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Après un double déménagement bien chargé et 2 mois sans ordinateur connecté, par la force des choses l’activité de ce blog n’avait aucune chance de se maintenir…

Je ne m’y remet qu’à peine, comme je peux !

Index des Vadrouilles

2012

– Spring Week 2012 à Wincanton
– WE de jeux à Lyon
– Colloque « Mythologie antique et SFFF »
– IRL Vade-mecum à Toulouse
– Comic Con’ Paris
– IRL Fondus en Aveyron
– Utopiales 2012 à Nantes
– Paris Londres et Hogswatch à Wincanton (novembre)

2013

– Londres et théâtre pratchettien (janvier)
– Concert de la St Patrick au Bikini de Toulouse
– Retour à Londres et Spring Fling 2013
–  Brocéliande avec les Fondus (juillet)
– Mini Vademecumade à Bordeaux (août)

2014

– concert de Volo à Isle (24/01)
– road trip Angoulême et Bordeaux (30/01-07/02)
– concert de Volo à La Courtine (09/02)
– expo Un an dans les airs avec Nicolas Fructus à Nantes (02/03)
– concert de Merzhin et Pigalle au Krakatoa Bordeaux (14/03)
– concert de Malicorne au Rocksane Bergerac (15/03)
– concert de l’ASMA avec Gabriel Yacoub et Gilles Chabenat pour la St Patrick à Montluçon (22/03)
– café littéraire avec Patrick Marcel à la bibliothèque de Bordeaux Lac (29/03)
– festival Zone Franche à Bagneux (4-6/04)
– concert de Merzhin au festival Paroles Sans Frontières à Caen (03/04)
– concert de Abney Park et Steam Tour Paris 2014 (26/04)
– zombie walk à Limoges (10/05)
– concert de Luc Arbogast à Bordeaux (13/05)
– festival Geekopolis (17-18/05)
– festival Imaginales (23-25/05)
– théâtre 28 heures plus tard (31/05)
– festival Geek Faëries (7-8/06)
– soirée inaugurale de Soiréegeek.com au Mad Maker Pub (13/06)
– soirée geek Showtime 1.0 avec Félicia Day et mini-concert du Naheulband (26/06)
– festival Le son continue (12-14/07)
– GN Norlande (18-20/07)
– Futuroscope (13/09)
– Merzhin au festival Pariz Breizh à Argenteuil (19/09)
– Malicorne au Trianon (20/09)
– festival des Utopiales à Nantes (29/10-02/11)
– Merzhin à Châteauroux (08/11)
– Lindsey Stirling à Bordeaux (10/11)
– festival Paris Comics Expo à Paris (22/11)
– Rencontres de l’Imaginaire de Sèvres (13/12)
– Concert-lecture de The Deep Ones au Dernier Bar (14/12)

2015

– Avant-première du film Noob 1 au Grand Rex (11/01)  
– *Exposants La Tannière de l’Ork Bourré au festi Senyu à Epinal (28/02-01/03)
– *Orga Rassemblement en Hommage à Terry Pratchett, parc de Bercy village, Paris (15/03)

– Festi Trolls & Légendes à Mons en Belgique (04-06/04)
– Expo Harry Potter à la Cité du Cinéma (18/04)
– *Orgas Partie démo de Zombicide saison 3 : Rue Morgue + Angry Neighbours au Nid cocon ludique (25/04)
– *Orgas Goûter d’anniversaire du Créateur à la Waaagh Taverne, Paris (26/04)
– *Exposants La Tannière de l’Ork Bourré au festi Geek’n’Troll à Moyen (54) (02-03/05)

Match d’impro équipes Hero Corp vs Montréal au Trianon (18/05)
Geekopolis (23-24/05)
– *Orga Goûter pratchettien aux Lilas (25/05)
– Imaginales (28-31/05)
– Geek Faëries (05-07/06)
– Foire Médiévale de Provins (14/06)
– *Orgas Goûter Pratchettien aux Caves Alliées (20/06)
– Rencontres de l’Imaginaire du Club Présences d’Esprits (21/06)

Grand Pique-Nique des Libellules (28/06)
GN Chroniques de Kandorya (10-14/07)
– *Orgas Picnic pratchettien « British please » (19/07)
– Rencontres de l’Imaginaire & Concert Naheulband à Brocéliande (24-26/07)
– Elven Beach & Dwarf Beer Club à Paris Plages et au Dernier Bar (02/08)
– Murder Warhammer 40k Dark Heresy (15/08)
– *Orgas Café Jeux Pratchettien (23/08)
– *Exposants La Tannière de l’Ork Bourré à la Convention du Grand Nain Porte Quoi aux Pavillons-sous-Bois (26-27/09)
– Festi We Do BD/Festiblog (10/10)
– Partie de Gamescape [Team Enclave de M. Fogg, Salle Gustave Eiffel] (11/10)
– Festival « Et si on jouait ? » à Freyming-Merlebach, avec concert de Naheulbeuk (24-25/10)
– Soirée « Minitel & Fulguropoing » au Grand Rex (28/10)
– Festival des Utopiales à Nantes (29/10-01/11)
– Projection aux Lilas de « Les Dissociés » en présence des acteurs, un film Suricate (16/11)

[BD] Wika (1) et la fureur d’Obéron (Olivier Ledroit & Thomas Day)

Découverte par l’expo relayée mais pas vue, puis aux Rencontres de l’Imaginaire en Brocéliande, et lue aux Utopiales même si j’ai abandonné l’idée de tenter une dédicace vu l’abondance prévisible de la demande…
Et bon sang, ça m’était déjà très prometteur et alléchant, ce fut un coup de coeur.

Il était une fois un couple de fées, le duc Claymore Grimm et la duchesse Titania, et leur petite fille, Wika. Alors que le prince Obéron, ancien amant de Titania aux pouvoirs redoutables, prend d’assaut le château Grimm, la petite Wika est confiée, après avoir eu les ailes sectionnées pour dissimuler sa nature, à un couple de fermiers chez qui elle grandira à l’abri de tous… Treize ans plus tard, Wika, émancipée, se rend dans la capitale contrôlée par Obéron. Elle y rencontre le jeune Bran, voleur talentueux qui, entre larcins et arnaques, lui dévoile les secrets de la cité. Mais petit à petit, les pouvoirs de Wika semblent se développer, révélant sa nature de fée, et éveillent l’intérêt du prince tyrannique, celui-là même qui voulut sa perte des années auparavant…

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Cette réécriture des mythes mêlant ode à la nature, atmosphère steampunk, soupçon d’urban fantasy et bien d’autres teintes, est une combinaison qui peut certes dérouter, et même rebuter par son aspect surchargé… mais quand on accroche, on ne le lâche plus – et c’est mon cas.

Je crée mes bijoux en origami (Marion Taslé)

J’ai reçu ce livre lors d’une opération Masse Critique de Babelio.

J’aime bien l’origami, et si je suis loin d’y exceller, j’y remet volontiers les pattes de loin en loin… 
Je n’avais encore jamais tenté les bijoux en papier et ça m’intéressait, tout est toujours bon pour trouver de nouvelles idées !

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Délicatesse du pliage, choix du papier, l’origami se prête à merveille à la création de bijoux raffinés.
Grues, papillons, fleurs, noeuds, étoiles se posent avec élégance et fantaisie sur un bracelet, un sautoir, une broche, un serre-tête, des boucles d’oreilles…
Les explications dessinées étape par étape permettent de se lancer avec plaisir et facilité dans leur réalisation !

Au sommaire: bracelet et bague en papier, collier de perles lampions, boucles d’oreilles poissons, noeud de ruban cadeau, serre-tête cygne, couronne de fleurs pour mariée, diamants, étoiles diverses, robes (de soirée, vichy, etc), nénuphars, ballons, orchidée, iris, fleurs de cerisier, rosace, pampilles, flocons, collier plastron, bracelet de cocottes, grues, papillons…

Les quelques classiques comme la grue ou les cocottes trouvent une nouvelle jeunesse dans ces dispositions originales, et j’ai bien découvert d’autres idées, notamment les pliages de robes, les petits ballons, et un coup de coeur tout particulier pour le noeud façon ruban d’emballage cadeau.

J’ai trouvé les explications et les diagrammes bien clairs et compréhensibles – ce qui est toujours un avantage extrêmement appréciable en matière d’origami -, tout comme les pièces de papier à utiliser bénéficient d’indications précises.

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Certes, la plupart des modèles impliquent d’utiliser des ciseaux, et pour certains de la colle, alors que je préfère les origamis « purs » qui n’utilisent que le pliage du papier et aucune autre intervention, mais ça reste assez léger pour ne pas s’y arrêter.

Après, je ne fais quasiment jamais exactement les modèles que je suis, je préfère généralement les adapter selon mes propres idées, et je n’ai encore pas fait exception. 

En particulier pour le noeud, qui m’évoque très fortement le noeud papillon du Doctor Who Eleven, et qui même sans ça me séduit grandement dans les petites variantes qu’on peut y apporter

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J’ai aussi été assez surprise par la toute petite taille des objets travaillés, j’avais beau m’y attendre rien qu’à la taille des feuilles de base et au fait qu’on parlait de petits bijoux, ça m’a quand même prise de court plus d’une fois

Mais j’ai vraiment pris plaisir à explorer ce manuel, une agréable occasion de me replonger un peu dans un de mes loisirs créatifs de prédilection. happy

En bref, me voilà assez satisfaite de ce choix reçu grâce aux éditions Marie Claire et l’opération Masse Critique de Babelio !

