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En route pour la joie (Solenne Pourbaix)

C'est en ajoutant de nouveaux contacts sur Facebook après les Imaginales que j'ai découvert une jeune auteure auto-publiée sur Lulu.com, dont le recueil de nouvelles inspirées de Noir Désir et préfacé par l'Orc du Naheulband avait déjà tout pour m'allécher, si ce n'est le coup de grâce de l'argument qui tchue: "Certaines nouvelles sont assez courtes pour être lues en faisant caca! Donc l'excuse du "j'ai pas le temps de lire" n'a plus lieu d'être! Elle est pas belle la vie?"

Ce fut donc commandé et avalé en un rien de temps. En plus le contact est super bien passé, on a très vite partagé des délires sur Facebook ^^

      

La fin du monde a eu lieu. La maladie règne, ranimant les morts. Dans ce chaos, l'armée tient les rênes. Au milieu de tout ça, des gens comme vous et moi (surtout comme vous), des familles, des militaires, des gens de tous bords, essayent de tirer leur épingle du jeu pour simplement survivre. Ils y parviendront... Ou pas. La loi du plus fort domine désormais notre beau monde civilisé. Pourtant, tout n'est pas perdu.

Chaque nouvelle s'ouvre avec en épigraphe (toi aussi enrichis ton vocabulaire en ayant des coupines littéraires et curieuses: c'est le mot qui désigne les citations qu'on trouve en début de chapitre ou de texte dans pas mal de bouquins) des paroles de Bertrand Cantat (Noir Désir, bande d'incultes), mais ce ne sont pas pour autant de banales songfics de fan gâteuse (ni du proto-gothique de post-ado dépressive) ; non, c'est vraiment un univers personnel et développé dans lequel on plonge.

Dans Le Jeu, on est dans une télé-réalité (à peine plus extrême que ce qui existe déjà dans ce qu'elle a de pire) d'une société post-apo, où les joueurs sélectionnés de force sont lâchés dans un hangar en étant contaminés par la maladie qui rend zombie, avec un seul vaccin à sauver pour se guérir et sortir vivant de cette arène moderne, au détriment de ses adversaires.

Dans Lost, une famille essaye de survivre dans sa maison isolée à la campagne, malgré le dénuement, les attaques d'Infectés et la maladie qui rôde.

Avec L'homme Pressé, on entre dans les hautes sphères du pouvoir, ou du moins dans ses coulisses - non moins impitoyables - en suivant l'assistant de la Maîtresse du Jeu.

Dans En Route pour la Joie, on découvre les quartiers pauvres de la ville, où au milieu de la violence et de l'anarchie, une petite fille innocente va à l'école comme si de rien n'était et s'applique pour rapporter des bonnes notes à sa mère, alors que chacun s'efforce de survivre sans être à l'abri d'être sélectionné pour le Jeu.

*
"Elle ne le voyait pas mais l'alarme, cette horrible alarme signifiait que ça s'approchait. Enfin, il y eut une détonation et la sirène s'arrêta. La fillette ressortit et regarda au loin, vers les limites de la ville. La brigade militaire allait vers une silhouette allongée par terre et l'embrasait avec de drôles d'instruments qui crachaient des flammes immenses. Elle rêva une seconde de dragons, créatures magiques dont sa maman lui avait parlé dans une histoire avant qu'elle fasse un métier de nuit, puis elle repartit en courant vers son immeuble, à un bloc d'ici, de nouveau ravie d'apporter sa récompense. Sa mère serait si fière ! "
*


Dans Trompe la mort (et tais-toi), un vieil homme confesse les expériences dangereuses d'une quête de l'immortalité et leurs terribles conséquences.

*
"Je te souhaite une bonne douleur! Même là, tu n'en subiras pas le quart de ce que tu as infligé au monde."
*

Avec Veuillez rendre l'âme, on revient dans les hautes sphères du Jeu, et on voit que cette société s'autogère parfaitement pour éliminer les prises de conscience et l'opposition.

Noir Désir est sans conteste le texte qui m'a le plus remué: sous forme d'une lettre d'adieu d'une suicidée retrouvée au hasard d'un tri de vieux cartons, on prend de plein fouet le mal-être d'une jeune femme trop en décalage dans la société et les viscissitudes de la vie... Ca sent le vécu à plein nez et ça m'a beaucoup parlé, ça sonne très juste et c'est poignant.

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"Complètement perdue, j'ai fini par abandonner le lycée. Autant dire que ça n'a pas été la grande joie dans mon entourage. "Mais tu es folle!" Oui je suis folle. Folle de douleur et de solitude... Mais non, je n'étais pour eux qu'une fainéante instable. Naturellement, c'est tellement plus simple. Savoir la vérité les aurait mis face à ma faiblesse, à leur aveuglement..."
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"J'écoute de la musique. Me laisse emporter par sa voix, je pleure, mais pas de chagrin cette fois. D'émotion face à une force, à une mélodie, à des paroles... Moi qui ne suis pas poétesse pour deux sous. Moi qui suis si pragmatique, je découvre des mots capables de me faire vibrer. Une voix capable de m'emmener dans un autre monde. Je pars plus loin et bien mieux qu'avec la drogue ou l'alcool. Mais ça me fait rêver, et je me bats de toutes mes forces pour faire taire ces rêves. Ces rêves de vie normale, de voyages, de rencontres, de partages ; ces rêves de tendresse, de passion ; ces rêves d'aventures, de frissons... De vie tout simplement! La musique apporte tellement, mais quand elle s'arrête, la réalité revient, brutale, glaciale, vide!"

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Dans A ton étoile, on trouve à nouveau une employée prisonnière du système qui se retrouve impuissante devant la détresse d'une petite à l'orphelinat où elle travaille. La société ne laisse aucune place à ceux qui ne rentrent pas dans le moule, de gré ou de force...

Dans A l'envers, à l'endroit, on navigue entre deux familles au moment de Noël, l'une aisée et insouciante qui s'amuse à reproduire le Jeu, l'autre pauvre et démunie, sans cesse dans la crainte de l'infection destructrice.
(Bon, je me suis juste un peu perdue à cause de tous les prénoms )

Et enfin, avec Le grand incendie on atteint une apogée, où l'opposition s'organise dans l'espoir de frapper un grand coup et faire un grand ménage pour repartir sur de meilleures bases...

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"Eole rappela à tous la nécessité de la discrétion. [...] N'oubliez pas: soyons désinvoltes... nous ne sommes rien!"
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C'est la touche d'espoir qui contrebalance un peu toute la noirceur du reste du recueil ; et ça fait du bien, un peu d'optimisme et une ouverture sur de nouveaux possibles, après un univers aussi deséspérement cruel et corrompu.

Pile ce qu'il fallait pour conclure ce recueil en beauté!


Dans son ensemble, j'ai vraiment bien aimé ce recueil. Même si le style est encore un peu en rodage, il y a déjà quelque chose - une structure, une atmosphère... L'ambiance et l'univers sont parfaitement bien plantés et développés, de manière réaliste, avec un style vivant qui m'a tout de suite immergée dans le bouquin.

(par contre j'ai pas pu finir un seul texte en faisant caca, j'en conclus qu'il faut être très constipé ou bien lire très vite)

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~ Et il y a du post-apo avec du zombie, donc un dernier (déjà!) pas titubant dans l'
hiver nucléaire du challenge Fins du monde chez Tiger Lilly.
La prochaine fois, c'est l'Armageddon!



 

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