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Les Annales du Disque-monde, 33: Allez les mages! (Terry Pratchett)

Ca fait déjà un moment que j'ai lu la version française de Unseen Academicals, le dernier Disque-monde en date, je prend donc le temps de ramasser mes notes avant d'oublier complètement de faire cette chronique...




Le fouteballe est arrivé dans l'antique cité d'Ankh-Morpork. Non pas l'empoignade crasseuse à l'ancienne, mais le fouteballe moderne, rapide, avec des chapeaux pointus en guise de poteaux de but et des ballons qui font boing ! quand ils rebondissent. Et les mages doivent aujourd'hui gagner un match sans recourir à la magie, aussi sont-ils disposés à essayer tout le reste.

La perspective de ce grand match attire un jeune gars prometteur doué d'un talent fantastique pour taper dans une boîte de conserve, une cuisinière spécialiste de délicieuses tourtes et tartes, une jeune femme nunuche mais ravissante, en passe de devenir le plus grand mannequin de mode de tous les temps, et le mystérieux monsieur Daingue. (Nul ne sait grand-chose sur monsieur Daingue, pas plus monsieur Daingue lui-même, ce qui l'inquiète aussi.)

À mesure qu'approche la date du match, quatre vies s'entremêlent et changent définitivement. Car ce qu'il faut savoir du fouteballe – ce qu'il faut savoir d'important sur le fouteballe –, c'est qu'il dépasse le cadre du fouteballe.


Cette fois, j'ai carrément beaucoup plus apprécié en français qu'en V.O., j'étais passée à côté de plus de trucs... Et puis Patrick Couton a encore fait des merveilles!

Le
candélaquais pour Candle Knave, les stéphanois des Soeurs-Etienne pour les dollies des Dolly Sisters, la micromaille, le naturel revient au canot pour the tiger can change his shorts, expression très récurrente dans ce tome, l'Union Universitaire pour Unseen Academicals, Jusseuil pour Brazeneck, lus pour 'lut, les habiles clins d'oeil à HP avec le "un peu de Sturm et de Drang" et le chapeau officiel d'archichancelier qui fait des réflexions désagréables à longueur de temps...

Euh, voilà, j'avais déjà un peu parlé du tome en lui-même après ma lecture VO, mais sans pouvoir prendre le temps de chroniquer posément, et je pensais me rattraper avec cette lecture VF mais me voilà encore un peu pressée par le temps et je ne vois toujours pas trop quoi dire.

Le foot et un Roméo & Juliette à la sauce hooligan sont des thèmes assez inattendus dans le Disque, mais ça reste du pur Pratchett. Les mages subissent une petite évolution et se déchaînent pour mon plus grand plaisir ^^ Et Vétérini s'amuse beaucoup avec cette nouvelle page de l'évolution d'Ankh-Morpork, à tel point qu'on le voit éclater de rire à la fin (enfin, l'une des fins puisqu'on en a un petit chapelet, ce qui n'est pas ce que je préfère mais ça change un peu et ça pasee quand même). Proprement hallucinant.
On croise aussi de nouveaux personnages attachants.

Et j'ai encore fait ma petite moisson non exhaustive de passages remarquables, que je m'en vais livrer un peu en vrac ici:


"Mais les mages sont désordonnés, et personne ne rangeait beaucoup ni ne survivait assez longtemps à ça, aussi s'était-il adjugé toutes sortes de vieilles réserves et d'ateliers encombrés de bric-à-brac pour son usage personnel. Et il y avait tant à découvrir pour un gamin doté d'une vision nocturne perçante. Il avait déjà vu des fourmis-cuillers lumineuses transporter une fourchette et, à sa grande surprise, les dédales oubliés abritaient le très rare intérieurovore qu'est le mange-chaussette remarquable."

On a justement revu la naissance du chaussettivore avec la Lecture Commune du Père Porcher sur le Vade-mecum ^^


"- Je pense qu'on va apporter sous peu des rafraîchissements dans le réfectoire bleu, déclara Cogite avec une espèce de gaieté deséspérée moite de transpiration. Il y aura bien entendu des gâteaux, mais aussi, il me semble, un assortiment intéressant de currys.
La manoeuvre aurait réussi en de nombreuses occasions, mais les deux mages supérieurs gardaient leurs regards noirs rivés l'un à l'autre et il n'était pas question pour eux de battre des paupières, même pour un tranche de tourte paysanne."