  

 

Le bouclier obscur (John Lang)

Quand on connaît John Lang, c’est en général plutôt en tant que Pen Of Chaos (PoC), pilier du Donjon de Naheulbeuk, la saga mp3 rôlistique parodique dont l’univers s’est étendu sous bien d’autres supports.

Mais John a toujours eu aussi d’autres activités et projets plus personnels, comme l’écriture de romans, dont voici son premier édité ! Je l’ai lu dans sa toute première édition (Rivière Blanche, 2006), et après une deuxième édition chez Physallis en 2012, il a refait peau neuve cette année chez ActuSF.

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« Prends garde je serai bientôt dehors. »

     En voulant dépanner l’ordinateur d’un prêtre, Uther, jeune prof en informatique qui menait jusqu’ici une vie on ne peut plus banale, ne se doutait pas qu’il allait ouvrir la boîte de Pandore. Ce qui ne devait être qu’une simple éradication d’un virus particulièrement retors va vite prendre une tout autre ampleur lorsque le corps du père Alexandre est retrouvé atrocement mutilé à son domicile. Car il se pourrait bien qu’un démon se soit invoqué directement depuis la machine. S’engage alors une course contre la montre, afin d’empêcher Paris de devenir le dixième cercle des Enfers…

 

***


Personnellement, j’admire déjà John Lang pour ses multiples talents, sa « carte professionnelle de l’amateurisme » (sic) et sa personnalité, je ne peux donc pas vraiment dire que ce fut une surprise, mais plutôt une bonne découverte.

Le style est vivant et sans chichis, très vite l’immersion s’opère, d’autant plus qu’on s’identifie facilement aux personnages principaux, qui sont avant tout des gens normaux – enfin, des geeks normaux -, et dont le basculement dans le fantastique se fait de manière progressive et réaliste.

Autant vous dire que j’ai eu bien les jetons comme il faut et plus d’une fois, le genre fantastique est parfaitement maîtrisé !
Tout en nuances, en petites touches, qui appellent à l’imagination personnelle tout en la nourrissant suffisamment pour la canaliser dans la direction voulue…

Placé comme ça l’est dans notre époque contemporaine, on se dit bien souvent que ça pourrait très bien arriver aujourd’hui sous notre nez, et que ça se passerait exactement comme ça, avec notamment le traitement médiatique et les influences liées…

Ce côté crédible et réfléchi ancre vraiment l’intrigue dans un cadre qui donne encore plus de force aux éléments les plus fantastiques.

On sent aussi la patte du MJ (maître du jeu) rôliste : dans la façon dont les situations sont exposées, et toutes les options passées en revue, avec les conséquences impliquées, afin de justifier les choix des personnages…
Ca en est presque perturbant par moments, mais finalement ça s’intègre parfaitement au style et ça lui apporte une approche originale et tout à fait PoCesque.

Difficile d’aborder l’intrigue plus loin sans spoiler honteusement, je me contenterai donc de renvoyer à la 4e de couv’ de la nouvelle édition ActuSF, reproduite plus haut !

Alors au final, je ne suis sûrement pas très objective, mais je dirais que ça se lit bien, que c’est à mettre entre toutes les mains de qui apprécie du thriller médiévalo-démoniaque et sympathique, et que c’est une bonne lecture qui vaut le détour, que l’on soit connaisseur et/ou fan de Naheulbeuk ou pas du tout (attention toutefois pour le premier cas : ceci N’EST PAS du Naheulbeuk, et bien qu’on puisse deviner « le » PoC en filigrane ça reste très différent ! ).

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* Le coin des citations *
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« Nous partîmes donc sur les toits, en prenant bien garde de tirer l’échelle et de la laisser à portée de main en bloquant le vasistas. La visite des toits parisiens, c’était une expérience nouvelle pour moi. Il convenait de faire attention à chaque pas, avec nos gros sacs qui nous attiraient dans le vide, rendant notre équilibre précaire. La tôle était grasse de pollution et de poussière, d’excréments de pigeons. Tout était sale. L’avantage, c’était la vue plongeante que nous avions sur certains appartements. L’inconvénient, c’était qu’il faisait nuit et que nous ne pouvions pas en profiter. De toutes façons, le voyeurisme n’était pas à l’ordre du jour. »
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« Très vite, il n’y eut plus personne. Nous nous retrouvâmes face à face, debouts dans les débris humains, couverts de sang. La porte nous attendait. Charles et Germain accoururent, ils avaient un visage inquiet.
– Calmez-vous les gars, chuchota Durgain. Vous avez l’air d’une bande de fous !
– C’est bien ce que nous sommes, lui dis-je. Nous sommes deux fous partant en guerre contre des démons.
Ils ne furent pas enthousiasmés par mon ton badin. C’est une de mes particularités, dans les situations les plus affreuses, j’ai toujours quelque chose de cynique ou de bête à dire. »
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L’Histoire de France selon Facebook (Baptiste Thiébaud)

J’ai reçu ce livre lors d’une opération Masse Critique de Babelio.
A première vue, l’idée avait l’air sympa, quand on a déjà vu passer des fausses pages Facebook de Jésus, Sauron, ou autres, on se dit que ça peut être drôle et bien pensé.

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Et si nos personnages historiques avaient pu utiliser Facebook ?
Y aurait-il eu un «do it yourself» pour apprendre à tailler ses silex ? Clovis aurait-il changé son statut de païen après son baptême ? François Ier aurait-il publié un album sur ses châteaux ? A quel groupe les révolutionnaires de 1789 se seraient-ils inscrits ? Louis XVI aurait-il été arrêté à cause de son dernier «post», près de Varennes ? Qu’aurait publié sur son mur Napoléon après Waterloo ? Charles Baudelaire aurait-il eu beaucoup de «fans» ? S’appuyant sur une chronologie réelle, l’auteur détourne les épisodes les plus connus de notre histoire nationale.

Le fil d’actualités court ainsi de l’arrivée des premiers hommes sur le territoire aujourd’hui français jusqu’à la création de Facebook en 2004. Le livre convoque personnages historiques et contemporains pour mieux jouer avec nos références, celles qui subsistent de nos apprentissages scolaires, et les codes de ce fameux réseau social.
Homo Sapiens vient de liker le mur de Lascaux. Jean-Paul Gaultier trouve que ça manque de rayures.

Et vous ?


Alors soyons honnête : je n’en attendais pas grand chose, mais j’ai quand même été déçue…
En fait ce qui m’étonne le plus c’est que ce livre ait été publié, et d’autant plus chez Puf, les Presses Universitaires de France.
Ca sent le délire d’universitaires… mais l’humour est décidément une notion très subjective : j’ai trouvé qu’en réalité ce n’est même pas drôle.
Et au final je ne sais même pas à quel public ça peut s’adresser : sans un minimum de culture générale et de références historiques solides, on passe à côté allègrement. Mais même quand on comprend les références, c’est… plat. Bof bof.

Dans le tas, il y a bien 2 ou 3 faux statuts qui font sourire, mais c’est bien tout…
Malgré la page au début de chaque période qui retrace quelques grands moments pour remettre dans le contexte, on passe les années à toute vitesse, c’est très expéditif, on reste sur notre faim, c’est très incomplet et les rares évènements « parodiés » ne ressortent pas de manière mémorable…
A force, c’est beaucoup trop anecdotique et lapidaire pour que ça aie un quelconque intérêt.

Il faut dire qu’à la base, faire un livre humoristique est déjà une sacrée difficulté, surtout basé exclusivement sur un concept comme celui-là. Le défi n’a clairement pas été relevé, et pourtant il pouvait bien y avoir un certain potentiel, mais il est tombé à plat. L’énumération de faits historiques couvrant deux millions d’années en 160 pages, même en « format Facebook », ça ne passe pas…

Malgré tout, comme je le disais, certains gags font sourire.
A mes yeux c’est l’ensemble qui ne valait pas d’être édité et commercialisé.

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C’était une mauvaise pioche, tant pis !
Je n’en reste pas moins reconnaissante envers les éditions Puf (Presses universitaires de France) et l’opération Masse Critique de Babelio qui m’ont permis de m’en rendre compte

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[BD] Hommes à la mer : huit nouvelles librement adaptées (Riff Reb’s)

Je m’intéressais à Riff Reb’s depuis que Solenne en parle sur son adaptation du Loup des mers de Jack London… Grâce à l’opération « La BD fait son festival sur Priceminister », j’ai pu avoir entre les mains le troisième opus de sa série d’adaptations de textes maritimes et fantastiques.

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Et je l’ai beaucoup aimé.

Les huit textes sont finement choisis, par des auteurs phares voire incontournables tels que W. H. Hodgson, Stevenson, Pierre Mac Orlan ou E.A. Poe, à travers des textes très judicieux et pertinents ; et ils sont très bien traités.

En quelques pages (à peine une petite dizaine) l’histoire est capturée, saisie sur le vif, offerte en pleine immersion vivante et captivante… Ce sont de parfaites bulles, intenses et complètes, des condensés très réussis.

