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Abraca*Bibli

[BD] Hommes à la mer : huit nouvelles librement adaptées (Riff Reb's)

Je m'intéressais à Riff Reb's depuis que Solenne en parle sur son adaptation du Loup des mers de Jack London... Grâce à l'opération "La BD fait son festival sur Priceminister", j'ai pu avoir entre les mains le troisième opus de sa série d'adaptations de textes maritimes et fantastiques.

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Et je l'ai beaucoup aimé.

Les huit textes sont finement choisis, par des auteurs phares voire incontournables tels que W. H. Hodgson, Stevenson, Pierre Mac Orlan ou E.A. Poe, à travers des textes très judicieux et pertinents ; et ils sont très bien traités.

En quelques pages (à peine une petite dizaine) l'histoire est capturée, saisie sur le vif, offerte en pleine immersion vivante et captivante... Ce sont de parfaites bulles, intenses et complètes, des condensés très réussis.

Pour couronner le tout, des extraits d'autres oeuvres illustrés en pleine double page s'intercalent entre chaque histoire, pour prolonger une atmosphère et entrouvrir d'autres horizons.

J'ai particulièrement aimé celui du Vaisseau des morts (de B. Traven) :

"Morituri te salutant ! Les modernes gladiateurs te saluent, nouveau César, ô Capitalisme ! Nous sommes prêts à mourir pour toi, pour la très sainte et Glorieuse Compagnie d'assurance. Ô temps ! Ô moeurs ! Jadis, quand les gladiateurs, la cuirasse étincelante, entraient dans l'arène, fanfares et cymbales éclataient.
[...] Mais nous, les gladiateurs modernes, nous crevons dans la crasse, [...] sans fanfare, sans beautés souriantes, sans applaudissements."

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Les histoires ont toutes quelque chose de sombre et tourmenté, et pourtant sont assez diverses. Riff Reb's y explore différents styles, mais son empreinte est partout,  il maîtrise toutes les ambiances - et c'est magnifique.

Rien que sur la page d'introduction, le ton est donné...

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On ouvre sur Les chevaux marins (de W.H. Hodgson), avec la fascination morbide d'un p'tit gars pour ces créatures du fond des mers que chevauchent les âmes des morts, au point de faire regretter à son grand-père de lui avoir raconté ces histoires...

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Avec La chiourme (de Pierre Mac Orlan), c'est la vengeance des galériens "dressés" pour recevoir une jolie dame de la haute' en visite. A trop étaler raffinement et richesses, ce n'est pas forcément l'admiration que l'on suscite chez les gars de la chiourme... Et face à la mer, ne sont pas égaux ceux qu'on croit.

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Dans Le grand sud (P. Mac Orlan), c'est au Pôle que l'humain est rendu à sa proportion de fourmi impuissante face aux forces implacables de Mère Nature, réduit à son destin inexorable...

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Les trois gabelous (M. Schwob), c'est une histoire de surnaturel et de tafia des morts, en forme de légende aux mirages macabres comme je les aime depuis quelques lectures adolescente de contes bretons.

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Un sourire (de la fortune) (Joseph Conrad), c'est le requiem d'un marin en escale, qui explore la condition et la vie si rude de ces hommes qui sont entièrement voués à la mer, volontairement ou non.

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Mon plus gros coup de coeur va pour Le naufrage (R.L. Stevenson), ou le malheur d'un équipage d'avoir un philosophe pour capitaine. C'est ubuesque et délicieusement loufoque.

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 Avec Une descente dans le maëlstrom, on a carrément l'auteur lui-même en guest-star, puisque c'est du Edgar Allan Poe qui comme à son habitude se met en scène dans sa narration.
Et c'est du bon Poe, qui dramatise et exacerbe les tourments de l'esprit, dans une situation et un cadre qui donnent la pleine puissance à son sombre romantisme. Reb's aussi y déploie tout son talent...

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Enfin, Le dernier voyage du Shamraken (W.H. Hodgson) nous laisse sur la traversée ultime d'un sympathique équipage de vieillards bougons, tout en nostalgie et en poésie.

