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   S'en fut trouver son capitaine : donne-moi mon congé,
Pour aller voir ma mie à Grenoble, qui s'meurt de regrets

(Pierre de Grenoble, Malicorne)

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Le Sabre de Sang, 1 : Histoire de Tiric Sherna (Thomas Geha)

Je ne sais pas trop pourquoi, Thomas Geha (et ses identités multiples) me semble familier depuis des années. Alors qu'à la réflexion, quand j'ai lu son texte dans l'anthologie "Réalité 5.0" (c'est encore dans ma Pile A Chroniquer, tout comme ma vadrouille aux Rencontres de Sèvres qui me marqua cette lecture magnifique), j'ai réalisé que je ne suis vraiment pas si sûre de l'avoir lu ni même de lui avoir adressé la parole auparavant...

Le Mois de Thomas Geha sur Book en Stock est donc tombé à pic pour continuer sur ma lancée, d'autant plus que j'ai eu le plaisir de recevoir le tome 1 du Sabre de sang grâce au partenariat avec Folio SF !

geha-sabresang1

« Mon nom est Tiric Sherna. J'ai survécu à la guerre. Mais la défaite que vient de subir mon peuple, les Shaos, me laisse un sale goût dans la bouche, comme une envie de vengeance. Les Qivhviens - des humanoïdes reptiliens - nous ont massacrés ou, pire encore, réduits en esclavage. Une caravane nous convoie vers Ferza, la capitale de l'empire qivhvien. Dans ce nid de vipères, les plus forts d'entre nous seront destinés aux arènes. Autant dire que je suis voué à une mort certaine...
Mais je suis un Shao ! Et un jour viendra, je le jure, où nous nous relèverons et vaincrons l'ennemi. Oui, un jour, j'aurai ma revanche ! »

*

Voici donc le premier volet d'un dyptique bien construit, à priori un peu asiatisant (ce qui est déjà un petit défi pour moi), avec ces guerriers Shaos qui sortent prisonniers de l'ultime bataille de leur peuple contre l'envahisseur Qivhvien - ultime déshonneur que de ne pas mourir au combat et subir le joug des conquérants haïs...

Et ça ne fait donc que commencer, pour Tiric Sherna, officier Shao qui sera au centre de ce récit, et son compagnon d'infortune Kardelj, qui prend la situation avec plus de philosophie.
Il faut dire qu'il en sait plus sur les moeurs et la mentalité qivhviennes, et sait mieux à quoi s'attendre quant à leur nouvelle existence d'esclaves.

Tiric, lui, tombe de plus haut - et plus bas, dans les mains de Zua Lazpoa, redoutable intriguante à la cour de l'impératrice, qui compte beaucoup sur son nouveau champion pour satisfaire à ses ambitions.
Et comme c'est dans l'arène que tout se joue, nos héros sont effectivement des pions reproduisant les forces en présence, qui influent aussi sur l'équilibre politique par leurs victoires et leurs faits d'armes - ce qui est déjà intéressant en soi, sans parler des combats très bien écrits.

Les deux Shaos doivent la jouer fine, mais ils ont plus d'un tour dans leur sac ; et bientôt la fuite leur ouvre les bras, en compagnie du vieux Snadien fou dont ils ont partagé la geôle et d'une Quivhvienne sacrifiée sans état d'âme sur l'autel du pouvoir ; en semant une bombe à retardement qui leur donnera bien quelques autres sueurs froides, mais leurs chances de survie, même infimes, sont bel et bien là.

La cavale est pleine de rebondissements, et tous les talents sont mis à contribution pour s'en sortir. Qu'ils le veuillent ou non, ils apprennent à se connaître et se rapprocher plus ou moins...
Enfin, tout est relatif en ce qui concerne Apeô, le vieux Snadien étrange, mais à sa manière il apporte aussi une aide non négligeable.

Et c'est alors qu'ils peuvent enfin reprendre souffle, après avoir échappé à tant de choses, que la source de tout ce mystère revient percer sous la surface, et faire tout basculer... En emportant Tiric Sherna dans l'oeil du cyclone.