Pour couronner le tout, des extraits d’autres oeuvres illustrés en pleine double page s’intercalent entre chaque histoire, pour prolonger une atmosphère et entrouvrir d’autres horizons.

J’ai particulièrement aimé celui du Vaisseau des morts (de B. Traven) :

« Morituri te salutant ! Les modernes gladiateurs te saluent, nouveau César, ô Capitalisme ! Nous sommes prêts à mourir pour toi, pour la très sainte et Glorieuse Compagnie d’assurance. Ô temps ! Ô moeurs ! Jadis, quand les gladiateurs, la cuirasse étincelante, entraient dans l’arène, fanfares et cymbales éclataient.
[…] Mais nous, les gladiateurs modernes, nous crevons dans la crasse, […] sans fanfare, sans beautés souriantes, sans applaudissements. »

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Les histoires ont toutes quelque chose de sombre et tourmenté, et pourtant sont assez diverses. Riff Reb’s y explore différents styles, mais son empreinte est partout,  il maîtrise toutes les ambiances – et c’est magnifique.

Rien que sur la page d’introduction, le ton est donné…

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On ouvre sur Les chevaux marins (de W.H. Hodgson), avec la fascination morbide d’un p’tit gars pour ces créatures du fond des mers que chevauchent les âmes des morts, au point de faire regretter à son grand-père de lui avoir raconté ces histoires…

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Avec La chiourme (de Pierre Mac Orlan), c’est la vengeance des galériens « dressés » pour recevoir une jolie dame de la haute’ en visite. A trop étaler raffinement et richesses, ce n’est pas forcément l’admiration que l’on suscite chez les gars de la chiourme… Et face à la mer, ne sont pas égaux ceux qu’on croit.

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Dans Le grand sud (P. Mac Orlan), c’est au Pôle que l’humain est rendu à sa proportion de fourmi impuissante face aux forces implacables de Mère Nature, réduit à son destin inexorable…

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Les trois gabelous (M. Schwob), c’est une histoire de surnaturel et de tafia des morts, en forme de légende aux mirages macabres comme je les aime depuis quelques lectures adolescente de contes bretons.

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Un sourire (de la fortune) (Joseph Conrad), c’est le requiem d’un marin en escale, qui explore la condition et la vie si rude de ces hommes qui sont entièrement voués à la mer, volontairement ou non.

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Mon plus gros coup de coeur va pour Le naufrage (R.L. Stevenson), ou le malheur d’un équipage d’avoir un philosophe pour capitaine. C’est ubuesque et délicieusement loufoque.

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 Avec Une descente dans le maëlstrom, on a carrément l’auteur lui-même en guest-star, puisque c’est du Edgar Allan Poe qui comme à son habitude se met en scène dans sa narration.
Et c’est du bon Poe, qui dramatise et exacerbe les tourments de l’esprit, dans une situation et un cadre qui donnent la pleine puissance à son sombre romantisme. Reb’s aussi y déploie tout son talent…

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Enfin, Le dernier voyage du Shamraken (W.H. Hodgson) nous laisse sur la traversée ultime d’un sympathique équipage de vieillards bougons, tout en nostalgie et en poésie.

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Au final, c’est un bien bel ouvrage que voilà, partant sur le concept toujours intéressant d’adapter du littéraire par du graphique, et il y excelle par une forte symbiose entre la justesse de sélection et la puissance même des textes, et leurs interprétations magistrales.

* * *

Cette belle lecture m’a été permise par l’opération « La BD fait son Festival sur PriceMinister », qui demande une notation pour mieux qualifier l’expérience de lecture, dans ce cadre je lui donnerais donc un honorable 18/20.

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Fondant aux dattes et pomme (par mixer)

 Un paquet de dattes qui traîne, une pomme esseulée…

Allez hop, une recette sur 750g.com, quelques ajustements et une session mixer, et voilà un nouveau miam de Mamie Tortoise !

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Ingrédients :

– 250g de dattes
– 250 ml d’eau
– 1 cc de bicarbonate de soude
– 150g de sucre
– 60g de beurre
– 2 oeufs
– 150g de farine
– 1 pomme

* Commencer par faire bouillir l’eau (très rapide au micro-ondes ou à la bouilloire).

* Dans le bol du mixer, verser l’eau, les dattes dénoyautées et la bicarbonate de soude. Mixer.
(attention aux projections, c’est la partie la plus délicate de la recette, il vaut mieux bien maîtriser son robot.)

* Ajouter le beurre (coupé en cubes et/ou ramolli, ou l’équivalent en margarine) et le sucre, mixer.

* Ajouter les oeufs, puis une partie de la farine, mixer.

* Peler la pomme, la couper en tranches et les ajouter en petits bouts. Compléter avec le reste de farine. Mixer.

* Mixer encore.

* Préchauffer le four à 200°C.

* Préparer le moule selon sa préférence (fond et bords beurrés/farinés, recouverts de papier cuisson, moule en métal anti-adhésif ou en silicone…), y verser le contenu du bol mixé.

* Laisser cuire pendant environ 40 mn, toujours à 200°C.

Et voilà, un fondant très moelleux au bon goût sucré et fruité : la pomme bien dosée complète parfaitement la datte, pour alléger le coté « lourd » en le relevant d’un tout petit côté acidulé.

J’avoue avoir eu quelques doutes au sujet de cette pomme, mais je ne regrette absolument pas d’avoir intégré cette pauvre orpheline, bien au contraire !

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Et ça peut aussi faire une variante des figuins, cette spécialité si spécifique du Disque-monde, pour les connaisseurs

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Chapeau noir (Sir Terry Pratchett)

Après le borsalino vert, c’est le chapeau noir.

Sir Terry Pratchett, à 66 ans, s’en est allé ce jeudi 12 mars, bien installé chez lui entouré de ses proches et son chat selon son choix, défendant un de ses combats jusqu’au bout, comme un dernier bras d’honneur à l’Enquiquinement qui parasitait sa vie ces dernières années.

On a beau s’y attendre, ça arrive toujours trop tôt…

Je n’ai pas de mots tellement cet homme et son oeuvre font partie intégrante de ma vie et ont de l’importance dans ce que je suis.

J’aurais pourtant beaucoup à dire, et un peu de quoi raconter, mais je ne peux pas.

A nouveau, je trouve un peu de réconfort dans la déferlante de réactions et d’hommages qui s’est levée en un rien de temps, et retrouver quelques amis dans le froid d’un parc parisien autant que les toasts portés ici et là en pensées communes m’ont fait chaud au coeur.

« La Tortue Se Meut. »

Mini gâteaux au café

Une subite envie de gâteaux au café, encore des fonds de placard et de frigo, une recette assez approchante de ce que j’avais en tête, et me voilà repartie à l’aventure !

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Ingrédients :

– 2 oeufs
– 60 g de beurre
– 250 g de pâte d’amandes

– 200 g de farine
– une pincée de bicarbonate de soude
– 2 cs de café soluble dans 3/4 d’un verre (env. 10 cl) de lait
– 2 cs de cappuccino vanille dans 3/4 d’un verre de lait
– une poignée de raisins secs macérés dans un peu de rhum

* Dans un saladier, battre les oeufs et le beurre fondu.

* Couper la pâte d’amandes en fins morceaux, et l’incorporer avec l’aide d’un mixer/batteur.

* Ajouter la moitié de la farine et bien mélanger, sans hésiter à utiliser encore le mixer/batteur.

* Dans un verre rempli aux trois quarts de lait, mélanger deux cuillères à soupe de café soluble, et incorporer le tout à la pâte.

* Ajouter le reste de farine, et renouveler les trois quarts de verre de lait avec cette fois du cappuccino vanille en poudre.

* Ajouter enfin les raisins avec leur rhum, et bien mélanger une dernière fois, y compris avec le mixer/batteur.

* Verser la pâte dans des mini moules en silicone, en remplissant les empreintes aux trois quarts.

* Enfourner à four préchauffé à 180°C pendant 15 minutes.

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Dégustez ces petites gourmandises fortes en goût – et en gras ? mais c’est la vie, c’est bien connu ! 

Sablés anchois-gruyère par mixer

Parce que même si c’est un peu choisir la facilité, on peut aussi avoir besoin d’inspiration avec un robot mixer… Donc j’avais des anchois, et envie de rester dans les sablés.
La première recette trouvée fut la bonne, avec quelques adaptations de mon cru sinon c’est pas drôle :

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Ingrédients :

– 60 g de farine
    – 30 g de margarine
– 20 g de beurre salé (froid, en petits morceaux)
    – 30 g de gruyère râpé
    – 4 filets d’anchois à l’huile égouttés
    – trois pincées de poivre
– une pincée de bicarbonate de soude

* Tout mélanger au robot mixer, jusqu’à obtenir une boule de pâte.

* Laisser reposer environ 15 mn.

* Etaler la pâte au rouleau pour une épaisseur d’environ 1 mm, découper à l’emporte-pièce.

* Mettre au four préchauffé à 200°C, pendant à peu près 10 minutes.

Et grignoter à l’envi !