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Au final, c'est un bien bel ouvrage que voilà, partant sur le concept toujours intéressant d'adapter du littéraire par du graphique, et il y excelle par une forte symbiose entre la justesse de sélection et la puissance même des textes, et leurs interprétations magistrales.

* * *

Cette belle lecture m'a été permise par l'opération "La BD fait son Festival sur PriceMinister", qui demande une notation pour mieux qualifier l'expérience de lecture, dans ce cadre je lui donnerais donc un honorable 18/20.

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[BD] Zone Blanche (Jean-Claude Denis)

Difficile de parler de cette BD sans trop en dévoiler. Mais c'est encore une belle découverte...

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De nos jours (ou dans un futur très proche), les technologies utilisant les ondes électro-magnétiques sont omniprésentes, ce qui soulève de temps à autres des questionnements sur l'impact sanitaire - on le retrouve ici avec Serge Guérin, qui y est hypersensible et souffre donc de divers troubles très handicapants au quotidien.
Il vit seul avec son chat, tâchant de se protéger autant que possible...

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Cet état de fait soulève aussi une ultra-dépendance à l'énergie électrique, qui entraîne bien des désagréments en chaîne quand elle vient à manquer de manière imprévue, comme ici avec une panne générale qui paralyse tout un quartier parisien.

Serge Guérin, dans l'impossibilité d'utiliser son interphone pour rentrer chez lui, se rend à l'hôtel voisin, où il rencontre une autre "réfugiée" de la panne d'électricité.

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Ils s'entendent facilement, se comprennent, sympathisent. Un point commun les réunit surtout : ils gardent chacun une vieille rancune tenace pour des voyous qui ont abusé d'eux...

Une chose en amenant une autre, l'idée de s'échanger leurs "cibles", et donc leurs alibis et leurs mobiles, va se faire jour et les lier très intimement, dans ce contexte extraordinaire particulièrement propice aux pactes que la raison réprouve.

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Le plan paraît parfait et idéal, et le point de non-retour est déjà dépassé... Mais ça ne va (bien sûr) pas se passer entièrement comme prévu.

Quand le doute survient pour Serge Guérin, lui assénant la trahison ultime, il va passer un dernier cap.

Pour que ce soit bien la dernière fois qu'il se fasse berner, pour régler ses problèmes lui-même, et pour atteindre son dernier espoir : la zone blanche, le territoire vierge de toute activité électromagnétique où tous ses soucis disparaîtront.
(J'ai d'ailleurs cru remarquer des clins d'oeil, un jeu lexical, sur cette notion de zone blanche, tout au long de la lecture... comme cette allusion aux pages blanches de France Telecom pendant l'enquête policière.)

Parasité comme il l'est, toute réflexion lui est difficile, mais les souvenirs et associations d'idées qui lui tournent dans la tête vont aussi lui apporter la solution finale...


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Ingénieuse et retorse, elle lui ouvrira aussi le paradis fantasmé de la zone blanche, éternelle et pure.

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L'ensemble est très beau, et empreint de poésie, à la fois d'un point de vue visuel et littéraire.
C'est une belle histoire, si je peux dire ça d'une histoire criminelle, mais c'est surtout une histoire humaine... 
Avec une indéniable critique sociale sous-jacente. 

 

Peyr de la Fièretaillade, 1 : Marilyn Monroe et les samouraïs du père Noël (Pierre Stolze)

Forcément, un vieux poche brocanté bien kitch mais néanmoins classe (Caza oblige) avec un titre pareil, ça ne pouvait que m'attirer !
La lecture fut une expérience de longue haleine, déroutante et à oscillations variables.

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En ces temps de voyages supraluminiques, la tension règne entre les mondes de l'espace. C'est que dans cet univers de haute technologie, bien des inconnues demeurent, génératrices de conflits...

