Days

<< < juin 2017 > >>
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 24 25
26 27 28 29 30    

Modération

 

Pour des raisons de sécurité, les commentaires sont soumis à modération.
Ne vous inquiétez donc pas si vous en postez et qu'ils n'apparaissent pas immédiatement !

Derniers commentaires

Abraca*Bibli

[BD] Cadavre exquis (Pénélope Bagieu)

Ca fait vraiment longtemps que je voulais le lire, celui-là, à tel point que j'avais l'impression de le connaître, et pourtant ce livre a trouvé le moyen de me surprendre !
Une très bonne surprise, et le coup de coeur que je pressentais a bien été au rendez-vous, encore plus fort que je ne l'escomptais.

bagieu-cadavrexquis

Zoé a un boulot pas drôle : elle est hôtesse d'accueil dans les salons - de l'automobile ou du fromage - et doit faire bonne figure, debout toute la journée avec des chaussures qui font mal aux pieds. Le jour où elle rencontre Thomas Rocher, écrivain à succès, la vie semble enfin lui sourire.
Mais pourquoi Thomas ne sort-il jamais de son grand appartement parisien ? L'amour peut-il vivre en huis clos ? Et quel est dans cette histoire le rôle d'Agathe, la belle, froide et machiavélique éditrice de l'écrivain ?

Pénélope Bagieu est une des blogueuses BD que je suis depuis le plus longtemps, avec son fameux "Ma vie est tout à fait fascinante".
J'apprécie la fraîcheur de son trait, son humour, son enthousiasme...

Ici j'ai retrouvé tout ça, avec aussi de la profondeur en plus, un graphisme travaillé encore plus expressif, et une justesse efficace dans le ressenti et le rendu des personnages, des ambiances, des sentiments... Avec une intrigue très jolie happy

Cette fille tellement désabusée, engluée dans le métro-boulot-dodo, qui plus est un boulot peu valorisant basé sur les faux-semblants, et un dodo pas folichon avec un copain limite bidochon, on s'en sent vite proche...

bagieu-cad-1

Elle est toute jolie quand elle y met les formes, mais surtout elle est nature, et c'est là qu'elle n'en est que plus belle et touchante ! 

Et c'est sa simplicité, son naturel, qui lui ouvre la porte de Thomas, caché derrière ses rideaux et pourtant si soucieux de sa célébrité.

bagieu-cad-5

bagieu-cad-2     bagieu-cad-3

La roue tourne, la vie change... Ils forment un couple qui détonne, et pourtant, c'est si... naturel, une fois de plus.

Mais il y a quelque chose qui cloche, Thomas fait bien des mystères, persiste à se terrer sans jamais sortir, et puis voilà Agathe, l'éditrice qui se révèle vite bien trop proche de "son" auteur "pour être honnête".

Comme toujours dans ces cas-là, ça ne se passe pas tout seul, il y a beaucoup de rancoeur, de petites mesquineries, de doutes... Le shéma est classique, mais on le vit vraiment par les yeux de Zoé, qui sent plus que jamais qu'elle n'évolue pas dans le même monde de livres et de coups publicitaires que son amoureux et sa vieille complice.

bagieu-cad-9

bagieu-cad-8

Et puis comme toujours dans ces cas-là, ça crépite un moment, ça frôle la fêlure, ça se rabiboche avec des bouts d'espoir, et puis... sans spoiler, ce qui finit par se révéler est assez énorme.
C'est l'un des principaux éléments du bouquin, ce qui forge son identité, qui lui donne son sens.

C'est la fin pour Zoé, une fin douce amère... Mais d'un autre côté, elle nous a déjà montré qu'elle n'est pas du genre à se laisser faire, non ?!
Elle va prendre sa vengeance sur la vie d'une manière très intelligente - et totalement pétasse, mais assumée et heureuse ; et ça FAIT DU BIEN !!!

Et c'est d'ailleurs ce qui pour moi résume le mieux cette lecture : ça fait du bien, bon sang. Ce personnage de Zoé est vraiment chouette smi

bagieu-cad-6

 

Taupe (Nico Bally)

Eeeeh oui... Ca fait un bail, hin ?!
Mais il y a décidément beaucoup de chamboulements dans ma vie, et je ne fais que ce que je peux - une notion extrêmement variable et couvrant de moins en moins d'activités, y compris dans celles qui me tiennent à coeur...

Ce qui m'avait amené à d'abord refuser la proposition de SP des éditions Malpertuis, que pourtant j'aime beaucoup, lors des dernières Imaginales, puis à hésiter et me laisser tenter en essayant de respecter un délai raisonnable... Ce que je n'ai pas vraiment réussi, hélàs, mais ça a été une lecture agréable que j'ai bien apprécié après une certaine panne, et je tenais à en faire un retour.

taupe-bally

Un beau jour de 1864, Jules Scartaris, un jeune garçon, se retrouve victime de sa curiosité. Entré discrètement dans une étrange machine, en compagnie d'un chat tout aussi fouineur, il voit, impuissant, l'appareil se refermer sur lui et commencer à s'enfoncer dans le sol.
Car Taupe (puisque tel est le nom de cet engin aux faux airs de Nautilus) vient d'entamer sa mission, et celle-ci consiste à atteindre le centre de la Terre...
Passager clandestin malgré lui, Jules devra travailler pour justifier sa présence à bord. Louvoyant entre les personnages hauts en couleur – parfois amicaux, mais pas toujours – qui composent l'équipage, il lui faudra participer à toutes les tâches qui contribuent à faire fonctionner le vaisseau souterrain. Il y découvrira les secrets de la machine, mais aussi ceux des hommes...