Biscuits sablés citron amande avec option confiture

Pour les sablés aussi, je suis en quête depuis quelques temps d’une recette qui permette de faire joujou avec mes emporte-pièces, tout en ayant vraiment du goût et un certain moelleux.

Je crois que je tiens quelque chose, avec cette recette adaptée d’un combo entre des biscuits citron-amandes (avec des mesures québecquoises à convertir grâce au génial outil de supertoinette.com) et des sablés amande à la confiture.

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Ingrédients :

– 80 g de sucre (blanc ou roux)
– 1 sachet de sucre vanillé
– une pincée de sel
– deux pincées de bicarbonate de soude (ou de levure chimique)
– 1 oeuf
– 190 g de farine
– 80 g de beurre
– 100 g de poudre d’amandes
– 8 cs de jus de citron
– option : confiture ou gelée de fruits
– option : vermicelles de sucre colorés
– option : colorants alimentaires

* Dans un saladier, battre les sucres, sel et bicarbonate avec l’oeuf, jusqu’à blanchir le mélange.
Incorporer la farine par petites quantités en mélangeant bien.
Ajouter le beurre fondu pour faciliter la tâche.
Incorporer la poudre d’amandes alternée avec le jus de citron.
Bien mélanger une dernière fois.

* Former la pâte en boule et la laisser reposer au moins une heure, à température ambiante ou au frigo (personnellement je préfère la première option quand il y a du beurre).

* Préchauffer le four à 200°C.

* Comme pour tout sablés, saupoudrer un peu de farine sur une surface plane et travailler la pâte.
Aplatir au rouleau sur une épaisseur d’environ 2 mm. Couper à l’emporte-pièces.

* Enfourner pendant 6 minutes (à 200°C donc).

** Option 1 : En passant le rouleau sur la pâte, saupoudrer de vermicelles de sucre colorés et/ou de colorant(s) alimentaire en poudre pour les incruster juste avant la découpe.
Déco psychédélique & « pimpée » garantie !

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** Option 2 : Sortir la confiture/gelée de fruits/etc (j’imagine que ça peut aussi marcher au Nutella, par exemple).
Jusque là j’ai fait avec de la gelée de groseille maison (le plus concluant !), de la confiture de châtaigne (pas mal non plus), et de la confiture de reines-claudes maison (ça ressort moins bien, mais ça reste sympa).

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Pour 1 biscuit, découper 2 pièces de la même forme. La première pièce sera le fond : étaler une noisette de confiture au milieu. La deuxième pièce va venir « l’encadrer », par une ouverture ménagée au milieu avec un couteau ou bien un emporte-pièce de la même forme mais nettement plus petit.
Poser cette deuxième pièce sur la première, en suivant bien la forme, pour constituer une sorte de deuxième couche qui va contenir et mettre en valeur la touche de confiture. Appuyer sur les bords de l’ensemble, autant sur le dessus que sur les côtés, pour unifier le tout.

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En tous cas, le citron-amande, je crois que ça va vraiment devenir ma base de sablés ! 

Mini donuts pommes-raisins

Puisqu’on était dans les crêpes, maintenant parlons donuts !

Oui oui, il y a une logique. C’est que voyez-vous, j’ai un appareil à mini-donuts.

Et les bases des recettes pour les donuts cuits avec cet appareil sont plus proches de la pâte à crêpes que de la pâte à beignets, qu’ils soient frits traditionnellement ou au four.

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Ca fait donc un certain temps que je fais régulièrement des mini-donuts, avec différents glaçages ou pas, ou des versions salées…

Mais cette fois-ci, j’étais à la recherche d’un goût qui change un peu, et j’avais des pommes à utiliser. J’ai arrêté mon choix sur une recette de donuts pomme-cannelle, que j’ai légèrement adaptée avec quelques improvisations de mon cru !

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Ingrédients :

– 150 g de farine
– 4 cs de sucre (blanc ou roux)
– une pincée de sel
– deux pincées de bicarbonate de soude (ou 1/2 sachet de levure chimique)
– 5 cs de poudre d’amande
– 3 oeufs
– 6 cs de lait
– 75 g de beurre
– 2 pommes (d’une variété au goût naturellement bien sucré, ça compte !)
– une poignée de raisins secs

* Mettre les raisins à tremper dans un peu de rhum allongé d’eau.

* Peler et couper la pomme en dés grossiers (ou petites allumettes). Si possible, les faire caraméliser à la poêle avec du beurre et du sucre.

* A ce moment-là ou un peu plus tard, sortir les raisins de leur bain, égoutter et mettre de côté (par exemple dans le même bol que les dés de pomme). Certes la macération est courte, mais il faudra que ces ingrédients ajoutent le moins de liquide possible.

* Dans un saladier, mélanger ensemble farine, sel, bicarbonate, et incorporer les oeufs.
(Dans certaines recettes de mini-donuts, on sépare les blancs qu’on monte en neige avant de les incorporer au reste, mais on peut s’en passer.)

* Incorporer peu à peu, selon le facilitage nécessaire, le sucre, le lait, la poudre d’amandes, et le beurre préalablement fondu.

* Ajouter enfin les dés de pomme et les raisins.

* Laisser reposer la pâte pendant une heure environ.

* Mettre l’appareil en marche, huiler légèrement les alvéoles. Verser la pâte sans remplir les empreintes à ras bord.
La cuisson dépend des appareils, mais on peut compter en moyenne 3 minutes de cuisson.
(Petite astuce pour attraper les donuts cuits sans risquer de se brûler les doigts ni de rayer le revêtement de l’appareil : utiliser des baguettes chinoises en bois, c’est pas mal)

A déguster chauds ou froids, nature ou avec une petite crème au chocolat blanc (mon pêché mignon), ou autre !
Il faut juste penser à attendre qu’ils aient refroidi pour leur mettre un glaçage, le cas échéant.

Tôt-fait aux pommes

Voui, j’enchaîne les articles de cuisine depuis que j’ai lancé cette nouvelle rubrique, mais c’est tellement plus rapide à faire que les autres chroniques…

On retourne donc à ce bouquin fétiche qu’est « Desserts en bandes dessinées », avec le tôt-fait aux pommes, qui m’a valu bien des prises de tête quand j’ai commencé à le faire ado (à mes yeux il n’a toujours eu du « tôt-fait » que le nom), mais qui m’a toujours récompensé par son combo ultime de moelleux et de croustillant !

Ca faisait longtemps que je n’en avais pas refait, et comme toujours, il se mérite mais il est à la hauteur de ses promesses

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Ingrédients :

– 300 g de farine
– 250 g de sucre
– 2 oeufs
– 1 cc de bicarbonate de soude (ou levure chimique)
– 2 cs de lait
– de 2 à 4 pommes

* Dans un saladier, commencer par battre les oeufs avec le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse.
Incorporer peu à peu la farine et le bicarbonate.
Ajouter le lait au fur et à mesure, pour aider au façonnage de la pâte (ça fait les muscles !). Ne pas hésiter à passer du temps à bien mélanger, et mélanger, et mélanger…

* Beurrer un moule (de préférence un rond à hauts bords, ça peut gonfler beaucoup à la cuisson).
Transférer à peu près les 2/3 de la pâte dans le moule (attention, elle est plus élastique que liquide donc difficilement malléable).

* Préchauffer le four à 220°C (ou au milieu de l’étape suivante des pommes si vous avez des gènes de tortue comme moi ).

* Préparer les pommes, coupées en fines tranches aussitôt disposées sur tout la surface de la pâte déjà mise dans le moule (un peu comme pour une tarte). C’est là que vous déterminez combien de pommes vous mettez, en fonction de la taille de votre moule. Il faut qu’il y en ait une couche abondante, mais aussi que le restant de pâte puisse ensuite tout recouvrir, sans laisser trop d’espace sur les côtés dans l’épaisseur du moule (je ne sais pas si je suis claire?).

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(oui, j’aime mon plat-cercueil)

* Terminer donc par répartir le reste de la pâte sur toute la surface du moule, avec un soin particulier pour colmater les bords.

* Saupoudrer de sucre toute la surface, généreusement, voire très généreusement si vous voulez encore plus de croustillant.

* Enfourner pendant 35 mn, d’abord à 220°C les 5 premières minutes, puis à 200°C pour tout le reste de la cuisson.

* Eventuellement démouler, mais surtout laisser refroidir… A sa sortie du four, il n’est pas à son meilleur.

Une fois tiède, savourez, mais veillez à en garder pour plus tard ! Quand il aura eu le temps de se reposer à froid et qu’il se sera « resaisi », comme « rassis », il sera au top du top.

Crêpes deux versions

Avec la Chandeleur arrive le meilleur prétexte pour faire des crêpes, même si personnellement rien ne me ravit mieux qu’une simple crêpe au sucre toute bête à n’importe quel moment de l’année

C’est aussi une des premières recettes que j’aie appris à faire de ma vie (même si la cuisson est venue plus laborieusement) – et pour ça, attention les yeux ! Ma recette est tirée de la merveilleuse antiquité hautement kitchouille qu’est « Desserts en bandes dessinées »

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***
Commençons donc par ma recette de base:

*** Crêpes nature ***

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Ingrédients :

– 200 g farine
– 1 cs sucre poudre
– 2 sachets sucre vanillé
– une pincée de sel
– 2 cs de bicarbonate de soude
– 4 oeufs
– 3 cs huile
– 15 cl de lait (note :  équivaut à 10 cs)
– 15 cl d’eau
– 4 cs de rhum
– bonus : + 2 cs de rhum et 2 cs de sirop d’érable

* Dans un saladier, mélanger la farine, les sucres et la bicarbonate de soude.
Creuser un puits, y casser les oeufs et commencer à les battre puis les incorporer. Ajouter peu à peu l’huile et les différents liquides.