     Il y a cette planète oubliée, Echo, où seuls ont le droit de vivre des enfants, protégés par des guerriers inconnus... Il y a, à bord d'un vaisseau spatial, l'épouse de l'ambassadeur du Cercle Callimaque qui semble la réincarnation de Marilyn Monroe... Il y a des samouraïs, plusieurs fois centenaires et bien vivants... Et survolant ces mondes, un homme à barbe blanche et houppelande rouge...
     Quel lien y a-t-il entre tous ces mystères ?
*


Après une sorte de prologue plutôt mystérieux et déjà étonnant, le dépaysement s'installe avec le personnage principal de cette histoire : Peyr de la Fièretaillade, détective atypique s'il en est, fin gastronome et oenologue à ses heures, profitant d'une vie simple sur son petit satellite qui ne paye pas de mine.
La scène de son embauche pour cette aventure pose tout de suite le décor, très futuriste et décalé, un petit ovni de littérature SF...

*
"Je travaillais avec ardeur dans un carré de fraisiers, lorsque Joe le robot surgit inopinément.
- Bip ! grinça-t-il de sa voix métallique et asexuée. L'ambassadeur général du Cercle Callimaque, Son Excellence Gontran de Croix-de-Vie, désire s'entretenir incontinent avec l'instigateur Peyr de la Fièretaillade. Bip !
- Et merde ! me dis-je in petto. Pas moyen de jardiner tranquillement."
*

D'un côté, on a le robot, le vaisseau, les planètes, l'organisation galactique : de la sf tout ce qu'il y a de plus classique. De l'autre, le côté "ours" du détective retiré du monde entre deux missions, occupé par son hobby et parlant un langage familier : un classique du polar aussi - mais le mélange de ces deux registres n'est (me semble-t-il) pas si courant (du moins à ce point-là).

Arrive alors la dimension politique, avec toutes les circonvolutions de la diplomatie et ses chemins détournés pour mettre le limier sur la voie d'une mission dont il aura beaucoup à découvrir avant même de chercher à l'élucider.

C'est donc après avoir devisé de manière fort policée au sujet d'une antiquité perse, entre gens de bon goût, que Peyr déduit qu'il est à la recherche du Prince Gandalf IV, héritier du trône disparu dans des conditions mystérieuses quelques longues années auparavant...

Après les intrigues de pouvoir et la séduction à bord du vaisseau Bagatelle, il va devoir affronter la rusticité d'une vallée ressemblant en tous points à la Mongolie terrienne (qui relève de la préhistoire oubliée, dans cet univers futuriste), un guide borné, un maître zen bien plus futé et plus puissant qu'il n'y paraît, un long voyage en caravane, un mélange ahurissant et totalement anarchique de répliques de civilisations terriennes anachroniques, et toutes les incongruités d'une planète inconnue...

Tout en s'efforçant de démêler la vérité et une situation inextricable.

On y croise Attila doté d'un oeil bionique, des dinosaures parachutés dans l'espace, une gamine aux allures de princesse Disney, un char d'assaut allemand télékinésié par des bambins dans une Pompéï-des-sables, des samouraïs domestiques, des portes spatio-temporelles, et surtout, enfin, le Père Noël qui tire bien des ficelles derrière tout ça.

Le dénouement est à la fois intelligent et satisfaisant, inattendu d'une certaine manière, et insolite jusqu'au bout, avec une totale réinterprétation du mythe du père Noël...

Car oui, au final, si tous les éléments du titre sont au moins évoqués, on se demande longtemps ce qu'ils viennent faire dans cette histoire et en quoi ils sont importants au point d'être dans le titre - mais après la dernière page tout prend son sens, qui effectivement justifie bien une telle importance !

Pour conclure, je dirais donc qu'il y a quand même certaines longueurs, voire lourdeurs, notamment dues à un style très verbeux et élaboré - ce qui dénote aussi une écriture très documentée et ultra-référencée bien appréciable, et remarquablement riche !
Et ce complet mélange des genres bourré d'insolite est tout à fait réussi.


