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L'oeil de Pâques (Jean Teulé)

Le deuxième livre qui a accaparé mes pauses déjeuner ces derniers temps fut un nouveau (- pour moi - tout est relatif) Teulé, parce que vous avez sûrement remarqué que plus ça va, plus je suis adepte de cet auteur, parce que le titre me semblait particulièrement approprié à une lecture d'avril, parce que l'illustration de couverture est tirée d'un tableau que j'aime beaucoup (Ophélie de Jules-Elie Delaunay) bien qu'il m'en rappelle surtout celui de Millais, mais dont la petite retouche ici m'alléchait grandement...




Il s'agit d'un polar qui ressemble à un conte...

L'histoire commence 15 millions d'années avant le crime et se termine 21 jours plus tard
(le temps d'une plaquette contraceptive).
Sept personnages arrivent à Calais. Ils sont sept coquilles brisées. Il leur manque à tous des éléments de bonheur. Mais parce qu'un crime a fleuri sur un crâne, ils vont se rencontrer...
Parmi tous ces gens, il y a Pâques, 23 ans et splendide. Ella a un oeil rose sans iris ni pupille. Sa mère l'a appelée Pâques parce que son oeil ressemble à un petit oeuf intact couché sur son visage.


Eh ben je suis toujours aussi fan de Jean Teulé!

Au début on se demande dans quoi on s'est embarqué tellement ça part dans tous les sens, et pourtant il y a déjà des symétries, des jolis retours de miroirs...

Et très vite on ne cherche même plus à deviner où tout ça va bien pouvoir nous mener, et on se laisse porter par la savante désinvolture du tarabiscoté d'une simplicité limpide et autres oxymores du même tonneau

C'est lyrique autant que parsemé de très prosaïque et direct.
C'est intéressant quand on a quelques références communes aux influences de l'auteur, bien que la plupart du temps la source soit clairement indiquée, mais j'ai l'impression que d'avoir lu d'autres trucs de lui, ça m'aide à mieux tout apprécier maintenant que je le connais un peu et que j'ai une idée de ses mécanismes et de l'état-d'esprit, de son univers.

C'est complètement décalé, incroyable, farfelu, dispersé, et pourtant tellement crédible, tout est plausible, tout se relie, tout est à des années-lumières et si proche, et tout colle.

Je ne sais vraiment pas comment en parler.

Faut s'accrocher, hin. Mais c'est jouissif, jubilatoire. J'accroche totalement, j'adhère, j'adore. C'est une patte qui m'est maintenant familière et qui me transporte à chaque fois.

Deux petits extraits pour la forme, histoire d'en parler un peu mieux que tout ce que je pourrai bafouiller en étant si loin d'être exhaustive ou même de parvenir à résumer l'essentiel...

*

"L'enfant est une petite fille. Une nymphe solitaire. Une ombre voyage sur son corps translucide. C'est l'ombre furtive d'un coléoptère...
(...) Elle est née avec un globe oculaire entièrement rose sans iris ni pupille, un oeil comme on en voit sur les portraits de femmes peints par Modigliani. Cette enfant superbe, c'est de la peinture de musée.
Son oeil droit ressemble à un petit oeuf intact, de chocolat au lait rose, couché sur son visage. A la naissance, quand la mère a vu son enfant, elle l'a tout de suite appelée Pâques!
- Il y en a qui s'appellent Noël, Toussaint, Ange ou Jésus... Aux Antilles, c'est Fête-Nat. Toi, ce sera Pâques..."

*

"Je vais vous raconter comment on receuille la résine de cannabis. J'ai lu ça avant-hier, dans un livre de botanique, en veillant la dépouille de l'Anglaise... lance Amédée, bouche sèche et parapluie par-dessus la tête.
- Il se drogue, le médecine légiste? demande le juge.
- Mh...
- ...Au printemps, les plantes mâles et femelles du chanvre indien fleurissent. A l'intérieur des fleurs mâles apparaît un pollen. A l'intérieur des femelles, une résine collante... Et le vent transporte le pollen des mâles vers la résine des femelles.
- Ces fleurs n'ont pas besoin d'insectes? demande Pâques.
- Mes parents se sont rencontrés sans l'aide de personne... raconte Bondieu.
- Mais, à la floraison, les paysans décapitent les fleurs mâles. Et les femelles, en attente de pollen, sécrètent davantage de résine. Elles mouillent comme les filles qui désirent l'amour...
- Ma mère voulait un garçon... dit Bondieu.
- Plus elles attendent, plus elles mouillent! Alors, régulièrement, les paysans raclent la résine entre les pétales et c'est ça, le cannabis: du besoin d'amour!"
 

Commentaires   

 
Guest
#1 Guest 07-04-2011 10:39
Moi aussi j'aime bien Jean Teulé et ce livre m'attire bien ma foi :-*
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Leïa Tortoise
#2 Leïa Tortoise 07-04-2011 19:36
là je l'ai emprunté mais quand j'aurai des sous de libres, je crois que je me l'achèterai, c'est dire ^^
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Véronique
#3 Véronique 11-11-2011 19:50
Tu ne sais pas comment parler de ce livre et pourtant tu le fais si bien.
Je suis en cours de lecture...j'adore...
J'ai tout lu de Jean Teulé, j'aimerais avoir sa plume...
Bon, j'y retourne.
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