L'anneau-monde (Larry Niven)
Depuis longtemps, j'étais très curieuse de lire une des oeuvres qui a inspiré Terry Pratchett, jusqu'à faire du nom de son Disque-monde une parodie directe de l'Anneau-monde.
Je me souviens avoir commencé à le lire dans le train qui m'amenait à mon premier festival des Utopiales, où j'ai pu voir Larry Niven lui-même dans une conférence très intéressante même si je ne venais qu'à peine de commencer à découvrir son oeuvre, et lui faire dédicacer mon exemplaire chiné juste entamé, et puis le croiser au hasard de mes allées et venues pendant le festival... Je l'avais trouvé très ressemblant physiquement (et peut-être même un peu spirituellement) à Terry Pratchett, du peu que je puisse en juger, et j'avais été très heureuse de le voir malgré son air quasi constamment désorienté

Malgré tout, la typographie de mon exemplaire est toute petite et ardue à lire en train, et la croissance des Montagnes à Lire aidant, je n'y avais plus guère retouché depuis mon retour des Utos.
Et puis, quand Lhisbei du RSF Blog a lancé son Summer Star Wars episode V dans lequel il pouvait parfaitement rentrer, j'ai décidé de profiter de l'occasion pour le reprendre une bonne fois pour toutes.
C'est là que j'ai réalisé que c'est horriblement looooong à réellement démarrer, en fait
Alors ok, c'est bourré de détails développant des spéculations scientifiques qui doivent être intéressantes pour ceux qui aiment ce genre de SF - ce qui n'est hélas point mon cas -, et d'accord, l'équipe multi-raciale dont on suit les aventures à la recherche d'une planète artificielle est très diversifiée et entretient des rapports assez complexes - entre le Marionnettiste, clairement race über manipulatrice, que y'a un moment où c'est bon, ça va, on a compris, le Kzin qui est le gros warrior de la bande - malgré son apparence de tigre bipède géant qui me fait penser à une grande peluche griffue -, presque le bourrin de service à quelques nuances près (stratège et maîtrise de soi), Teela Brown qui remplit la fonction de potiche gris-gris, et Louis Wu l'humain de base le plus proche du lecteur et donc le narrateur (j'ai presque envie de dire "y'a un boulet dans le groupe", référence à Naheulbeuk) - mais très franchement, on finit par se lasser (que dis-je, n'en plus pouvoir) de toutes les circonvolutions de l'interminable phase d'exposition, jusqu'à ce put*** de vaisseau se crashe enfin sur le Monde Inconnu et que les clampins partent vraiment à l'aventure.
"Un instant de lumière blanc-violet, intense comme un flash photographique. Cent soixante kilomètres d'atmosphère, comprimés en une demi-seconde dans un cône de plasma chaud comme une étoile, gonlèrent le nez du Menteur. Louis cligna des yeux.
Louis cligna des yeux, et ils furent au sol.
Il entendit Teela se plaindre, frustrée: "Tanj! Nous avons tout raté!"
Et la réponse du Marionnettiste: "Etre témoin d'évènements titanesques est toujours dangereux, généralement douloureux, et souvent fatal.""

Parce que c'est là, confrontés à cet inconnu et à cette précarité (ils ont besoin de trouver une aide ou un moyen quelconque de réparer leur vaisseau écrasé), qu'on va mieux appréhender leurs caractères, qu'on va s'attacher à eux, qu'on va vraiment s'intéresser à leur sort.
D'autant plus qu'il y a un bon suspense: beaucoup de péripéties, de rebondissements, de remises en question: c'est presque digne des grands feuilletons ^^
C'est là aussi que les réflexions et spéculations scientifiques et sociologiques passent beaucoup mieux, instillées au coeur de l'action qui se renouvelle sans cesse et nous donne des supports pour mieux s'y intéresser.
"On peut étudier ce qu'on ne comprend pas, dit le Marionnettiste. Nous savons que quelque chose, dans l'Homme, ne veut pas prendre de décisions. Une partie de lui-même désire que quelqu'un lui dise quoi faire. Un bon sujet hypnotique est une personne pleine de confiance et capable de se concentrer. L'acte par lequel il s'abandonne à l'hypnotiseur est le début de son hypnose. [C'est] un état provoqué de monomanie."
Là également qu'on commence à vraiment s'intéresser à la structure grandiose et insolite de l'Anneau-monde, à la grande ingéniosité d'un haut niveau technologique dont elle fait preuve, et au pourquoi de son déclin qui n'a laissé que ruines, dégradations sévères, et populations régressées à des stades bien plus primaires.