Comme indiqué sur la 4° de couv, on me l'a présenté comme un roman jeunesse, un peu d'inspiration steampunk et surtout très Vernienne. Ayant raffolé de Jules Verne et de vieux feuilletons dans mon enfance, et étant attirée à la fois par la couverture, le résumé et le nom de l'auteur que j'avais déjà croisé sur des nouvelles, ça méritait d'essayer...

Et c'est très justement ça : du jeunesse un peu steampunk et surtout bien dans la lignée de Verne.

Au début, j'avoue que je lisais avec une curiosité plutôt dubitative, un peu ennuyée par le style "jeunesse" qui n'est plus forcément ma tasse de thé... et surtout, l'ambiance et le rythme propres à ce roman, effectivement fidèles au tempo Vernien - auquel il me faut toujours un certain temps d'acclimatation, sous peine de voir le livre me tomber des mains.

Passé ce moment d'adaptation et de mise en place, je me suis facilement prise au jeu de l'exploration du projet Taupe à travers les yeux du jeune Jules, clandestin malgré lui, voix de la morale et de la curiosité - sinon scientifique, du moins extérieure.

Son affectation successive aux différentes équipes de travail lui permet d'acquérir une vision d'ensemble de ce projet risqué et très réfléchi, fruit d'une analyse implacable et très organisée servie par une discipline très stricte. Là encore : Jules Verne.
Avec sa position d'enfant, qui plus est issu d'un milieu favorisé, et son statut d'intrus - ce "parasite"  comme le surnomment certains membres de l'équipage avec plus ou moins d'humour -, c'est aussi un regard critique et une mise en perspective qui veut se poser sur cette expérience et le microcosme de société qu'elle implique... Jules Verne !

Sans oublier les cas de conscience, les amitiés et inimitiés qui se développent, les périls qui menacent notre jeune narrateur, les rebondissements, les secrets et les manigances...

L'intrigue parallèle du chat, l'autre clandestin que l'équipage recherche, nous ramène au jeune âge du personnage principal, et ajoute une certaine fraîcheur au milieu de tout ça.

Comme on ne tarde pas à le voir, chaque taupiste (oui, c'est le nom donné aux membres d'équipage de Taupe) a son caractère - souvent bien trempé -, son passé trouble et/ou son handicap.
La galerie des personnages est variée et bien construite, et chacun a un développement et une psychologie intéressants.


Au final, Taupe est à la fois un hommage réussi aux feuilletons de science-fiction pédagogique tels que Verne en était le maître, un roman jeunesse actuel intelligent, et tout simplement un roman original, bien documenté et réfléchi, qui parle de scientifiques visionnaires, d'expérimentations risquées, de nature humaine dans ce qu'elle a de bon et de mauvais mais toujours immuable, de tolérance, de réinsertion, de rédemption et de sacrifice, de persévérance et de foi en certaines valeurs et espoirs, et de grandir et de mûrir, et de la vie jusque dans ses leçons les plus rudes.


*
* *
* * *
* Le coin des citations *
*

"Je comprenais ce que devaient ressentir les accusés qui traversaient la rue, menottes aux poignets, tandis que les badauds se demandaient s'il y aurait bientôt une nouvelle pendaison à regarder. On allait décider de mon sort, et je ne pourrais probablement rien faire pour changer ça."

*

"A la place de mon confort habituel, je n'avais qu'une couchette froide, sans drap, sans couverture, avec un bloc de mousse dure en guise d'oreiller, dans un cabinet où circulaient des taupistes en blouse.
Les vibrations finirent tout de même par me bercer, et je replongeai dans mes rêves infra-terrestres. J'y étais juché sur une sorte de géant bouclier d'argent, propulsé vers le haut par la lave jaillissante d'un volcan. Mon ascension était infinie, alors que je guettais l'arrivée, le moment où le volcan me cracherait vers le ciel.
C'était comme une chute libre à l'envers. Les rêves sont farceurs ! Alors que je m'enfonçais lentement vers le centre de la Terre, je rêvais que j'en étais violemment éjecté.
Mon sommeil fut bref. Je devrais sûrement m'habituer à ce nouveau rythme de repos rapides. Je n'étais pas sûr d'y arriver. L'absence du soleil était étrange. Il avait toujours agi comme un repère discret, comme un domestique qui m'indiquait quand me lever et quand me coucher."


*
"Tu as vu la tête, mon petit Jules. L'amiral et le pilote sont le cerveau de Taupe. Les sondeurs en sont les yeux. Les vrilles forment la gueule qui creuse la terre."
(...)