* Laisser reposer quelques heures (dans l’idéal une nuit).

* Re-mélanger la pâte, l’allonger d’eau autant que nécessaire (pas trop non plus pour éviter « l’effet carton »).

* Cuire à la crêpière ou à la poêle (là, démerdez-vous… ^^), et dégustez !

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(YOM YOM !)

A noter que j’ai déjà testé des adaptations sans oeufs pour les allergiques, en remplaçant les oeufs et l’huile par du beurre, en gros. Mais je n’ai pas encore trouvé la bonne texture assez liquide, allongée mais pas trop, pour éviter des plaques sèches et cassantes par endroits, « l’effet carton ».

* * *
C’est aussi un souci que j’ai retrouvé récemment avec les crêpes que j’ai voulu faire pour finir d’écouler mon lait d’amandes (et en réalisant trop tard que je n’avais vraiment plus beaucoup de farine, et vraiment plus assez d’oeufs ). Mais c’était quand même gérable, ma foi, en tous cas ça s’est très bien mangé ! 

*** Crêpes au lait d’amandes ***

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Ingrédients :

– 150 g de farine
– 3 cs de sucre en poudre
– 3 cs de cassonnade
– 1 sachet de sucre vanillé
– Une pincée de sel
– 2 cs de bicarbonate
– 2 oeufs
– 135 g de beurre
– 25 cl de lait d’amande
– 15 cl d’eau (parfumée au lait d’amande)
– 4 cs de rhum

* Dans un saladier, mélanger la farine, le sel et le bicarbonate. Ajouter les oeufs, commencer à incorporer.
Faire fondre le beurre (90 secondes au micro-ondes), l’ajouter pour aider à tout incorporer.
En profiter pour ajouter les sucres.
Liquidifier encore avec le lait, l’eau (qui sert aussi à rincer la brique de lait d’amandes) et le rhum.

* Laisser reposer une petite heure, à température ambiante (pour éviter que le beurre ne se reforme en caillots).

* Reprendre la pâte, rajouter un peu d’eau pour obtenir une pâte vraiment fluide.

* Cuire à la crêpière ou à la poêle (démerdez-vous là ausi ^^), et voilà !

Le goût du lait d’amandes est vraiment un petit plus qui change agréablement.
A noter que HyiHyil en a garni une de bacon et fromage, réchauffée brièvement au micro-ondes, et c’était pas mauvais du tout !

* * *

J’ai aussi voulu faire des crêpes aux pommes, mais ça n’a pas été une réussite… Au lieu de simplement adapter ma recette de base, j’ai voulu chercher une recette spécifique sur le web, et celle que j’ai retenu était clairement mauvaise : plein de grumeaux à rattraper (vive le batteur électrique !), et une galère innommable pour la cuisson.

Heureusement ça reste mangeable, mais c’est bien tout. Je n’irai donc pas plus loin dans cette voie, ou peut-être juste un mini test avec une partie de ma pâte habituelle quand une prochaine occasion se présentera !

Petits cakes châtaigne-raisins

Et hop, encore des ingrédients à utiliser rapidement… Cette fois, une briquette de lait d’avoine/amande/châtaigne, et un peu d’une grosse brique de lait d’amande à descendre au plus vite.

Sans ce caractère d’urgence, j’ai aussi un paquet de farine de châtaigne dans le fond de placard.

Après pas mal de recherches (notamment pour limiter la quantité d’oeufs, histoire de ne pas tout y passer), j’ai fini par porter mon choix sur cette recette de 750g.com, très librement adaptée comme ceci :

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Ingrédients :

– 20 cl de lait d’avoine/amande/châtaigne
[au lieu de 2 pots de yaourt nature]
– 150 g de farine de châtaigne et 150 g de farine de blé
[au lieu de 3 pots de farine]
– 50 g de sucre de canne et 50 g de sucre blanc
[au lieu de 1 pot de mascobado]
– 100 g de beurre
– 3 oeufs
– 1 cc de bicarbonate de soude
(ou 1/2 sachet de levure chimique)
– 10 cl de lait d’avoine
– 60 g de poudre de noisette
[au lieu de 100 g de poudre d’amandes]
– deux poignées d’amandes effilées
– une poignée de raisins secs

* Dans un saladier, verser la briquette de lait d’avoine/amande/châtaigne.
Mélanger en incorporant progressivement les farines.
Pour plus de maniabilité, incorporer dès cet instant les oeufs.
Continuer à bien battre la pâte, et ajouter le sucre.
Liquidifier en ajoutant le beurre préalablement fondu (90″ au micro-ondes).
Incorporer la poudre de noisette et le bicarbonate de soude.
Ajouter les derniers 10 cl de lait d’amande.
Prendre le temps de bien battre la pâte une dernière fois, et incorporer les amandes effilées et les raisins secs
(en bonus : les avoir d’abord mis à tremper un moment, ne serait-ce que juste au début de la recette, par exemple en les recouvrant d’eau dans une tasse, avec 1 cc de rhum et 1 cc de sirop d’érable).

* Verser dans des mini moules à cakes (j’ai utilisé les miens en silicone), sans remplir à ras bords parce que ça va bien gonfler !

* Mettre au four préchauffé à 200°C pendant environ 40 mn.

* Laisser reposer au moins quelques instants après le démoulage.

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C’est très moelleux quand c’est encore frais, et les raisins y contribuent beaucoup même après quelques temps quand ça commence à être plus sec.
Selon les quantités et la taille des moules on peut quand même les trouver assez bourratifs, et mieux vaut ne pas les laisser traîner plus de quelques jours !

Petits chaussons au thon moutarde et bolognaise

J’avais dans le frigo un fond de bouteille de sauce bolognaise à finir avant qu’elle se perde, et un rouleau de pâte brisée toute faite à la date légèrement dépassée – mais jamais ouverte, donc potentiellement juste un peu collante mais encore bonne.

De tous les usages qu’on peut faire de ces pâtes toutes prêtes, ces derniers temps je suis plutôt fan des chaussons.

La dernière fois que j’en avais fait, c’était justement avec un peu de cette bolognaise et je ne sais plus quoi d’autre, et j’avais remarqué que les oignons de la sauce ressortaient particulièrement bien de cette façon, obtenant un goût presque caramélisés.

Un retour récent aux chips moutarde a fait le reste, et je me suis lancée en improvisation totale pour ces petits chaussons au thon moutarde/bolo :

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Ingrédients :

– 1 pâte brisée
– un peu de sauce bolognaise
– bonus : oignons frits en brisures
– environ 12cl de crème fraîche liquide
– 3 cc de moutarde
– 1 boîte de thon (sans huile)
– une bonne poignée de raisins secs
– 1 oeuf (jaune seul, ou entier battu)

* Dans un bol, verser la crème, émietter le thon, et incorporer la moutarde. Bien mélanger, et ajouter les raisins secs.
Le mélange doit être ni trop liquide ni trop sec : le thon bien imbibé, mais pas trop noyé/nageant.

* Etaler la pâte à plat, déterminer des parts grossières, de préférence en forme de carrés, ou sinon en larges demi-cercles.
Etaler de l’oeuf tout le long des bords de ces parts.
Etaler une fine couche de sauce bolognaise sur la surface restante de chaque part. Saupoudrer de brisures d’oignons frits en bonus.
Poser de généreuses cuillerées du mélange au thon au milieu.
Replier les bords de pâte sur le dessus pour former un chausson fermé, étaler dessus le reste d’oeuf.

* Passer au four préchauffé, à 180°C pendant environ 40mn

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Un régal trop vite englouti
(et j’ai du rab du mélange de thon/crème/moutarde, qui va finir dans un riz)

Nouvelle rubrique : cooking ideas

Bon ben voilà, ça me trotte dans la tête depuis un moment, puisque je me suis mise à passer plus de temps dans la popote, et que j’ai toujours été admirative du côté cuisine de certaines de mes blogueuses préférées, comme les Morues Toquées ou la Carotte est cuite

Alors finalement je tente, je rajoute cette branche aux nombreuses ramures de ToTiTree.

Mais attention, hein, sans prétention aucune !

Rien d’élaboré, je ne fais pas de grande cuisine, à vrai dire c’est surtout du fond de frigo et de placards avec tendance anti-gaspi. Et si je peux en profiter pour laisser sortir mon grain et faire un brin original, je le fais. Je peux être aventurière, oser tenter des mélanges improbables… Pour le meilleur et pour le pire !

 Très souvent aussi, j’adapte des recettes déjà existantes trouvées sur le web (je citerai toujours mes sources le cas échéant) en fonction de mes ingrédients disponibles et des p’tites folies qui me passent par la tête.

Mon but n’est donc pas de fournir un panorama exhaustif de recettes inédites, mais plutôt de partager en instantanés mes idées du moment, au gré de mes envies et de mes expérimentations !