J'ai été très intéressée aussi par la notion de "Gambit de Dieu", ce rôle d'Ingénieurs/Créateurs/Divinités que les autochtones attendent de ces étrangers.
Ca rappelle effectivement Pratchett, surtout pour "Strate-à-gemmes" mais aussi pour le Disque-monde.
Tout comme j'ai apprécié bon nombre d'éléments, par exemple les châteaux et villes flottants, la grande question de la chance toute-puissante de Teela Brown, les tournesols tueurs, l'instinct de survie des Marionnettistes, et puis quelques petites fulgurances d'humour/ironie très appréciables même si j'ai l'impression que ça a pâti un peu du vieillissement du texte.

Au final, je me suis profondément ennuyée pendant la majeure partie de tout le premier tiers, mais c'était pour mieux ensuite m'amuser comme une petite folle
Non, vraiment, c'était sympa, il fallait juste atteindre le déclic, quoi.
Maintenant j'ai même assez envie de jeter un oeil à la suite, "Les ingénieurs de l'Anneau-monde", après en voir vu les grandes lignes sur Wiki, ça a l'air d'être farfelu et marrant aussi, et je n'hésiterai pas à passer en "mode diagonale" pendant la première partie si ça lambine autant.
Mais bon, je verrai ça dans un avenir probablement très lointain
En attendant, j'ai accompli ma mission de lire un livre de Space-opera pendant l'été "officiel"!
(bon, avec juste un jour de retard sur l'équinoxe, mais ça c'était le temps de finir de chroniquer
)
eeet j'arrive même à abattre la lettre N de mon vieux challenge ABC (2010, hum) !

Je me souviens avoir commencé à le lire dans le train qui m'amenait à mon premier festival des Utopiales, où j'ai pu voir Larry Niven lui-même dans une conférence très intéressante même si je ne venais qu'à peine de commencer à découvrir son oeuvre, et lui faire dédicacer mon exemplaire chiné juste entamé, et puis le croiser au hasard de mes allées et venues pendant le festival... Je l'avais trouvé très ressemblant physiquement (et peut-être même un peu spirituellement) à Terry Pratchett, du peu que je puisse en juger, et j'avais été très heureuse de le voir malgré son air quasi constamment désorienté


Malgré tout, la typographie de mon exemplaire est toute petite et ardue à lire en train, et la croissance des Montagnes à Lire aidant, je n'y avais plus guère retouché depuis mon retour des Utos.
Et puis, quand Lhisbei du RSF Blog a lancé son Summer Star Wars episode V dans lequel il pouvait parfaitement rentrer, j'ai décidé de profiter de l'occasion pour le reprendre une bonne fois pour toutes.
C'est là que j'ai réalisé que c'est horriblement looooong à réellement démarrer, en fait