"Les trieurs sont le système digestif de Taupe. On ne rejette pas tout ce que l'on creuse. Il y a de l'eau dans la terre, on l'absorbe dans ces tuyaux."
(...)

"L'eau est filtrée, on la boit, elle nous lave et lave nos vêtements, etc. On récupère également le charbon et les combustibles. Mais pour les différencier des minerais inexploitables, il faut des hommes et des femmes."


*

"Oh mon pauvre parasite, me dit-elle. Tu ne sais pas dans quoi tu t'es embarqué.
- Une machine qui s'enterre toute seule, avec plein de prisonniers à bord, dis-je.
- Ah ! Pire que ça. Viens ici."

 


*

"J'imaginais avec une grimace triste le corps désarticulé de JS reposant sur un tas de dépouilles brûlées.
- L'amiral a fait une cérémonie ? demandai-je d'une voix étranglée.
- Il... il n'y a pas eu d'enterrement. Tout est détraqué, il n'y a plus aucune place pour la dignité. On est comme sur un radeau à la dérive, tu comprend?
Je ne comprenais pas. Qu'avaient-ils fait ?
- Où sont-ils ? demandai-je. Qu'avez-vous fait du concepteur ?
La bouche du cuisinier tremblait.
- On ne pouvait plus les conserver. Ca n'est pas bon pour l'atmosphère. Et on ne pouvait pas se permettre de s'arrêter à nouveau...
- Qu'avez-vous fait du concepteur? répétai-je en haussant le ton.
Ma tête me faisait mal, une douleur pulsait en appuyant sur mon front.
- On les a jetés... avoua le cuisinier. On les a laissés derrière nous.
- Comme des déchets ?
- Nous n'avions pas le choix !
Je partis, brûlant de colère. Le concepteur avait été éjecté, digéré par sa propre machine. Et avec lui les taupistes morts dans l'explosion.
Qu'était devenue notre noble mission, notre fière colonisation du Centre ? Nous n'étions plus que des naufragés, poussant les cadavres hors du radeau. Cela m'horrifiait. A quoi bon continuer ? Nous étions devenu des monstres ! Ou pire : des machines, rejetant le surplus, la matière morte, pour avancer aveuglément vers notre but absurde.
Le jardin était détruit. Taupe y avait perdu son bout de nature, son âme, le seul petit espace de la Surface que nous avions emporté avec nous. Tout le reste n'était plus que des rouages usés."

 


* * *
* *
*

Je remercie donc chaleureusement les éditions Malpertuis que j'aime toujours autant, et avec mes plus plates excuses pour le retard éhonté

   

 

Le Sabre de Sang, 1 : Histoire de Tiric Sherna (Thomas Geha)

Je ne sais pas trop pourquoi, Thomas Geha (et ses identités multiples) me semble familier depuis des années. Alors qu'à la réflexion, quand j'ai lu son texte dans l'anthologie "Réalité 5.0" (c'est encore dans ma Pile A Chroniquer, tout comme ma vadrouille aux Rencontres de Sèvres qui me marqua cette lecture magnifique), j'ai réalisé que je ne suis vraiment pas si sûre de l'avoir lu ni même de lui avoir adressé la parole auparavant...

Le Mois de Thomas Geha sur Book en Stock est donc tombé à pic pour continuer sur ma lancée, d'autant plus que j'ai eu le plaisir de recevoir le tome 1 du Sabre de sang grâce au partenariat avec Folio SF !

geha-sabresang1

« Mon nom est Tiric Sherna. J'ai survécu à la guerre. Mais la défaite que vient de subir mon peuple, les Shaos, me laisse un sale goût dans la bouche, comme une envie de vengeance. Les Qivhviens - des humanoïdes reptiliens - nous ont massacrés ou, pire encore, réduits en esclavage. Une caravane nous convoie vers Ferza, la capitale de l'empire qivhvien. Dans ce nid de vipères, les plus forts d'entre nous seront destinés aux arènes. Autant dire que je suis voué à une mort certaine...
Mais je suis un Shao ! Et un jour viendra, je le jure, où nous nous relèverons et vaincrons l'ennemi. Oui, un jour, j'aurai ma revanche ! »

*

Voici donc le premier volet d'un dyptique bien construit, à priori un peu asiatisant (ce qui est déjà un petit défi pour moi), avec ces guerriers Shaos qui sortent prisonniers de l'ultime bataille de leur peuple contre l'envahisseur Qivhvien - ultime déshonneur que de ne pas mourir au combat et subir le joug des conquérants haïs...

Et ça ne fait donc que commencer, pour Tiric Sherna, officier Shao qui sera au centre de ce récit, et son compagnon d'infortune Kardelj, qui prend la situation avec plus de philosophie.
Il faut dire qu'il en sait plus sur les moeurs et la mentalité qivhviennes, et sait mieux à quoi s'attendre quant à leur nouvelle existence d'esclaves.