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* Le coin des citations *
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"Yeshe-Ö lisait-il dans les esprits? La réponse fut immédiate :
- Pas toujours clairement. Surtout en ce qui te concerne. Tourbillonne en ta tête et ton coeur un tel maelström de questions brûlantes, de désirs ardents, et d'inclinations sans objet qu'il m'est bien difficile de faire le tri dans ce charivari incessant.
Il se pencha en avant et, échine cassée, me tapota l'épaule. Me regardant droit dans les yeux il m'avoua, après un petit rire taquin :
- Au fond, ce que j'apprécie vraiment en toi, c'est que tu m'apprécies.
(...) Vrai, ce vieillard me plaisait : il en émanait une telle bonne humeur mêlée à une telle sérénité que j'avais l'impression de baigner au bord de ce que, faute de mieux, je nommerais 'sainteté'. Et je découvrais, avec un effarement quasi religieux, que la sainteté ne pouvait s'épanouir que dans l'entrain et la jovialité."
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* Ce qui est bien, aussi, dans ce roman, c'est qu'on sait ce qu'on y mange et ça sent le gourmet connaisseur :

"J'étais tellement absorbé par ce que contenait mon assiette, concentré sur ce qui descendait délicieusement dans mon ventre, que je dus me sermonner afin de prêter attention au rapport de Lobsang."
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"- Le commerce va donc péricliter rapidement et Koutcha risque de connaître une grave période de crise. A moins qu'elle ne possède une armée assez puissante pour protéger les caravanes.
- Les habitants de Koutcha ignorent la conscription, se sont toujours moqués des armes et de la stratégie militaire pour n'avoir jamais su ce qu'était la guerre. Si le mot 'guerre' existe encore, il a perdu toute signification précise, ne désignant plus qu'une farce très ancienne, un mythe cruel et mystérieux."
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"J'admirais le dévouement des cavaliers de K'in. Rien ne paraissait les affecter : vers midi, un peu avant la halte, alors que leurs armures surchauffées, qu'ils ne quittaient jamais, se transformaient en chaudrons ardents dans lesquels marinaient et cuisaient les corps, ils ne relâchaient en aucune manière leur surveillance rigoureuse de la lente théorie des chameaux, accomplissant toujours le même ballet, les mêmes relèves de poste."
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"Moi-même, j'éprouvais les pires difficultés à bien réaliser la situation, à vraiment coller à la réalité. Je cherchais à refouler un sentiment d'étrangeté, comme si tout ce qui m'entourait n'était que toc, décor pompeux, aménagement factice, assemblage délirant d'éléments disparates. Car quoi ! Comment croire en un samouraï installé dans une villa romaine au fin fond du désert d'une planète interdite ? Derrière le crâne à moitié rasé, au-dessus du chignon huileux, se creusait la perspective trop soignée, trop régulière d'une multitude de colonnes ioniennes, entre lesquelles jouaient lumière dorée et plantes verdoyantes."
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"Ma pensée... Quelle pensée ? Un point minuscule, concentré, plus gravitique qu'un trou noir, et qui filait, ahurissant et multiplié, encore arrêté devant la porte Noire du temple de Jupiter et déjà arrivé dans l'antre du Père Noël, et à l'intérieur d'une pyramide égyptienne, et au fond d'une cave d'une résidence secondaire normande, et au creux d'un repli rocheux d'une grotte de l'archipel nippon, à la fois présent lors de la naissance de l'univers, observant les lendemains chanteurs de la fin des temps, et immobile dans un hic et nunc qui était aussi un ailleurs et demain, un partout et un hier."
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[LDVH] Défis Fantastiques N23 : Le sang des zombies (Ian Livingstone)

Les LDVH (ou ldvelh), ou Livres Dont VOUS Êtes Le Héros, c'est une bonne partie de mon adolescence dont je garde un souvenir ému et reconnaissant.
A défaut d'entrer vraiment dans le JDR (jeu de rôle) sur table etc, ça a été une sorte d'initiation à ce concept général, qui a beaucoup occupé mes longues journées de collégienne/lycéenne seule et timide en fond de cambrousse...
Bien sûr, ce n'était pas pareil, et les ldvh ont aussi leurs défauts, mais je leur conserve bien évidemment une affection toute particulière !

J'avais fini par accumuler une collection honorable, dont je ne me suis jamais séparée, et que j'ai commencé à reprendre et étoffer il y a 2 ou 3 ans.