"- On a un budget limité, vous savez, dit l'archichancelier de Jusseuil. Une histoire de subvention gouvernementale, vous voyez.
Les mages gardèrent le silence. C'était comme si un gars venait d'apprendre la mort de sa mère. Ridculle lui tapota la main.
- Oh, j'suis navré."


"L'un dans l'autre, [Cogite] estimait fournir sa part d'effort pour tenir le cap  confortable de stagnation dynamique que s'était fixé l'U.I. Ca valait la peine de se décarcasser pour ne rien changer quand on savait ce qui risquait d'arriver sinon."


"Il faut vivre avec son temps, évidemment, dit le Patricien en secouant la tête.
- Nous, en face, on évite autant que possible, répliqua Ridculle. Ca ne fait que l'encourager."


"Manger, c'était leur tasse de thé, et si possible leur tranche de cake."


"La vérité est une femme, celle qui sort toute nue de son puits, songeait Ridculle tandis que les membres du conseil entraient en grommelant, et ça confirme le dicton prétendant qu'un mensonge peut faire le tour du monde avant que la vérité ait eu le temps d'enfiler ses chaussures (sans parler de ses vêtements dans ce cas précis); l'idée qu'une femme en position de choisir ne possède qu'une paire de chaussures dépasse l'entendement. C'est sûr, en tant que déesse, elle doit en avoir un tas, et il lui faut donc choisir: des souliers à clous pour les vérités qui font mal, de simples sabots pour les vérités universelles, et peut-être des pantoufles pour les vérités évidentes."


"J'ai fait quelques heures de déchargement sur les quais, j'te dirai, se défendit-il comme si un peu de travail occasionnel relevait du délit."


"Juliette était à présent entourée de nains et, d'après ce qu'entendait son amie, on lui apprenait comment porter des vêtements. Mais tout ça ne servait à rien, pas vrai? La vérité, c'était que Juliette avait de l'allure même dans un sac. Curieusement, tout ce qu'elle portait lui allait comme un gant. Glenda, elle, ne trouvait jamais d'intéressant à sa taille. En théorie, il devait exister quelque chose pour elle, mais tout ce qu'elle découvrait, c'était la réalité, qui est si peu seyante."

Ouh comme on s'y reconnaît...


"Panier de crabes, se répétait Glenda tandis que les deux filles se dirigeaient d'un pas vif vers la cuisine de nuit. C'est comme ça que ça marche. Ceux des Soeurs-Etienne qui trouvent à redire quand une fille prend le trolleybus: panier de crabes. A peu près tout ce que ma mère m'a jamais raconté: panier de crabes. Presque tout ce que j'ai jamais dit à Juliette: panier de crabes aussi. C'est peut-être une autre forme de la bouscule. On est si bien au chaud à l'intérieur qu'on oublie qu'il existe un extérieur. Le pire, c'est que le crabe qui t'empêche de sortir, c'est surtout toi-même..."

Tellement vrai...


"Chez Juliette, la propreté voisinnait la dévotion, entendez qu'elle était irrégulière, qu'elle dépassait l'entendement et qu'on la voyait rarement."




"Les boutiques naines marchaient bien ces temps-ci, en grande partie parce qu'elles comprenaient la première règle du marchandisage, laquelle s'énonce comme suit: "j'ai des biens à vendre et le client a de l'argent. Je devrais avoir l'argent, ce qui induit hélàs que le client devrait avoir mes biens. Dans ce but, donc, je ne dirai pas "L'article en vitrine est le dernier que nous avons et nous ne pouvons pas vous le céder, parce que, dans ce cas, personne ne saura que nous les avons à vendre", ni "Nous en aurons sans doute d'autres mercredi", ni "Nous n'arrivons pas à les garder en rayon", ni "J'en ai assez de dire à tout le monde qu'il n'y a pas la demande"; je ferai une vente par tous les moyens en dehors de la violence physique, car si je ne vends pas, je prend de la place pour rien."

C'est fou comme le paradoxe du "j'en ai assez de dire à tout le monde qu'il n'y a pas la demande" rappelle du vécu!


Voilà voilà, en bref ce n'est pas un énorme coup de coeur mais ça reste du bon Pratchett et un tome qui vaut quand même le détour par bien des aspects.

* * *

NB: Pour les fans, il y a des cartes de fouteballe comme celle qu'on collectionnait dans le temps, illustrées par Paul Kidby et reprises en France lors d'une opération de l'Atalante.



Le Vade-Mecum organise en ce moment même une Loterie du Fouteballe pour ceux qui n'ont pas pu en obtenir, et il n'y aura que des gagnants!




 

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