Alice (Lewis Carroll)

  

Voilà deux livres et un univers qui m’accompagnent depuis de nombreuses années, que je relis régulièrement sans m’en lasser, et voyant toujours un angle nouveau ou un détail que je remarque plus que les autres fois.
Quand j’étais beaucoup plus jeune, j’étais parfois freinée par la surenchère de poèmes et chansons, la préciosité d’Alice toujours très polie et polissée chez Carroll, et certaines répétitions de langage, comme les innombrables « vous savez » et « voyez-vous ».
Maintenant, ça ne me dérange plus tellement, j’ai même redécouvert avec plaisir la tirade de la Duchesse et ses « la morale à tout cela ». Et l’ingénieux système, dans le Miroir, de marquer typographiquement les sauts d’Alice par-dessus les ruisseaux qui la font changer de case. (Ca donnerait presque envie de s’en inspirer pour écrire un truc – sauf que je n’ai plus du tout la tête à ça, mais c’est une idée de plus pour quand, un jour, je m’y remettrai…)

M’enfin bref, cette fois-ci j’ai surtout particulièrement apprécié la première apparition du Chat du Cheshire, comme toujours:

« Mais je ne veux pas aller chez des fous, fit observer Alice.
– Oh, vous n’avez pas le choix, dit le Chat, nous sommes tous fous ici. Je suis fou. Vous êtes folle.
– (…) Et comment savez-vous que vous, vous êtes fou?
– Pour commencer, dit le Chat, les chiens ne sont pas fous. Vous êtes d’accord?
– Oui, je suppose, dit Alice.
– Or donc, poursuivit le Chat, vous savez qu’un chien grogne quand il est en colère, et remue la queue quand il est content. Eh bien moi, je grogne quand je suis content, et je remue la queue quand je suis en colère. Donc, je suis fou.
– J’appelle ça ronronner, pas grogner, dit Alice.
– Appelez ça comme vous voulez, dit le Chat. »

Mais aussi Badaboum qui nous fait découvrir les mots-valises, concept inventé par Lewis Carroll (si je ne m’abuse):

« Eh bien, plisse signifie « qui a des plis et qui glisse ». Plisse est comme la peau lisse. Vous voyez, c’est comme dans une valise – il y a deux sens rangés à l’intérieur.
(…) et une trotue est une sorte de maison verte à pattes qui court qui court, de peur qu’on ne la passe sous silence. »

Et cette fois j’ai été frappée par l’extraordinaire capacité du sac du Cavalier Hmslievr, qui n’est pas sans me rappeler le sac enchanté d’Hermione, le Bagage, et bigger on the inside…

Hmslievr sortit un grand gâteau du sac et le confia à Alice, le temps de trouver un plat et un couteau. Comment toutes ces choses pouvaient-elles sortir du sac, c’est ce qu’Alice ne parvenait pas à deviner. C’est comme un tour de passe-passe, pensa-t-elle.

Et enfin j’ai redécouvert ce Cavalier maladroit dont je me souvenais pas!

« C’est trop ridicule! s’écria Alice à bout de patience. Mais c’est un cheval de bois sur roulettes qu’il vous faudrait, oui!
– Parce qu’ils sont dociles, ceux-là? demanda le Cavalier d’un ton très intéressé tout en passant ses bras autour du cou du cheval, juste à temps, pour ne pas tomber derechef.
– Beaucoup plus dociles qu’un cheval vivant, dit Alice à qui un petit cri de rire échappa, malgré tous ses efforts pour l’étouffer.
– J’en aurai un, dit à part soi le Cavalier, rêveur. Un ou deux… plusieurs. »


Voilà.
(Maintenant j’ai envie de découvrir La chasse au snark et Les aventures d’Alice sous la terre ^^)

Et j’ai fini de les relire au cinéma, en attendant que commence enfin l’adaptation de Burton. (J’étais arrivée pile à l’heure mais ils nous ont fait poireauter vingt minutes de plus que prévu dans la salle histoire qu’elle se remplisse un peu, ce que j’ai trouvé quand même assez gonflé, mais bon…) C’est donc une lecture du C.L.A.P.!


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