Toute cette aventure rencontre ici son point final, dans la douleur et un certain sentiment d'amer gâchis - ce qui correspond parfaitement à Tiric -, pour le jeter irrémédiablement dans une souvelle spirale de fuite en avant incontrôlable - ce qui nous amène directement au deuxième volet du dyptique, qui semble s'articuler sur une parfaite symétrie, j'aime ça arf

Au final donc, c'est de la fantasy originale et bien équilibrée, et une épopée très prenante, avec des personnages complexes et attachants (j'aime tout particulièrement Kahrzoa, ça va se voir dans ma sélection de citations ci-dessous), des sujets qui peuvent amener à des réflexions intéressantes (à la volée: choc des civilisations, esclavage, colonisation, orgueil, vengeance, tolérance, vision de l'autre...), et de belles scènes fortes ; dans une construction et un style plutôt remarquables (et dont l'humour n'est pas absent, icing on ze cake!).

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* Le coin des citations *
*


"Arénier. J'aurais dû me douter que derrière ce mot se cachait une double signification. On nous avait réservé la meilleure surprise pour la fin. Nos adversaires débouchèrent dans l'arène. Armés jusqu'aux dents... Oh, ils étaient bien dix ! Mais ils apportaient avec eux une compagnie supplémentaire : trois belles araignées d'un mètre soixante dix, montées par trois des aréniers. Kardelj et moi nous entreregardâmes, un peu surpris, peut-être fatalistes. Mon camarade sourcillait, l'air de se dire : "Merde, on n'est vraiment pas vernis." Ma foi, j'étais bien d'accord. Je détestais les araignées, surtout de cette taille. Leurs pattes fines étaient recouvertes de tubes métalliques, comme une armure, dont les jointures correspondaient à leur morphologie et leur permettaient une mobilité totale."

*

"- Kahrzoa sera votre guide, annonça le pidoorgar en nous désignant une Qihvienne un brin maigrelette mais aux yeux superbes. Vous devrez la blesser avant de rentrer dans le palais.
La Kahrzoa en question eut un sourire pincé. Elle n'avais pas l'air dans son assiette, pas contente du tout de participer à cette nuit meurtrière. Je la soupçonnais bibliothécaire. Pauvre Qivhvienne servile, je l'aurais presque prise en affection, avec son air contrit."

*

"Elle nous avait dit qu'à Ferza, elle travaillait aux archives impériales ; un recoin du palais dont tout le monde se contrefichait. Archiviste était sans doute le métier le plus dégradant et le plus honteux pour un Qivhvien digne de ce nom, surtout pour une femme de l'empire supposée intelligente et ambitieuse, en âge pour la quête de reproduction. Mais pas pour Karzhoa : son travail l'avait passionnée. L'histoire de son peuple et son évolution la fascinaient. Elle s'était donnée corps et âme. Et pour quelle récompense ? La fuite, en compagnie de deux esclaves shaos et d'un Snadien !
Néanmoins, nous pouvions bénir sa connaissance parfaite de l'empire. Avec elle, ce n'était pas du tout la même histoire que sans elle."

*

"J'étais d'avis, après ça, que nous la fermions définitivement, et j'eus un regard acide vers mon ami. Il me fit un geste désabusé de la main et reprit une position convenable sur son harull, me tournant le dos. Apeô, lui, n'ouvrait toujours pas sa bouche mangée par sa longue barbe grise. En l'occurrence, c'était lui, pour une fois, le plus avisé de nous trois. Mais ses yeux nébulaient, et je me demandais si, à ce moment, il comprenait vraiment ce qui l'entourait.
Quant à Kahrzoa, j'avais un mal de fjark à la reconnaître. Elle n'avait plus rien de l'archiviste impériale fébrile et peu assurée que les gardes de Lazpoa nous avaient présentée, ou la fille en pleurs consolée par Kardelj le jour de notre fuite."

* * *
* *
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Et pour le coup je suis vraiment foireuse de tant de retard, mais il reste encore une toute petite poignée de jours pour aller suivre et participer au Mois de Thomas Geha sur Book en Stock !
Et je remercie aussi les éditions Folio SF pour leur partenariat.

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Commentaires   

 
Phooka
#1 RE: Le Sabre de Sang, 1 : Histoire de Tiric Sherna (Thomas Geha)Phooka 26-02-2014 12:31
Merci pour cette très belle chronique Tortoise. retard pardonné sans soucis! :)
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Leïa Tortoise
#2 RE: Le Sabre de Sang, 1 : Histoire de Tiric Sherna (Thomas Geha)Leïa Tortoise 26-02-2014 13:38
Merci à *vous*, les filles ;-)
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