Sur ce, un renouveau s'est produit dans le domaine : tous les titres existants ont fait l'objet d'une nouvelle réédition mise à neuf chez Gallimard, et des inédits ont commencé à arriver !

J'ai donc tâté des nouveaux, toujours dans la série Défis Fantastiques - la grande classique de Ian Livingstone et Steve Jackson (mais sans ce 2° pour cet opus inaugurant la nouvelle génération) - avec Le Sang des Zombies.
Un de mes thèmes de prédilection, ça pouvait pas tomber mieux.

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Brillant étudiant en mythologie, vous ne vous attendiez certainement pas à passer des vacances, que vous aviez imaginé studieuses, dans un château perdu au fin fond de la Transylvanie, à la merci de hordes de Zombies.
Et pourtant vous voilà maintenant menant une chasse effrénée à ces créatures, œuvres de l'immonde Gringrich Yurr et de ses savants fous, dont le rêve insensé n'est autre que de devenir maître du monde. Un rêve que vous seul pouvez réduire à néant. Si toutefois vous restez en vie... Pourrez-vous survivre dans l'enfer qui vous attend, ou deviendrez-vous à jamais un Zombie ?

Inédit! L'aventure continue en grand format pour la série culte aux 14 millions de lecteurs.
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Pour rappel ou remise en situation, un ldvh est un livre qui se joue, comme un roman dont on influerait le cours de la narration. Plusieurs fins sont possibles, généralement une seule est la bonne. On incarne un personnage qui va évoluer dans un contexte donné et avec un certain état de santé qu'il va falloir maintenir.
On avance dans l'histoire par "paragraphes" (ou sections) numérotés successifs, à la fin desquels on choisit d'effectuer certaines actions ou non, de prendre telle direction ou telle autre dans l'exploration de l'endroit, etc...
Il arrive qu'on rencontre des bêbêtes ou personnages belliqueux ou nocifs, qu'on combat selon un système établi et avec l'usage de dés (parfois imprimés dans la marge au bas des pages, il suffit alors de feuilleter rapidement l'ensemble du livre et s'arrêter sur une page au hasard pour obtenir le résultat d'un jet de dés).
Un crayon et du papier sont nécessaires pour consigner les données caractérisant son personnage, noter des indices, le déroulement des combats et le nombre de victoires...

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Et donc, pour ma propre expérimentation de cet inédit, je dirais que comme les meilleurs DF d'antan, le niveau est assez difficile, on tombe forcément dans au moins une impasse avant de parvenir à la fin victorieuse. Mais c'est le jeu !
Et c'est ça qui permet de bien explorer à fond toutes les options possibles, les diverses variations de parcours.

Il y a beaucoup de combats, on passe pas mal de temps à buter du zombie - ça aussi fait partie du principe (et encore, un système de munitions semble avoir été supprimé des règles au dernier moment).

De même, il faut louvoyer pour fouiller assez d'endroits et d'ennemis vaincus pour récupérer de l'argent et des objets, envahir son sac d'une liste d'objets très disparate et farfelue, sans trop savoir ce qui sera vraiment utile (voire même indispensable) dans tout ce fatras, noter les bonnes infos et les codes secrets à utiliser à bon escient...

Mes bonnes vieilles méthodes de jeu développées par mon expérience intensive m'ont à nouveau été bien utiles - et nan c'est pas tricher !!! Bien organiser ma Feuille d'Aventure, ajouter un listing des paragraphes choisis lors du parcours et s'en servir pour repérer les boucles, les détours déterminants, les pièges à éviter, revenir au dernier choix "sauvegardé" quand l'aventure se termine prématurément à cause d'un mauvais hasard... (mais je reste honnête sur mes combats, points d'endurance, tests de chance etc, hein. 'tention.)

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Si l'intrigue est volontairement située dans un univers contemporain, et non sur le monde de Titan traditionnel de la série, on en trouve des clins d'oeil plus ou moins flagrants, avec grand plaisir pour les nostalgiques comme moi.

