, petite pensée pour le « Jeanne d’Arc » de Luc Besson ^^)


Et comment ne pas parler de ce bon vieux Chesh adoré, très très bien rendu, fluorescent à souhait, loufoque et lunatique, rêveur et evanescent à la perfection!


J’ai particulièrement adoré son sourire qui se confond avec la lune, mais je n’ai pas trouvé de caps. En revanche, je suis tombée sur une chouette affiche:


Dans tout ça, il manque bien sûr quelques trucs que j’aurais aimé voir, comme la Tortue Toc, l’explication des mots-valises, le non-anniversaire, la marmotte au thé des fous…

Mais en fait ça ne manque pas tant que ça, on retrouve déjà beaucoup de choses tout en ayant de l’originalité – j’ai notamment beaucoup apprécié tout le côté « Alice chez les grands », dans la vie réelle et la bonne société anglaise où le Pays des Merveilles est considéré comme de folles balivernes, sauf par le père d’Alice et son associé.
(d’ailleurs j’ai quand même trouvé la fin un chouïa trop grosse de ce côté-là, m’enfin bon pourquoi pas, après tout c’est quand même beau à voir même si on a un tout petit peu de mal à y croire)

Au final, je dirais que c’est un film délicieux, richement déjanté ; peut-être pas foncièrement et profondément Burtonnien mais il est quand même bien là, tout en restant très fidèle à l’esprit Carrollien, et en nous offrant là une suite très appréciables, une belle série de nouvelles aventures d’Alice!



* A écouter avec le générique de fin, « Alice » par Avril Lavigne dans la B.O. « Almost Alice »et le « Alice Reprise #5 » de Danny Elfman dans la « vrai » B.O. Alice in Wonderland… Moi je ne m’en lasse pas! *


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