Tiric, lui, tombe de plus haut - et plus bas, dans les mains de Zua Lazpoa, redoutable intriguante à la cour de l'impératrice, qui compte beaucoup sur son nouveau champion pour satisfaire à ses ambitions.
Et comme c'est dans l'arène que tout se joue, nos héros sont effectivement des pions reproduisant les forces en présence, qui influent aussi sur l'équilibre politique par leurs victoires et leurs faits d'armes - ce qui est déjà intéressant en soi, sans parler des combats très bien écrits.

Les deux Shaos doivent la jouer fine, mais ils ont plus d'un tour dans leur sac ; et bientôt la fuite leur ouvre les bras, en compagnie du vieux Snadien fou dont ils ont partagé la geôle et d'une Quivhvienne sacrifiée sans état d'âme sur l'autel du pouvoir ; en semant une bombe à retardement qui leur donnera bien quelques autres sueurs froides, mais leurs chances de survie, même infimes, sont bel et bien là.

La cavale est pleine de rebondissements, et tous les talents sont mis à contribution pour s'en sortir. Qu'ils le veuillent ou non, ils apprennent à se connaître et se rapprocher plus ou moins...
Enfin, tout est relatif en ce qui concerne Apeô, le vieux Snadien étrange, mais à sa manière il apporte aussi une aide non négligeable.

Et c'est alors qu'ils peuvent enfin reprendre souffle, après avoir échappé à tant de choses, que la source de tout ce mystère revient percer sous la surface, et faire tout basculer... En emportant Tiric Sherna dans l'oeil du cyclone.

Toute cette aventure rencontre ici son point final, dans la douleur et un certain sentiment d'amer gâchis - ce qui correspond parfaitement à Tiric -, pour le jeter irrémédiablement dans une souvelle spirale de fuite en avant incontrôlable - ce qui nous amène directement au deuxième volet du dyptique, qui semble s'articuler sur une parfaite symétrie, j'aime ça arf

Au final donc, c'est de la fantasy originale et bien équilibrée, et une épopée très prenante, avec des personnages complexes et attachants (j'aime tout particulièrement Kahrzoa, ça va se voir dans ma sélection de citations ci-dessous), des sujets qui peuvent amener à des réflexions intéressantes (à la volée: choc des civilisations, esclavage, colonisation, orgueil, vengeance, tolérance, vision de l'autre...), et de belles scènes fortes ; dans une construction et un style plutôt remarquables (et dont l'humour n'est pas absent, icing on ze cake!).

*
* *
* * *
* Le coin des citations *
*


"Arénier. J'aurais dû me douter que derrière ce mot se cachait une double signification. On nous avait réservé la meilleure surprise pour la fin. Nos adversaires débouchèrent dans l'arène. Armés jusqu'aux dents... Oh, ils étaient bien dix ! Mais ils apportaient avec eux une compagnie supplémentaire : trois belles araignées d'un mètre soixante dix, montées par trois des aréniers. Kardelj et moi nous entreregardâmes, un peu surpris, peut-être fatalistes. Mon camarade sourcillait, l'air de se dire : "Merde, on n'est vraiment pas vernis." Ma foi, j'étais bien d'accord. Je détestais les araignées, surtout de cette taille. Leurs pattes fines étaient recouvertes de tubes métalliques, comme une armure, dont les jointures correspondaient à leur morphologie et leur permettaient une mobilité totale."

*

"- Kahrzoa sera votre guide, annonça le pidoorgar en nous désignant une Qihvienne un brin maigrelette mais aux yeux superbes. Vous devrez la blesser avant de rentrer dans le palais.
La Kahrzoa en question eut un sourire pincé. Elle n'avais pas l'air dans son assiette, pas contente du tout de participer à cette nuit meurtrière. Je la soupçonnais bibliothécaire. Pauvre Qivhvienne servile, je l'aurais presque prise en affection, avec son air contrit."

*

"Elle nous avait dit qu'à Ferza, elle travaillait aux archives impériales ; un recoin du palais dont tout le monde se contrefichait. Archiviste était sans doute le métier le plus dégradant et le plus honteux pour un Qivhvien digne de ce nom, surtout pour une femme de l'empire supposée intelligente et ambitieuse, en âge pour la quête de reproduction. Mais pas pour Karzhoa : son travail l'avait passionnée. L'histoire de son peuple et son évolution la fascinaient. Elle s'était donnée corps et âme. Et pour quelle récompense ? La fuite, en compagnie de deux esclaves shaos et d'un Snadien !
Néanmoins, nous pouvions bénir sa connaissance parfaite de l'empire. Avec elle, ce n'était pas du tout la même histoire que sans elle."

*

"J'étais d'avis, après ça, que nous la fermions définitivement, et j'eus un regard acide vers mon ami. Il me fit un geste désabusé de la main et reprit une position convenable sur son harull, me tournant le dos. Apeô, lui, n'ouvrait toujours pas sa bouche mangée par sa longue barbe grise. En l'occurrence, c'était lui, pour une fois, le plus avisé de nous trois. Mais ses yeux nébulaient, et je me demandais si, à ce moment, il comprenait vraiment ce qui l'entourait.
Quant à Kahrzoa, j'avais un mal de fjark à la reconnaître. Elle n'avait plus rien de l'archiviste impériale fébrile et peu assurée que les gardes de Lazpoa nous avaient présentée, ou la fille en pleurs consolée par Kardelj le jour de notre fuite."