Alors ok, c'est bourré de détails développant des spéculations scientifiques qui doivent être intéressantes pour ceux qui aiment ce genre de SF - ce qui n'est hélas point mon cas -, et d'accord, l'équipe multi-raciale dont on suit les aventures à la recherche d'une planète artificielle est très diversifiée et entretient des rapports assez complexes - entre le Marionnettiste, clairement race über manipulatrice, que y'a un moment où c'est bon, ça va, on a compris, le Kzin qui est le gros warrior de la bande - malgré son apparence de tigre bipède géant qui me fait penser à une grande peluche griffue -, presque le bourrin de service à quelques nuances près (stratège et maîtrise de soi), Teela Brown qui remplit la fonction de potiche gris-gris, et Louis Wu l'humain de base le plus proche du lecteur et donc le narrateur (j'ai presque envie de dire "y'a un boulet dans le groupe", référence à Naheulbeuk) - mais très franchement, on finit par se lasser (que dis-je, n'en plus pouvoir) de toutes les circonvolutions de l'interminable phase d'exposition, jusqu'à ce put*** de vaisseau se crashe enfin sur le Monde Inconnu et que les clampins partent vraiment à l'aventure.
"Un instant de lumière blanc-violet, intense comme un flash photographique. Cent soixante kilomètres d'atmosphère, comprimés en une demi-seconde dans un cône de plasma chaud comme une étoile, gonlèrent le nez du Menteur. Louis cligna des yeux.
Louis cligna des yeux, et ils furent au sol.
Il entendit Teela se plaindre, frustrée: "Tanj! Nous avons tout raté!"
Et la réponse du Marionnettiste: "Etre témoin d'évènements titanesques est toujours dangereux, généralement douloureux, et souvent fatal.""

Parce que c'est là, confrontés à cet inconnu et à cette précarité (ils ont besoin de trouver une aide ou un moyen quelconque de réparer leur vaisseau écrasé), qu'on va mieux appréhender leurs caractères, qu'on va s'attacher à eux, qu'on va vraiment s'intéresser à leur sort.
D'autant plus qu'il y a un bon suspense: beaucoup de péripéties, de rebondissements, de remises en question: c'est presque digne des grands feuilletons ^^
C'est là aussi que les réflexions et spéculations scientifiques et sociologiques passent beaucoup mieux, instillées au coeur de l'action qui se renouvelle sans cesse et nous donne des supports pour mieux s'y intéresser.
"On peut étudier ce qu'on ne comprend pas, dit le Marionnettiste. Nous savons que quelque chose, dans l'Homme, ne veut pas prendre de décisions. Une partie de lui-même désire que quelqu'un lui dise quoi faire. Un bon sujet hypnotique est une personne pleine de confiance et capable de se concentrer. L'acte par lequel il s'abandonne à l'hypnotiseur est le début de son hypnose. [C'est] un état provoqué de monomanie."
Là également qu'on commence à vraiment s'intéresser à la structure grandiose et insolite de l'Anneau-monde, à la grande ingéniosité d'un haut niveau technologique dont elle fait preuve, et au pourquoi de son déclin qui n'a laissé que ruines, dégradations sévères, et populations régressées à des stades bien plus primaires.

J'ai été très intéressée aussi par la notion de "Gambit de Dieu", ce rôle d'Ingénieurs/Créateurs/Divinités que les autochtones attendent de ces étrangers.
Ca rappelle effectivement Pratchett, surtout pour "Strate-à-gemmes" mais aussi pour le Disque-monde.
Tout comme j'ai apprécié bon nombre d'éléments, par exemple les châteaux et villes flottants, la grande question de la chance toute-puissante de Teela Brown, les tournesols tueurs, l'instinct de survie des Marionnettistes, et puis quelques petites fulgurances d'humour/ironie très appréciables même si j'ai l'impression que ça a pâti un peu du vieillissement du texte.

Au final, je me suis profondément ennuyée pendant la majeure partie de tout le premier tiers, mais c'était pour mieux ensuite m'amuser comme une petite folle

Non, vraiment, c'était sympa, il fallait juste atteindre le déclic, quoi.
Maintenant j'ai même assez envie de jeter un oeil à la suite, "Les ingénieurs de l'Anneau-monde", après en voir vu les grandes lignes sur Wiki, ça a l'air d'être farfelu et marrant aussi, et je n'hésiterai pas à passer en "mode diagonale" pendant la première partie si ça lambine autant.
Mais bon, je verrai ça dans un avenir probablement très lointain

En attendant, j'ai accompli ma mission de lire un livre de Space-opera pendant l'été "officiel"!
(bon, avec juste un jour de retard sur l'équinoxe, mais ça c'était le temps de finir de chroniquer
)
eeet j'arrive même à abattre la lettre N de mon vieux challenge ABC (2010, hum) !














Commentaires
En plus, je trouve qu'il a"mal vieillit".
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