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"Le tiroir du haut contient des crayons, du papier, une règle,une calculette, une agafeuse, une perforatrice et un chargeur de téléphone, alors que dans le tiroir du dessous, vous ne trouvez que des cartes postales représentant le château. Sur l'une de ces dernières sont incrits de brefs voeux d'anniversaire : 'Joyeux 30 ans, Zagor !' suivis de la signature de Yurr lui-même, mais sans la moindre adresse."
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En bref, cette nouvelle mouture me séduit tout à fait, en restant bien dans l'esprit d'origine tout en apportant quelques innovations, un renouveau qui ne dénature pas l'essence même des Défis Fantastiques.

J'ai bien l'intention de continuer à découvrir ces inédits, et peut-être même à me replonger dans ma vieille collection, tenter de chroniquer mes préférés, jouer à ceux que je n'avais pas lus...
On verra bien !

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Et c'est ma première participation au Zombies Challenge du blog La Prophétie des ânes, un défi de 28 semaines avec des vrais bouts de cerveau dedans.

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[BD] L'outremangeur (Ferrandez & Benacquista)

Encore une bonne découverte tout à fait fortuite ! A première vue, ça m'a un peu rappelé "Le gourmet solitaire", un de mes Taniguchi préférés. Avec le caractère du commissaire Adamsberg, dans les polars de Fred Vargas. Un mélange intéressant...

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Richard Séléna est un super-flic dont la réputation n'est plus à faire. Il a pourtant un gros problème dans l'existence. Il pèse 160 kilos. Son cardiologue ne lui donne que deux ans à vivre, sa thérapie de groupe le laisse muet. Il dévore tout ce qui lui tombe sous la main pour calmer son désespoir.
Quand il rencontre la belle Elsa, Séléna lui impose un jeu troublant dont lui seul connaît la règle.
Tout le monde à droit à une seconde chance.
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Tout en silences et en pudeur, on s'immerge dans la vie de cet homme luttant en vain contre une boulimie compulsive redoutable, seule faille chez ce commissaire qui semble exemplaire.

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Mais ses manières de solitaire, son caractère autoritaire et bougon, ont vite fait de lui ajouter une certaine aura de mystère... Qui s'accentue quand on le voit tenter de faire accepter son aide financière et distante à une marginale aux cent chats, puis imposer un pacte douteux à une belle jeune femme qu'il a identifiée dans son enquête en cours, pour l'inviter une heure chaque soir pendant un an.


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Ces soirées avec la belle Elsa sont simples, très simples : il réapprend le plaisir de cuisiner pour quelqu'un d'autre, de partager ses repas...
Avec le temps, la contrainte s'allège et leur relation devient plus détendue. Avec toujours autant de simplicité, un réel échange vient à poindre. C'est beau.

En parallèle, un net changement s'opère chez lui, avec une désertion de son groupe de parole, quelque chose de plus serein dans son attitude professionnelle...
Bientôt, on le voit se sevrer de ses descentes de frigo pantagruéliques, refaire sa garde-robe.

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Il y a certainement plus de bon que de mauvais dans tout ça, mais que penser de sa moralité, de son honneur de commissaire ?
C'est ce qu'un collègue va finir par lui opposer, mais il est prêt à s'expliquer, et il a des secondes chances à faire valoir.
Y compris pour lui-même, qui fait enfin la paix avec ses vieux démons.

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Au final, c'est bien un humain qu'on a trouvé derrière les apparences. C'est l'humain qui est révélé, avec ses failles et ses forces, humblement.
C'est l'homme derrière "le gros", l'homme derrière le flic.

 Le tout servi par un style sobre, une narration et une ambiance qui passent plus par des émotions mesurées, et des aquarelles sans fioritures que j'approuve. coeur

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[BD] L'effet kiss pas cool : journal d'une angoissée de la vie (Leslie Plée)

Après "Moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses" que j'avais beaucoup aimé, y retrouvant un vécu qui me parle, de plus ou moins loin, j'ai persévéré avec cette auteur qui m'est bien sympathique, pour cet opus un peu plus personnel qui me touche encore plus.