* * *
* *
*


Et pour le coup je suis vraiment foireuse de tant de retard, mais il reste encore une toute petite poignée de jours pour aller suivre et participer au Mois de Thomas Geha sur Book en Stock !
Et je remercie aussi les éditions Folio SF pour leur partenariat.

foliosf-logo      


 

Les pantins cosmiques (Philip K. Dick)

Philip K. Dick est un de ces grands auteurs de SF qui manque à ma culture littéraire, et que j'avais bien envie d'explorer à l'occasion, après ma lecture de Blade Runner.

Et voilà que l'occasion s'est présentée, avec ce court roman récemment réédité en poche chez J'ai Lu :

pantinscosmiques-jailu    pantinscosmiques-old     pantinscosmiques-old2

Ted Barton n'a plus remis les pieds à Millgate, la petite bourgade des Appalaches où il a grandi, depuis qu'il l'a quittée bien des années plus tôt. Rien d'étonnant, donc à ce qu'il n'y reconnaisse plus rien. Pourtant, certains détails ont de quoi le dérouter : les commerces qu'il a connus semblent n'avoir jamais existé ; personne, même parmi les plus vieux de Millgate, ne se souvient de lui ou de sa famille ; plus troublant encore, un certain Ted Barton, né le même jour que lui, y est décédé à l'âge de neuf ans.


Ben c'est plutôt sympa.

Le début pourrait paraître un peu long, mais c'est pile le bon dosage entre le pied dans la réalité on ne peut pas rationnelle de la vie normale de Ted Barton, et le surnaturel incroyable qui le cueille au bout de la route de son retour aux sources. Le clash avec sa femme fait aussi partie du détachement nécessaire à son acceptation du paranormal et sa décision de chercher à le comprendre et le combattre...

Et bien vite on est happés par les personnages et les mystères de cette Millgate parallèle qui a pris lieu et place de la Millgate d'antan dont Ted semble être le seul à se souvenir parfaitement.

Et puis il y a ce gamin de la pension, Peter, qui prétend tout savoir de lui, et manifestement en sait long également sur la situation.
Et ces Errants, fantômes qui traversent le paysage sans que la population locale trouve ça anormal.
Et cette autre gamine, Mary, qu'on découvre en pleine discussion avec les abeilles, espionnant la vallée en alternance avec les papillons de nuit - tandis que Peter prépare patiemment sa propre ménagerie redoutable.

Pour encore ajouter à toutes ces bizarreries qui déroutent Ted, Peter l'invite à distinguer les deux géants qui occupent la vallée...

*
"Il s'était attendu à ce qu' 'Il' fasse partie du paysage. Pas du tout. 'Il' était le paysage. Tout un pan de l'horizon, le versant de la vallée, les montagnes, le ciel, tout. Aux confins de l'univers, il dressait la tour vertigineuse, le donjon colossal d'une forme cosmique dont les contours se précisaient, monumentaux, dans le verre de sa loupe.
Il s'agissait d'un homme, en effet. Les pieds plantés dans la vallée. La vallée, au loin, se confondait avec ses pieds. Ses jambes étaient les montagnes - ou les montagnes ses jambes ; Barton s'y perdait. Deux colonnes gigantesques bien campées, fermes et massives, et largement écartées. Là où il avait cru voir une masse flottante de brouillard bleuté se dessinait son corps. A l'endroit où les montagnes rejoignaient le ciel, le torse de l'homme, immense, se découpait.
(...)
La silhouette géante était courbée, penchée sur la moitié de vallée qui constituait son fief, comme pour étudier attentitvement son domaine. Il ne bougeait pas. Il demeurait absolument immobile.
Immobile, mais vivant. Pas une figure de pierre, une statue figée. Le mouvement, le changement n'existaient pas pour lui. Il était en dehors du temps, éternel. Ce qui frappait le plus, curieusement, c'était sa tête. On ne la voyait pas, mais elle se devinait au centre d'une auréole lumineuse, un nimbe radieux dont la magnificence diffuse vibrait au rythme même de la vie.
Le soleil était sa tête."

*

C'est le principal moteur de tout le livre, et je dois dire que l'idée est intéressante.
On verra plus tard que ça ramène à l'éternel principe de dualité: le bien contre le mal, la lumière contre l'obscurité, etc, à travers deux divinités parmi les plus anciennes de l'humanité, Ormadz le bâtisseur et Ahriman le destructeur (voir l'épopée de Gilgamesh).
Le rapport des deux enfants à cette dualité cosmique et mystique est aussi remarquable.