Avant-première du film Noob 1 au Grand Rex (11/01/15)

En ce dimanche de début d’année, dans un climat assez tendu après l’attentat terroriste contre Charlie Hebdo et ses suites, HyiHyil et moi nous avons suivi le flot des manifestants le temps de nous rendre au Grand Rex, pour profiter d’un évènement culturel de la plus haute importance (ou pas) : l’avant-première du long-métrage de Noob !

Après une campagne de crowdfunding particulièrement réussie et soutenue, cette bonne websérie démarrée en amateur sur le domaine des mmorpgs et leurs gamers présentait finalement le premier volet de son adaptation en film.

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Dans un premier temps, nous avons atteint le hall du Grand Rex, que je découvrais – et c’est bête à dire, mais j’adore leurs plafonds. 

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La boutique de produits dérivés officiels de la série était là, ainsi qu’une (très) petite exposition sur les adaptations BD de Noob et le tournage du film en Haute-Normandie.

Quelques personnalités de la série venaient de temps en temps dans la foule pour se proposer au jeu des dédicaces, ce qui nous a permis d’approcher brièvement Sparadrap, Kubi, JBX, Spectre…

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(à noter : en haut à gauche, le magnifique « caca de Sparadrap » qui redémarrait son stylo)

Apparemment il y avait aussi un jeu de piste en cours, organisé par JBX, mais aucune info n’était indiquée là-dessus.
L’ensemble de ce moment était plutôt confus, jusqu’à ce que le hall soit évacué pour permettre une petite pause restauration et reformer les files d’attente sur le trottoir.

Quand on est arrivés à nos places réservées, on a eu le plaisir de découvrir des petits sacs cadeaux, contenant notamment un billet de la monnaie ayant cours sur Olydri, le monde virtuel de Horizon, le jeu pratiqué dans la série. Et aussi diverses réductions chez des partenaires, un badge d’une des trois factions jouées dans le jeu…

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En réservant son billet, on choisissait d’ailleurs sa faction, et il était chaudement recommandé de s’habiller selon un code couleur lié à ces factions.
Le public formait ainsi trois sections représentatives de la série – jaune pour l’Empire, vert pour l’Ordre, rouge pour la Coalition – dotées de leurs propres slogans à répondre aux cris de ralliement, ce qui donnait un beau dynamisme général et une certaine réactivité entre les rangs et la scène.

La soirée s’est ouverte sur une première partie très interactive, avec une sorte d’épisode spécial joué en live, avec la participation du public.
Des séquences filmées ou des décors de la BD projetés en direct sur le grand écran, enchaînées avec des développements joués sur scène, qui amenaient des « épreuves » impliquant le pubic : une pluie de billets à collecter, des enchères à mener pour équiper les factions, une partie de « Danse avec les Noob »…

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(nous étions de la Coalition, les grands perdants de ces avant-premières – c’est ça, de jouer la Destruction…)

C’était très vivant, très transmedia, très fidèle à la série et dans la droite ligne de son esprit créatif et « RP » (roleplay, immersif/réaliste).

Sans en vivre professionnellement, les acteurs de la série sont d’un niveau tout à fait honorable et occupent la scène avec brio.

Dans la foulée de l’entracte, on a été régalés de quelques fausses pubs, avant la diffusion du film Noob en avant-première, comme la veille.

http://www.youtube.com/watch?v=TgtixdI4IOk

http://www.youtube.com/watch?v=Ihkz9znxHIY

http://www.youtube.com/watch?v=NIgocD_j2uA

Le film en lui-même est à l’image de la série : trés référencé gamer mais appréciable même sans pratiquer (ou alors c’est juste moi qui baigne un peu trop dedans sans en être), avec quelques longueurs liées à la mise en place de l’univers et d’une intrigue faite de complots et luttes de pouvoirs complexes, mais surtout beaucoup d’humour, de classe, de bonnes idées, d’inventivité et de spontanéité.

http://www.youtube.com/watch?v=BB2mT62LMoM

Aussitôt après la fin de la projection, le 2° entracte a été zappé et toute l’équipe de Noob s’est réunie sur scène, pour parler de la genèse du film, raconter des anecdotes de tournage, et faire le point sur cette grande aventure, les autres projets à venir et le chemin parcouru, jusqu’au film lui-même.

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Au final, on a bien rigolé et ça nous a permis d’oublier le reste pendant un moment – avec pourtant quelques rappels au terrorisme récent et à la cause de la manifestation du jour, par quelques allusions à la liberté glissées ça et là ; et c’était un beau moment pour nous qui aimons la série. happy

[BD] Zone Blanche (Jean-Claude Denis)

Difficile de parler de cette BD sans trop en dévoiler. Mais c’est encore une belle découverte…

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De nos jours (ou dans un futur très proche), les technologies utilisant les ondes électro-magnétiques sont omniprésentes, ce qui soulève de temps à autres des questionnements sur l’impact sanitaire – on le retrouve ici avec Serge Guérin, qui y est hypersensible et souffre donc de divers troubles très handicapants au quotidien.
Il vit seul avec son chat, tâchant de se protéger autant que possible…

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Cet état de fait soulève aussi une ultra-dépendance à l’énergie électrique, qui entraîne bien des désagréments en chaîne quand elle vient à manquer de manière imprévue, comme ici avec une panne générale qui paralyse tout un quartier parisien.

Serge Guérin, dans l’impossibilité d’utiliser son interphone pour rentrer chez lui, se rend à l’hôtel voisin, où il rencontre une autre « réfugiée » de la panne d’électricité.

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Ils s’entendent facilement, se comprennent, sympathisent. Un point commun les réunit surtout : ils gardent chacun une vieille rancune tenace pour des voyous qui ont abusé d’eux…

Une chose en amenant une autre, l’idée de s’échanger leurs « cibles », et donc leurs alibis et leurs mobiles, va se faire jour et les lier très intimement, dans ce contexte extraordinaire particulièrement propice aux pactes que la raison réprouve.

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Le plan paraît parfait et idéal, et le point de non-retour est déjà dépassé… Mais ça ne va (bien sûr) pas se passer entièrement comme prévu.

Quand le doute survient pour Serge Guérin, lui assénant la trahison ultime, il va passer un dernier cap.

Pour que ce soit bien la dernière fois qu’il se fasse berner, pour régler ses problèmes lui-même, et pour atteindre son dernier espoir : la zone blanche, le territoire vierge de toute activité électromagnétique où tous ses soucis disparaîtront.
(J’ai d’ailleurs cru remarquer des clins d’oeil, un jeu lexical, sur cette notion de zone blanche, tout au long de la lecture… comme cette allusion aux pages blanches de France Telecom pendant l’enquête policière.)

Parasité comme il l’est, toute réflexion lui est difficile, mais les souvenirs et associations d’idées qui lui tournent dans la tête vont aussi lui apporter la solution finale…

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Ingénieuse et retorse, elle lui ouvrira aussi le paradis fantasmé de la zone blanche, éternelle et pure.

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L’ensemble est très beau, et empreint de poésie, à la fois d’un point de vue visuel et littéraire.
C’est une belle histoire, si je peux dire ça d’une histoire criminelle, mais c’est surtout une histoire humaine… 
Avec une indéniable critique sociale sous-jacente. 

Peyr de la Fièretaillade, 1 : Marilyn Monroe et les samouraïs du père Noël (Pierre Stolze)

Forcément, un vieux poche brocanté bien kitch mais néanmoins classe (Caza oblige) avec un titre pareil, ça ne pouvait que m’attirer !
La lecture fut une expérience de longue haleine, déroutante et à oscillations variables.

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En ces temps de voyages supraluminiques, la tension règne entre les mondes de l’espace. C’est que dans cet univers de haute technologie, bien des inconnues demeurent, génératrices de conflits…

     Il y a cette planète oubliée, Echo, où seuls ont le droit de vivre des enfants, protégés par des guerriers inconnus… Il y a, à bord d’un vaisseau spatial, l’épouse de l’ambassadeur du Cercle Callimaque qui semble la réincarnation de Marilyn Monroe… Il y a des samouraïs, plusieurs fois centenaires et bien vivants… Et survolant ces mondes, un homme à barbe blanche et houppelande rouge…
     Quel lien y a-t-il entre tous ces mystères ?
*


Après une sorte de prologue plutôt mystérieux et déjà étonnant, le dépaysement s’installe avec le personnage principal de cette histoire : Peyr de la Fièretaillade, détective atypique s’il en est, fin gastronome et oenologue à ses heures, profitant d’une vie simple sur son petit satellite qui ne paye pas de mine.
La scène de son embauche pour cette aventure pose tout de suite le décor, très futuriste et décalé, un petit ovni de littérature SF…

*
« Je travaillais avec ardeur dans un carré de fraisiers, lorsque Joe le robot surgit inopinément.
– Bip ! grinça-t-il de sa voix métallique et asexuée. L’ambassadeur général du Cercle Callimaque, Son Excellence Gontran de Croix-de-Vie, désire s’entretenir incontinent avec l’instigateur Peyr de la Fièretaillade. Bip !
– Et merde ! me dis-je in petto. Pas moyen de jardiner tranquillement. »
*

D’un côté, on a le robot, le vaisseau, les planètes, l’organisation galactique : de la sf tout ce qu’il y a de plus classique. De l’autre, le côté « ours » du détective retiré du monde entre deux missions, occupé par son hobby et parlant un langage familier : un classique du polar aussi – mais le mélange de ces deux registres n’est (me semble-t-il) pas si courant (du moins à ce point-là).

