Le syndrome du varan (Justine Niogret)

Roman choc sur une enfance esquintée, récit de la reconstruction aussi, Le Syndrome du varan possède une voix unique et brûlante, qui marque pour longtemps.

« Ça m’a pris longtemps pour comprendre pourquoi le varan. Ça se voit ici, dans ces lignes-là. Je ne sens rien. Enfin, si, quelque part dans un espace auquel je n’ai pas accès, je sens. Je dois hurler de haine et de terreur, avec la bouche pleine de bave. Mais je ne m’entends pas. Je suis là, sur le bord du marigot, à épaissir encore, à durcir, à cuire au soleil et à la boue. »

C’est une lecture dure, brute, crue.

A l’image de son auteure, autant dans son style que, on le découvre à travers ce texte-là, dans sa vie même, dans ses fondations.

C’est un témoignage qui prend aux tripes, qui déballe au grand jour des choses qui sont trop souvent enfouies sous les tabous et une honte (celle de la société) mal placée, et qui amène des réflexions importantes.

Je me doutais bien que ça allait me parler par certains côtés, et effectivement il y a des choses qui ont résonné en moi, mais certainement pas au quart de ce à quoi je pouvais m’attendre.
J’ai aussi repensé à beaucoup de vécus auxquels il m’est arrivé de prêter épaule et oreille, à beaucoup de questions douloureuses, et beaucoup des convictions amères que je me suis forgées au fil de mon existence.

J’aimerais mettre ce livre entre les mains de toutes celles et ceux qui pourraient s’y reconnaître d’une manière ou d’une autre, que ces mots ne leur passent pas à côté, et qu’ils les nourrissent…

Parce que c’est fort, c’est dit de manière juste, c’est interpellant, et c’est même encourageant dans certains élans.
Et encore, je n’arrive pas à exprimer le quart de tout ce que cette lecture m’a empoigné.

Laisser un commentaire