*
"Je ne suis pas sûr de tout comprendre. A l'origine il y a un duel. Une espèce de combat, avec des règles. Une main attachée dans le dos. Et quelque chose est entré. A pénétré de force dans la vallée. Il y a dix-huit ans, il a trouvé un point faible, une fissure par laquelle il pouvait entrer. Il essayait depuis toujours. Le conflit qui les oppose tous deux est éternel. Il a construit tout ceci - notre monde. Mais le nouveau venu a profité des règles pour imposer sa loi et tout a basculé.
(...)
La lutte qu'ils se livrent ici n'est qu'une partie infime, une fraction infinitésimale du conflit qui les oppose. Partout. Dans tout l'univers. C'est pourquoi l'univers existe. Pour offrir un cadre à leur rivalité...
- Un champ de bataille, murmura Barton"
*

Dans tout ça, Ted Barton se trouve quand même un brave gars qui a quelques souvenirs de la Millgate d'antan, lui aussi : William Christopher, devenu clochard dans cette ville Changée qu'il ne reconnaissait plus.
J'aime beaucoup l'amitié qui naît entre ces deux naufragés. smi

A coup de souvenirs partagés et d'évocation du temps d'avant, ils vont petit à petit inverser la tendance, et se rapprocher des Errants...

Et dans leur tentative d'élaborer un plan d'action, la mémoire va encore jouer son rôle, couplée à une cartographie de la Millgate d'avant telle que seul Ted s'en souvient complètement, et appliquant une autre idée très intéressante : celle du levier, que Pratchett utilise souvent et bien d'autres, en magie ou en physique, depuis au moins Archimède.

*
"Ces cartes, expliqua Hilda, doivent être considérées comme une allégorie symbolique du territoire qu'elles représentent. Pour cette tentative, nous allons utiliser le principe d'analogie, ou Science de la Balance : le symbole est rigoureusement identique à l'objet. (...)
La Science de la Balance. Terme ancestral sous lequel on désignait autrefois les rites éternels de la magie. L'art d'exercer une influence sur la réalité à travers son équivalence, symbolique ou verbale. Rigoureusement conformes, les cartes (...) tissaient avec la vieille ville un lien étroit. Les forces qui affectaient l'une se répercutaient sur l'autre. Telle une effigie de cire dans les pratiques rituelles d'envoûtement, l'image de la ville projetait son influence sur la réalité."
*

Ils vont ainsi renverser la vapeur et précipiter une bataille mettant en oeuvre des forces qui les dépassent, ce qui donne une savoureuse image d'apocalypse grouillante de rats, d'insectes, de serpents, d'humains de deux temps parallèles, de dieux cosmiques et de petits golems à moitié fondus.

Et je vais même vous dire que ça finit bien, avec juste ce qu'il faut de petits pincements au coeur pour que ça ne fasse pas trop "happy end" dégoulinante.

Au final c'est une petite lecture bien sympa - le style est plutôt simple, et l'intrigue ne va pas forcément très loin, mais rien que l'idée vaut le détour, je trouve ! Et puis ça se lit très vite

* * *
* *
*
Je remercie J'ai Lu de m'avoir offert cette lecture en partenariat, qui rentre aussi tout à fait dans mes challenges, avec un combo de malade:
- le Winter Mythic Fiction du RSF Blog puisqu'il y a des divinités et du duel cosmique
- le "Oh my! cette couverture" pour l'édition de 1984 chez Presses de la Cité (merci Noosphere)
- la Lecture Lama des Rapporteurs dans la catégorie "Navet céleste" pour cette couverture aussi !

logo-jailu
   
 
   pantinscosmiques-old         lecture-lama

 

Je ne suis pas une légende (Catherine Dufour) [JLNN]

Dans certaines conditions où j'ai envie d'un bruit de fond, j'aime bien me souvenir que je peux aussi l'occuper avec autre chose que de la musique, par exemple des livres audio, ou des podcasts... voire même des podcasts de livres audio !

Donc dernièrement, je suis retournée sur l'excellent utopod, et ai choisi de m'écouter un texte de Catherine Dufour, Je ne suis pas une légende (en référence à Matheson bien sûr) tiré de son recueil L'accroissement mathématique du plaisir, que j'ai ensuite relu dans sa version ebook que Le Bélial avait offert.

     dufour-catherine-legende-belial     dufour-catherine-l-accroissement-mathematique-du-plaisir

J'y ai retrouvé toute la patte et la saveur que j'adore chez cette auteur, notamment le subtil combo entre un style léché et un parlé vulgaire, entre des étincelles d'une certaine poésie et un réalisme d'un prosaïque confondant - une langue à la fois contemplative et vivante.

C'est une belle réécriture moderne du mythe du vampire, renvoyant aux histoires de zombies - bien que ça vienne très certainement de Richard Matheson (que je n'ai pas (encore) lu), mais je devine que l'intérêt et le propos de Catherine Dufour par rapport à ça est d'opérer un détournement anti-héroïque comme elle sait si bien en faire.

Difficile d'en dire plus (surtout sans spoiler ni tout raconter)... En tous cas c'est un bon texte, et très bien rendu en audio sur utopod ! 