Arrive alors la dimension politique, avec toutes les circonvolutions de la diplomatie et ses chemins détournés pour mettre le limier sur la voie d’une mission dont il aura beaucoup à découvrir avant même de chercher à l’élucider.

C’est donc après avoir devisé de manière fort policée au sujet d’une antiquité perse, entre gens de bon goût, que Peyr déduit qu’il est à la recherche du Prince Gandalf IV, héritier du trône disparu dans des conditions mystérieuses quelques longues années auparavant…

Après les intrigues de pouvoir et la séduction à bord du vaisseau Bagatelle, il va devoir affronter la rusticité d’une vallée ressemblant en tous points à la Mongolie terrienne (qui relève de la préhistoire oubliée, dans cet univers futuriste), un guide borné, un maître zen bien plus futé et plus puissant qu’il n’y paraît, un long voyage en caravane, un mélange ahurissant et totalement anarchique de répliques de civilisations terriennes anachroniques, et toutes les incongruités d’une planète inconnue…

Tout en s’efforçant de démêler la vérité et une situation inextricable.

On y croise Attila doté d’un oeil bionique, des dinosaures parachutés dans l’espace, une gamine aux allures de princesse Disney, un char d’assaut allemand télékinésié par des bambins dans une Pompéï-des-sables, des samouraïs domestiques, des portes spatio-temporelles, et surtout, enfin, le Père Noël qui tire bien des ficelles derrière tout ça.

Le dénouement est à la fois intelligent et satisfaisant, inattendu d’une certaine manière, et insolite jusqu’au bout, avec une totale réinterprétation du mythe du père Noël…

Car oui, au final, si tous les éléments du titre sont au moins évoqués, on se demande longtemps ce qu’ils viennent faire dans cette histoire et en quoi ils sont importants au point d’être dans le titre – mais après la dernière page tout prend son sens, qui effectivement justifie bien une telle importance !

Pour conclure, je dirais donc qu’il y a quand même certaines longueurs, voire lourdeurs, notamment dues à un style très verbeux et élaboré – ce qui dénote aussi une écriture très documentée et ultra-référencée bien appréciable, et remarquablement riche !
Et ce complet mélange des genres bourré d’insolite est tout à fait réussi.

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* Le coin des citations *
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« Yeshe-Ö lisait-il dans les esprits? La réponse fut immédiate :
– Pas toujours clairement. Surtout en ce qui te concerne. Tourbillonne en ta tête et ton coeur un tel maelström de questions brûlantes, de désirs ardents, et d’inclinations sans objet qu’il m’est bien difficile de faire le tri dans ce charivari incessant.
Il se pencha en avant et, échine cassée, me tapota l’épaule. Me regardant droit dans les yeux il m’avoua, après un petit rire taquin :
– Au fond, ce que j’apprécie vraiment en toi, c’est que tu m’apprécies.
(…) Vrai, ce vieillard me plaisait : il en émanait une telle bonne humeur mêlée à une telle sérénité que j’avais l’impression de baigner au bord de ce que, faute de mieux, je nommerais ‘sainteté’. Et je découvrais, avec un effarement quasi religieux, que la sainteté ne pouvait s’épanouir que dans l’entrain et la jovialité. »
* *
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* Ce qui est bien, aussi, dans ce roman, c’est qu’on sait ce qu’on y mange et ça sent le gourmet connaisseur :

« J’étais tellement absorbé par ce que contenait mon assiette, concentré sur ce qui descendait délicieusement dans mon ventre, que je dus me sermonner afin de prêter attention au rapport de Lobsang. »
* *
*
« – Le commerce va donc péricliter rapidement et Koutcha risque de connaître une grave période de crise. A moins qu’elle ne possède une armée assez puissante pour protéger les caravanes.
– Les habitants de Koutcha ignorent la conscription, se sont toujours moqués des armes et de la stratégie militaire pour n’avoir jamais su ce qu’était la guerre. Si le mot ‘guerre’ existe encore, il a perdu toute signification précise, ne désignant plus qu’une farce très ancienne, un mythe cruel et mystérieux. »
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« J’admirais le dévouement des cavaliers de K’in. Rien ne paraissait les affecter : vers midi, un peu avant la halte, alors que leurs armures surchauffées, qu’ils ne quittaient jamais, se transformaient en chaudrons ardents dans lesquels marinaient et cuisaient les corps, ils ne relâchaient en aucune manière leur surveillance rigoureuse de la lente théorie des chameaux, accomplissant toujours le même ballet, les mêmes relèves de poste. »
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« Moi-même, j’éprouvais les pires difficultés à bien réaliser la situation, à vraiment coller à la réalité. Je cherchais à refouler un sentiment d’étrangeté, comme si tout ce qui m’entourait n’était que toc, décor pompeux, aménagement factice, assemblage délirant d’éléments disparates. Car quoi ! Comment croire en un samouraï installé dans une villa romaine au fin fond du désert d’une planète interdite ? Derrière le crâne à moitié rasé, au-dessus du chignon huileux, se creusait la perspective trop soignée, trop régulière d’une multitude de colonnes ioniennes, entre lesquelles jouaient lumière dorée et plantes verdoyantes. »
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« Ma pensée… Quelle pensée ? Un point minuscule, concentré, plus gravitique qu’un trou noir, et qui filait, ahurissant et multiplié, encore arrêté devant la porte Noire du temple de Jupiter et déjà arrivé dans l’antre du Père Noël, et à l’intérieur d’une pyramide égyptienne, et au fond d’une cave d’une résidence secondaire normande, et au creux d’un repli rocheux d’une grotte de l’archipel nippon, à la fois présent lors de la naissance de l’univers, observant les lendemains chanteurs de la fin des temps, et immobile dans un hic et nunc qui était aussi un ailleurs et demain, un partout et un hier. »
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[LDVH] Défis Fantastiques N23 : Le sang des zombies (Ian Livingstone)

Les LDVH (ou ldvelh), ou Livres Dont VOUS Êtes Le Héros, c’est une bonne partie de mon adolescence dont je garde un souvenir ému et reconnaissant.
A défaut d’entrer vraiment dans le JDR (jeu de rôle) sur table etc, ça a été une sorte d’initiation à ce concept général, qui a beaucoup occupé mes longues journées de collégienne/lycéenne seule et timide en fond de cambrousse…
Bien sûr, ce n’était pas pareil, et les ldvh ont aussi leurs défauts, mais je leur conserve bien évidemment une affection toute particulière !

J’avais fini par accumuler une collection honorable, dont je ne me suis jamais séparée, et que j’ai commencé à reprendre et étoffer il y a 2 ou 3 ans.

Sur ce, un renouveau s’est produit dans le domaine : tous les titres existants ont fait l’objet d’une nouvelle réédition mise à neuf chez Gallimard, et des inédits ont commencé à arriver !

J’ai donc tâté des nouveaux, toujours dans la série Défis Fantastiques – la grande classique de Ian Livingstone et Steve Jackson (mais sans ce 2° pour cet opus inaugurant la nouvelle génération) – avec Le Sang des Zombies.
Un de mes thèmes de prédilection, ça pouvait pas tomber mieux.

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Brillant étudiant en mythologie, vous ne vous attendiez certainement pas à passer des vacances, que vous aviez imaginé studieuses, dans un château perdu au fin fond de la Transylvanie, à la merci de hordes de Zombies.
Et pourtant vous voilà maintenant menant une chasse effrénée à ces créatures, œuvres de l’immonde Gringrich Yurr et de ses savants fous, dont le rêve insensé n’est autre que de devenir maître du monde. Un rêve que vous seul pouvez réduire à néant. Si toutefois vous restez en vie… Pourrez-vous survivre dans l’enfer qui vous attend, ou deviendrez-vous à jamais un Zombie ?

Inédit! L’aventure continue en grand format pour la série culte aux 14 millions de lecteurs.
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Pour rappel ou remise en situation, un ldvh est un livre qui se joue, comme un roman dont on influerait le cours de la narration. Plusieurs fins sont possibles, généralement une seule est la bonne. On incarne un personnage qui va évoluer dans un contexte donné et avec un certain état de santé qu’il va falloir maintenir.
On avance dans l’histoire par « paragraphes » (ou sections) numérotés successifs, à la fin desquels on choisit d’effectuer certaines actions ou non, de prendre telle direction ou telle autre dans l’exploration de l’endroit, etc…
Il arrive qu’on rencontre des bêbêtes ou personnages belliqueux ou nocifs, qu’on combat selon un système établi et avec l’usage de dés (parfois imprimés dans la marge au bas des pages, il suffit alors de feuilleter rapidement l’ensemble du livre et s’arrêter sur une page au hasard pour obtenir le résultat d’un jet de dés).
Un crayon et du papier sont nécessaires pour consigner les données caractérisant son personnage, noter des indices, le déroulement des combats et le nombre de victoires…

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Et donc, pour ma propre expérimentation de cet inédit, je dirais que comme les meilleurs DF d’antan, le niveau est assez difficile, on tombe forcément dans au moins une impasse avant de parvenir à la fin victorieuse. Mais c’est le jeu !
Et c’est ça qui permet de bien explorer à fond toutes les options possibles, les diverses variations de parcours.