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Des bacs à sable aux bancs de l’université, de l’adolescence à l’âge adulte, ses crises d’angoisse ne l’ont pas quittée. Leslie nous livre, avec ironie et décalage, ses faiblesses qui font toute sa singularité. Au fil des planches, elle se dénude et nous touche à sa manière, entre deux éclats de rire !


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Une angoissée de la vie, ça me décrit parfaitement, et tout particulièrement depuis quelques temps où ça fait plus que déborder sur ma vie en général...
Je me suis reconnue dans la plupart des situations et des réflexions de ce livre, et je le recommande à tous ceux qui seraient dans ce même cas.
C'est bête, et on a beau le savoir déjà, c'est toujours bon de voir qu'on n'est pas seul au monde avec ce genre de vécu, et que des réactions dont on a honte se retrouvent presque banalisées, ou plutôt dédramatisées.

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A l'humour et l'autodérision qui y sont généralement rattachés, s'ajoute la justesse et la pertinence des propos, et une certaine fraîcheur dans la façon de le raconter...

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Vous l'aurez compris, c'est un coup de coeur !

 

[comics] Zombie Tales, 2

Voilà une belle trouvaille que j'ai découverte pendant mes recherches pour le Swap Zombie, comme je cherchais plutôt du comics et que je n'en connais pas des masses...
Je suis donc tombée sur le tome 2 de cette collection originale qui m'a beaucoup intriguée, assez pour tenter le pari qu'il se révèle parfait pour mon swap, et je ne l'ai absolument pas regretté !


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La série plusieurs fois récompensée sort enfin de sa tombe pour débarquer en France !
Rejoignez Joe R. Lansdale, Steve Niles et Kim Krizan pour des histoires de morts et de vivants qui vous laisseront sans voix ! Des histoires passionnantes par des scénaristes et des dessinateurs qui sont parmi les plus appréciés du genre.

Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est la diversité des styles et des visions du mythe zombie.
Ce thème est devenu tellement à la mode qu'on peut craindre une certaine uniformisation plutôt qu'un véritable phénomène d'émulation artistique et culturelle... Avec les Zombie Tales, on est loin des sentiers battus et bien calibrés !

Chaque histoire de ce tome met en scène des zombies plus ou moins traditionnels dans des styles et des univers très différents, souvent atypiques.

Bien sûr, il y en a eu certaines auxquelles j'ai moins accroché, comme "La guerre à la maison" pour son côté cheap et pin-up avec l'inévitable bonnasse éperdue en blouse blanche.

"Une personne très sociable" et "Zounds !" m'ont semble-t-il peu marquée, bien que le fait de chroniquer de mémoire plusieurs mois après la lecture puisse jouer.

J'ai relevé plus d'intérêt pour "Printemps 2061", où les échos de Shakespeare dans un univers très post-apo, sombre et désertique, apportent un grain de folie bien vu.

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Idem pour "Double portrait", qui développe une ambiance forte et palpable sur une idée somme toute assez prévisible, mais qui personnellement m'intéresse toujours.

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"Dernier arrêt au virage du diable" fut une agréable trouvaille, avec l'intelligente introduction d'un autre mythe populaire pour pimenter les ingrédients classiques de l'invasion zombie...

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J'ai eu un véritable coup de coeur pour "5 étoiles", totalement décalé avec ce plateau télé de critique ciné qui oppose le présentateur traditionnel et distingué à une critique aux goûts plus... simples et directs, qui emporte pourtant la préférence du public.
C'est débile et efficace, j'adore.

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Enfin, "Zaambi" m'a étonné par son cadre chinois antique, et j'ai beaucoup aimé ce mélange. La réécriture de ce symbole historique est une merveilleuse idée, et le ton narratif lié à cette civilisation très attachée au conte en fait une évidence qui s'impose.
Et c'est bon de rappeler que les zombies sont présents dans d'autres cultures, alors que la vague actuelle est plutôt centrée sur les U.S.A. et l'Europe...

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Voilà donc un beau receuil d'histoires de zombies au format comics, original et dépaysant !