*
* *
* * *
* Le coin des citations *
*

"Il m'arrive quelque chose dont j'ai toujours rêvé... c'est à dire qu'il m'arrive quelque chose. Et non seulement je suis parfaitement terrifié, mais en plus... en plus, je suis simplement terrifié.
Malo fuma sa cigarette d'un air farouche, s'attendant à ce que lève en ses tripes, comme une farine d'ennui qu'insémine un levain d'horreur, il ne savait trop quel sentiment d'exaltation horrifiée, quelque sensation d'immonde liberté, quelque excitation obscure d'être le héros involontaire de la Fin du Monde. Et non.
Rien.
Il avait beau se répéter Je suis une légende ! en boucle : à part mal à la tête et une trouille sans bornes, il ne ressentait rien.
'Merde, je pourrais être un brin époustouflé, quand même !' glapit-il en plissant les yeux tandis que le soleil se hissait au-dessus de la tour Cavoc, étrange quart de brie aigu tout en glaces bleues."

*

"Il continua à errer dans les rues, un mégaphone à la ceinture, et de temps en temps il criait dedans 'Y a quelqu'un?' et l'écho de sa propre voix, résonnant entre les immeubles, roulant le long des boulevards en écume plaintive, le terrorisait.
Le front commença à lui peser comme s'il avait eu de gros sourcils en laine de fonte et ce poids lui écrabouillait le coeur, ce qui jetait le trouble dans ses représentations mentales. Il mit des étiquettes sur le fleuve d'eau savonneuse qui ballotait ses pensées (Psychose, Traumatisme) et quand il en vint à la conclusion qu'il tournait au serial killer, il rigola pour la premère fois depuis des mois."

* * *
* *
*



Et voilà mon premier dimanche du court, en continuation du JLNN !

 

[BD] Locke & Key, 5: Rouages (Joe Hill & Gabriel Rodriguez)

Comme vous avez sans doute pu le remarquer, j'aime bien participer aux opérations Masse critique de Babelio. C'est toujours cool de pouvoir découvrir des bouquins récents comme ça.

Alors j'essaye toujours de bien choisir et cibler mes demandes, mais parfois il y a tellement de  tentations et de trucs à l'air alléchant... comme là, où j'ai longuement hésité sur Locke & Key en voyant que c'était le tome 5 - ce qui embêtant quand on n'a jamais lu les précédents.
Mais l'esthétisme des couvertures m'attirait, j'étais curieuse de jeter un oeil à ce que fait le fils de Stephen King, et puis j'en avais tellement entendu de bien par Acr0 et d'autres...
Je me suis dit que, sûrement, ça pouvait se lire indépendemment, hin, voyons?
Eh ben non. Mais alors absolument pas.

locke-key-5

A Lovecraft, les enfants Locke n'ont jamais été aussi près des ténèbres. Tyler et Kinsey n'imaginent pas un seul instant que Lucas "Dodge" Caravaggio est revenu d'entre les morts pour s'emparer du corps de leur petit frère. Grâce à la clé Oméga, Dodge sera bientôt en mesure d'ouvrir la Porte Noire et de libérer les démons aux pouvoirs hypnotiques qui se tapissent derrière.
Depuis des siècles, le destin semble s'acharner sur la famille Locke. Mais Tyler et Kinsey détiennent eux aussi une arme redoutable: la clé du Temps.
Sauront-ils contrer leur Nemesis et renverser le cours de l'Histoire ?

*

Alors déjà, sorti de la couverture, je n'ai que moyennement accroché au graphisme, voire pas du tout. J'ai du mal à poser des mots dessus, je crois que je l'ai trouvé trop cru, les traits des personnages trop nets... trop "comics", en fait. Hum.

locke-key-5-b

locke-key-5-ff

Cela dit, les ouvertures de chapitres sont très belles, et il y a des passages où je n'ai pas eu cette impression, mais...

Indéniablement, je perd beaucoup à avoir pris ce tome en chemin alors qu'il est plutôt là pour répondre aux mystères égrenés auparavant - mais je n'ai pas éprouvé la moindre empathie pour cette bande d'ados, certes dotés d'une certaine accointance avec le surnaturel, mais surtout des étudiants plutôt banaux, avec leurs peines de coeur et leurs imbroglios qui m'ont agacée et m'ont plutôt fait penser à un mauvais soap bien amerloque.

Je crois que c'est surtout ça qui m'a gâché la lecture, accentué par le graphisme des personnages.

Et pourtant, j'ai aussi trouvé du bon dans cette lecture !
Surtout les passages dans le passé et/ou en plein surnaturel, et ces clés chacune doté d'un pouvoir particulier, avec mention spéciale pour la clé de tête qui permet d'ouvrir cette dernière pour en extraire pensées, sentiments et souvenirs comme d'une boîte...

locke-key-5-ii       locke-key-5-g

locke-key-5-d        locke-key-5-a

locke-key-5-j


D'autres trucs très jolis :

locke-key-5-h        ockeKey 5-c

Et il y a aussi quand même quelque chose de King dans les expressions de la folie pure, sadique et maléfique...

locke-key-5-e

Au final, je ne suis pas convaincue, mais je sens bien que ne pas commencer par le début y a été pour beaucoup, ce n'était vraiment pas une idée judicieuse
(j'le f'rai pu, promis!)