Il y a beaucoup de combats, on passe pas mal de temps à buter du zombie – ça aussi fait partie du principe (et encore, un système de munitions semble avoir été supprimé des règles au dernier moment).

De même, il faut louvoyer pour fouiller assez d’endroits et d’ennemis vaincus pour récupérer de l’argent et des objets, envahir son sac d’une liste d’objets très disparate et farfelue, sans trop savoir ce qui sera vraiment utile (voire même indispensable) dans tout ce fatras, noter les bonnes infos et les codes secrets à utiliser à bon escient…

Mes bonnes vieilles méthodes de jeu développées par mon expérience intensive m’ont à nouveau été bien utiles – et nan c’est pas tricher !!! Bien organiser ma Feuille d’Aventure, ajouter un listing des paragraphes choisis lors du parcours et s’en servir pour repérer les boucles, les détours déterminants, les pièges à éviter, revenir au dernier choix « sauvegardé » quand l’aventure se termine prématurément à cause d’un mauvais hasard… (mais je reste honnête sur mes combats, points d’endurance, tests de chance etc, hein. ‘tention.)

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Si l’intrigue est volontairement située dans un univers contemporain, et non sur le monde de Titan traditionnel de la série, on en trouve des clins d’oeil plus ou moins flagrants, avec grand plaisir pour les nostalgiques comme moi.

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« Le tiroir du haut contient des crayons, du papier, une règle,une calculette, une agafeuse, une perforatrice et un chargeur de téléphone, alors que dans le tiroir du dessous, vous ne trouvez que des cartes postales représentant le château. Sur l’une de ces dernières sont incrits de brefs voeux d’anniversaire : ‘Joyeux 30 ans, Zagor !’ suivis de la signature de Yurr lui-même, mais sans la moindre adresse. »
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En bref, cette nouvelle mouture me séduit tout à fait, en restant bien dans l’esprit d’origine tout en apportant quelques innovations, un renouveau qui ne dénature pas l’essence même des Défis Fantastiques.

J’ai bien l’intention de continuer à découvrir ces inédits, et peut-être même à me replonger dans ma vieille collection, tenter de chroniquer mes préférés, jouer à ceux que je n’avais pas lus…
On verra bien !

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Et c’est ma première participation au Zombies Challenge du blog La Prophétie des ânes, un défi de 28 semaines avec des vrais bouts de cerveau dedans.

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[BD] L’outremangeur (Ferrandez & Benacquista)

Encore une bonne découverte tout à fait fortuite ! A première vue, ça m’a un peu rappelé « Le gourmet solitaire », un de mes Taniguchi préférés. Avec le caractère du commissaire Adamsberg, dans les polars de Fred Vargas. Un mélange intéressant…

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Richard Séléna est un super-flic dont la réputation n’est plus à faire. Il a pourtant un gros problème dans l’existence. Il pèse 160 kilos. Son cardiologue ne lui donne que deux ans à vivre, sa thérapie de groupe le laisse muet. Il dévore tout ce qui lui tombe sous la main pour calmer son désespoir.
Quand il rencontre la belle Elsa, Séléna lui impose un jeu troublant dont lui seul connaît la règle.
Tout le monde à droit à une seconde chance.
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Tout en silences et en pudeur, on s’immerge dans la vie de cet homme luttant en vain contre une boulimie compulsive redoutable, seule faille chez ce commissaire qui semble exemplaire.

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Mais ses manières de solitaire, son caractère autoritaire et bougon, ont vite fait de lui ajouter une certaine aura de mystère… Qui s’accentue quand on le voit tenter de faire accepter son aide financière et distante à une marginale aux cent chats, puis imposer un pacte douteux à une belle jeune femme qu’il a identifiée dans son enquête en cours, pour l’inviter une heure chaque soir pendant un an.


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Ces soirées avec la belle Elsa sont simples, très simples : il réapprend le plaisir de cuisiner pour quelqu’un d’autre, de partager ses repas…
Avec le temps, la contrainte s’allège et leur relation devient plus détendue. Avec toujours autant de simplicité, un réel échange vient à poindre. C’est beau.

En parallèle, un net changement s’opère chez lui, avec une désertion de son groupe de parole, quelque chose de plus serein dans son attitude professionnelle…
Bientôt, on le voit se sevrer de ses descentes de frigo pantagruéliques, refaire sa garde-robe.

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Il y a certainement plus de bon que de mauvais dans tout ça, mais que penser de sa moralité, de son honneur de commissaire ?
C’est ce qu’un collègue va finir par lui opposer, mais il est prêt à s’expliquer, et il a des secondes chances à faire valoir.
Y compris pour lui-même, qui fait enfin la paix avec ses vieux démons.

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Au final, c’est bien un humain qu’on a trouvé derrière les apparences. C’est l’humain qui est révélé, avec ses failles et ses forces, humblement.
C’est l’homme derrière « le gros », l’homme derrière le flic.

 Le tout servi par un style sobre, une narration et une ambiance qui passent plus par des émotions mesurées, et des aquarelles sans fioritures que j’approuve. coeur

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Concours 42 !

Vous le savez, ToTiTree n’a jamais eu et n’aura jamais la prétention d’être autre chose qu’un simple (tout) petit blog, surtout personnel, sans préoccupations particulièrement développées d’influenceur, de prescripteur, de communicateur ou que sais-je…

Et c’est d’autant plus vrai depuis quelques mois années, où j’ai des difficultés à trouver l’énergie de le tenir encore – beaucoup de difficultés, toujours plus.
Le moindre soupçon de contrainte ou de pression m’est tout simplement devenu quasi ingérable, pour diverses raisons (que vous identifiez ou devinez probablement, en me connaissant un minimum en-dehors du blog)Et pourtant il m’arrive encore de parvenir à boucler une chronique par ci, une chronique par là, et je ne me résouds toujours pas à abandonner définitivement le blog, alors même si c’est cahin-caha, ToTiTree continue !

Depuis presque 3 ans, mon blog a aussi sa page Facebook, pour tenir au courant des nouveaux articles publiés, ainsi que de quelques-unes de mes activités et lectures du moment, au fil de l’eau. Pour en glisser trois mots dans l’attente d’une chronique plus complète – ou pas.

Récemment, cette page de Facebook de ToTiTree a donc reçu son 42ème « liker », ce qui à mon échelle est plutôt pas mal, et la coincidence de ce chiffre éminemment geek me fait très plaisir…

Ajoutez à ça les 10 ans de mon blog que je décide de fêter un peu en avance (d’à peine un mois) par la même occasion, et paf ! ça fait des chocapics je profite de l’occasion pour vous saluer et vous remercier très chaleureusement, en vous proposant un concours pour gagner un film librement adapté d’une grande oeuvre littéraire, que j’avais bien aimé : le Sherlock Holmes de 2009 par Guy Ritchie !

    

Pour tenter votre chance, vous pouvez simplement poster un commentaire ici-même, ou bien faire le lien avec Facebook en commentant le statut de ToTiTree.

Sur le blog, indiquez une adresse mail que vous consultez régulièrement, et sur Facebook, surveillez votre messagerie, car c’est par ces moyens que je contacterai l’heureux(e) gagnant(e), tiré(e) au sort après le dimanche 14 décembre 2014, date de fin des participations.
Une annonce sera également faite sur la page Facebook après cette prise de contact.

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Bonne chance !

EDIT 15/12/14 : The Hat a parlé, c’est Snow qui remporte Robert !
Merci à tous ceux qui ont joué le jeu

[BD] L’effet kiss pas cool : journal d’une angoissée de la vie (Leslie Plée)

Après « Moi vivant, vous n’aurez jamais de pauses » que j’avais beaucoup aimé, y retrouvant un vécu qui me parle, de plus ou moins loin, j’ai persévéré avec cette auteur qui m’est bien sympathique, pour cet opus un peu plus personnel qui me touche encore plus.

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Des bacs à sable aux bancs de l’université, de l’adolescence à l’âge adulte, ses crises d’angoisse ne l’ont pas quittée. Leslie nous livre, avec ironie et décalage, ses faiblesses qui font toute sa singularité. Au fil des planches, elle se dénude et nous touche à sa manière, entre deux éclats de rire !

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Une angoissée de la vie, ça me décrit parfaitement, et tout particulièrement depuis quelques temps où ça fait plus que déborder sur ma vie en général…
Je me suis reconnue dans la plupart des situations et des réflexions de ce livre, et je le recommande à tous ceux qui seraient dans ce même cas.
C’est bête, et on a beau le savoir déjà, c’est toujours bon de voir qu’on n’est pas seul au monde avec ce genre de vécu, et que des réactions dont on a honte se retrouvent presque banalisées, ou plutôt dédramatisées.

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A l’humour et l’autodérision qui y sont généralement rattachés, s’ajoute la justesse et la pertinence des propos, et une certaine fraîcheur dans la façon de le raconter…

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Vous l’aurez compris, c’est un coup de coeur !