*
Je remercie malgré tout les éditions Milady Graphics et le site Babelio qui m'ont offert ce livre dans le cadre d'une opération Masse Critique

 milady      

 

[Dr Who Book] L'horloge nucléaire (Oli Smith)

Je redoutais un peu les romans Dr Who en version française, mais celui-ci est traduit par Pierre Pevel alors ça m'a donné envie d'essayer quand même... (et puis des Dr Who books récents en France, l'initiative mérite d'être saluée, même si c'est de Milady)

Eh bien c'est une bonne surprise, en tous cas pour celui-là: les termes en français ne m'ont pas gênée pour deux sous, et comme pour les romans anglais, ce n'est pas transcendant et ne remplacera jamais un vrai épisode vidéo de la série - tout en voulant s'en rapprocher au plus près -, mais ça reste fort sympa, et ce titre en particulier est vraiment bien et agréable à lire

drwhohorlogenucleaire

Colorado, 1981. Perdu dans le désert, Appletown est un petit village où il fait bon vivre. Mais l'entrée en scène de deux étrangers va tout chambouler. Le premier est un savant fou, dont les mises en garde sont abrégées par sa mort soudaine. Le second est le Docteur. La mort tombe du ciel et le TARDIS s'en trouve endommagé. Pris au piège, le Docteur se rend compte que le temps s'écoule pour lui à l'envers, tandis qu'Amy et Rory sont menacés dans un futur qui s'éloigne de plus en plus au fil des secondes.
Le Seigneur du Temps doit percer les secrets d'Appletown avant qu'il soit trop tard...


Et je n'y avais d'abord pas fait attention, mais sur la couverture, y'a quand même une femme avec un circuit imprimé à la place du visage qui brandit un rouleau à pâtisserie. Just saying.

On y retrouve donc (avec grand plaisir) le Doctor version Eleven, avec Amy et Rory, et un petit parfum de Far West mâtiné de cyber, pour très vite se retrouver dans une situation impossible et désespérée (pour ne pas dire dans un merdier innomable jusqu'au-dessus de la tête).

Ce qui va demander au Doctor et au TARDIS une sacrée dose de leur réactivité, d'idée de génie à-la-con, de traficotage avec le Temps et l'Univers, et de joyeuse improvisation.

C'est vraiment fidèle et bien rendu: le Doctor court partout, parle tout seul, s'en veut, s'interrompt pour des futilités, gesticule, fait de la bicyclette en plein désert... Amy et Rory passent leur temps à sauver leurs vies ; et l'histoire qui a amené le TARDIS ici implique un savant génial et dingue, un officier désabusé, la guerre froide - et des bataillons d'IA programmées pour l'espionnage, l'infiltration et l'élimination, robots remarquables mais tueurs imprévisibles.

Les petites introspections sont intéressantes, tous les personnages sont attachants à leur manière, et le micmac des temps alternatifs m'a beaucoup plu.

Et puis c'est bourré d'humour. Tout plein. Et de dinguerie.

Du bon Dr Who, en somme, pour une petite lecture qui se fait très vite, en petit interlude sans prétention entre deux morceaux plus gros, tout simplement un bon moment

* * *
* *
*
* Le coin des citations *
*


"Albert attendit quelques secondes avant de serrer les poings et de recommencer à se déhancher en rythme avec la musique. Il chanta :
- Going keep on keepin' on, if I don't, she'll do me wrong !
- Au fait, professeur. J'ai oublié de vous dire...
Sam ayant passé la tête entre les battants de la porte entrebâillée, Albert se mit en quête de son stylo avec une rare énergie et fit tomber ses papiers de recherche par la même occasion.
- Vous ne le savez peut-être pas si vous êtes resté enfermé ici toute la journée. (Le concierge marqua un temps.) Mais la guerre est finie.
Il fallut une seconde à Albert pour se ressaisir.
- Ah, vraiment? Ouah. (Il rajusta sa cravate.) Et qui a gagné?"

*

"Ils trouvèrent le Docteur à genoux dans le jardin d'un particulier, en train d'examiner la pelouse. Derrière un buisson, ils le regardèrent cueillir des brins d'herbe, les inspecter et les jeter par-dessus son épaule, puis se baisser pour plonger son nez dans la pelouse et respirer profondément. Lorsqu'il ouvrit la bouche dans l'intention évidente de brouter, Amy décida qu'il était temps d'intervenir et de sauver ce qui restait de dignité au Docteur. Elle fit claquer le portillon et le rejoignit.
- Le Colorado, donc, dit-elle.
- Vi.
Le Docteur s'accroupit sur ses talons et se gratta la tête.
- En 1981, ajouta Amy.
- Vi.
- Sympa. Et qu'est-ce qui s'est passé ici?"

*

"Le regard rivé au bleu profond du ciel, il se demanda combien de temps il était resté inconscient et si cela avait été assez pour bronzer un peu.
Puis la mémoire lui revint subitement.
Le Docteur se redressa d'un coup. Il leva une main à la hauteur de son visage et grimaça en y découvrant un coup de soleil. Si longtemps que ça?"

*
* *
* * *